Challenge Polars et thrillers·Polar

Challenge Polars et thrillers

Grâce à Sharon, je suis maintenant engagée dans un challenge qui va m’accompagner toute l’année. C’est très simple, entre le 10 juillet 2019 et le 10 juillet 2020, nous allons lire des polars. Suivant le nombre livres lus, nous validerons l’une ou l’autre des catégories prévues par Sharon :

  • jusqu’à cinq livres lus : Imogène.
  • de cinq à quinze livres lus : Montalbano. 
  • de quinze à vingt-cinq livres lus : Miss Marple. 
  • de vingt-cinq à cinquante livres lus : Erlendur Sveinsson.
  • de cinquante à soixante-quinze livres lus : commissaire Jules Maigret.
  • de soixante-quinze à cent livres lus : Walt Longmire.
  • plus de cent livres lus : Sherlock Holmes.
  • plus de deux cents livres lus : Lucky Sherlock !!!

Officiellement je me suis inscrite au niveau Montalbano, mais en secret je vais essayer de devenir Miss Marple…

Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle·Mois anglais·Polar

Te laisser partir – Clare Mackintosh

Pour le Mois anglais, je sors un polar de ma pile : Te laisser partir de Clare Mackintosh. A la fin du roman, une note de l’auteur nous apprend qu’elle a été policière à Oxford, semble-t-il pendant une dizaine d’années, et a eu à ses débuts à s’occuper de l’affaire d’un petit garçon tué par un chauffard. Dans la même note, elle confie avoir perdu son fils dans des circonstances très différentes. Ses deux événements seraient à l’origine de Te laisser partir, son premier roman. Depuis elle en a publié un deuxième : Je te vois.

TeLaisserPartirDe retour de l’école, un petit garçon de cinq ans est renversé par une voiture sous le regard impuissant de sa mère. C’était un soir de pluie à Bristol. L’enfant traversait la rue juste devant chez lui. Le chauffard a pris la fuite, personne n’a rien vu et l’enquête de police tourne court.
Peu après l’accident, Jenna quitte Bristol. Elle prend un car un peu au hasard. Il la dépose à Swansea, une ville côtière du Pays de Galles. De là, toujours au hasard, elle gagne un village du nom de Penfach. Le camping est fermé mais on lui indique un cottage en location. Elle s’y installe. Hantée par les images de l’accident, elle tente tant bien que mal de recommencer sa vie à zéro…
Mais un an après la mort du petit Jacob, alors que l’affaire est officiellement classée, deux enquêteurs lancent l’appel à témoins de la dernière chance… 

« Le silence tombe sur le prétoire et le juge me fixe froidement. J’éprouve l’envie absurde de lui dire que je ne suis pas comme les accusés qu’il a l’habitude de voir défiler dans son tribunal. Que j’ai grandi dans une maison comme la sienne et que je suis allée à l’université ; que j’ai organisé des dîners chez moi ; que j’ai eu des amis. Que j’étais autrefois sûre de moi et extravertie. Que je n’avais jamais enfreint la loi jusqu’à l’année dernière et que ce fut une terrible erreur. Mais son regard est indifférent et je sais qu’il se moque de savoir qui je suis ou combien de dîners j’ai organisés. »

ILetYouGoTe laisser partir est à la fois un thriller psychologique et un roman d’enquête policière. Il est même construit en partie dans cette alternance : un chapitre sur deux nous suivons l’enquête de police et un chapitre sur deux nous avons le récit à la 1ère et à la 2e personnes de l’un des protagonistes de l’affaire. Un seul personnage assume ce rôle de narrateur dans la 1ère partie du roman, mais un autre apparaît dans la seconde. Ce nouveau narrateur est très inquiétant, car sa voix est celle d’un serial killer. Calculateur, ne pensant qu’à disposer des autres à sa guise, il a tout du psychopathe. C’est lui qui fait basculer le roman du côté du thriller.

Te laisser partir est un polar millimétré. Tout est en place pour prendre au piège le lecteur, l’empêcher de poser son livre avant d’avoir eu le fin de mot de l’histoire, mais aussi pour le tromper, le manipuler, le laisser s’égarer dans de fausses pistes. Très habile dans sa capacité à susciter l’empathie du lecteur, Clare Mackintosh sait donner de l’épaisseur à chacun de ses personnages. Elle sait aussi faire exister les lieux et nous donner à rêver d’un cottage miteux dans un paysage de carte postale, où pendant quelques chapitres le roman penche même un peu du côté de la romance.PaysDeGalles

J’ai aimé le début, la plongée dans l’enquête policière et la nouvelle vie de l’héroïne (l’endroit où elle va s’installer et le nouveau métier qu’elle s’invente ne sont pas sans charme). J’ai adoré la fin de la première partie et le début de la seconde, quand les cartes sont rebattues. Puis l’évolution du roman vers un thriller assez classique m’a moins enthousiasmée. Je n’avais pas très envie de faire semblant d’avoir peur pour l’héroïne qui s’en sortirait forcément à la fin. Alors j’ai poursuivi ma lecture avec moins de passion vers l’inévitable heureux dénouement. Cela reste un polar bien ficelé, avec une multitude de points de vue, ce qui lui donne tout de même une certaine originalité. Il n’est donc pas impossible que je me procure un jour un autre roman de Clare Mackintosh…

MACKINTOSH Clare. Te laisser partir, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Mathieu Bathol, Le livre de poche, 2018, 507 p. (I let you go, 2014).
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Littérature étrangère·Littérature du XXe siècle·Mois anglais·Polar

La Quiche fatale – M. C. Beaton (Agatha Raisin enquête 1)

Voilà une série dont j’entends parler autour de moi et que je remarque en libraire depuis l’année dernière. Mais en me décidant à en lire le premier tome à l’occasion du Mois anglais et de sa journée Agatha (Christie, Raisin, Frost), je découvre que la série date de 1992. Parfois les informations mettent un temps fou à arriver jusqu’à moi ! 🙂 Plus sérieusement, sa traduction française ne date que de 2016 et une série diffusée sur France 3 l’aurait popularisée en France en 2017. La série compte 27 tomes, dont déjà 16 disponibles en français (j’imagine que plusieurs traducteurs sont sur le coup).

QuicheFataleAu début de ce premier tome de la série, Mrs Agatha Raisin prend à 53 ans une retraite anticipée. Elle quitte donc son agence londonienne de relations publiques pour son rêve de toujours : un cottage dans les Cotswolds. Mais Agatha n’a pas un caractère facile, alors son intégration dans son nouveau village s’annonce difficile. N’ayant eu jusque-là que le travail pour toute vie sociale, elle est incapable de se faire des amis. En revanche, ayant l’habitude d’être en compétition avec les autres, elle est très forte pour se faire des ennemis. Elle commence donc par sa voisine, dont elle débauche la femme de ménage en lui offrant une meilleure paye. Puis elle voit une annonce pour un concours de quiches et décide de s’y inscrire. Bien sûr, pas question de cuisiner. Agatha achète une quiche aux épinards chez un grand traiteur londonien et la présente comme son oeuvre. Après le concours, déçue de ne pas avoir gagné, elle s’en va en laissant sa quiche, qui causera la mort de l’organisateur du concours…

« Elle éteignit la télé et prit Autant en emporte le vent. Elle s’était fait une joie à la perspective d’une lecture vaguement honteuse pour fêter sa nouvelle vie de loisirs, mais elle fut stupéfaite par l’excellente qualité du roman. Il se lisait si facilement que c’en était presque indécent, pensa-t-elle, elle qui n’avait jusque-là jamais lu que le genre de livres qu’on lit pour impressionner les autres. »

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CarteAngleterreComme l’intrigue de ce roman est mince et comme son rythme est lent ! Nous sommes vraiment dans le roman policier pour dames, avec une sorte de Miss Marple enquêtant sur une affaire d’empoisonnement. On n’est pas non plus très loin de la chick lit, mais version retraitée, avec cette histoire d’ex-femme d’affaires cherchant des occupations pour sa retraite, mais aussi, comme on s’en rendra compte à la fin de ce 1er roman de la série, cherchant encore l’amour. Bref, il s’agit d’une littérature qui n’a pas d’autre prétention que de nous distraire. Mais pourquoi ce qui se revendique distrayant a souvent tendance à m’ennuyer ? Croyez-moi, j’aurais adoré me passionner pour les aventures d’Agatha Raisin et je ne suis pas fière de jouer les rabat-joie.

Au moins la prochaine fois que quelqu’un me racontera le sourire aux lèvres avoir passé ses vacances avec Agatha Raisin, je saurai de quoi il est question. Mais je ne pense pas me précipiter sur la suite…

BEATON M. C. Agatha Raisin enquête 1. La Quiche fatale, traduit de l’anglais par Esther Ménévis, Albin Michel, 2019, 319 p. (The Quiche of Death, 1992).
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Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle·Polar

Dark Tiger – William G. Tapply

A quoi bon lire autre chose ? Je suis si bien dans les forêts du Maine. Après Dérive sanglante et Casco Bay, j’enchaîne donc avec le troisième et malheureusement dernier volet des aventures de Stoney Calhoun : Dark Tiger.

DarkTigerLe début de ce troisième roman est vraiment très habile. D’abord Stoney Calhoun apprend que le bail de la boutique d’articles de pêche qu’il tient avec Kate ne va pas être renouvelé. Ensuite, alors qu’il s’apprête à apprendre la mauvaise nouvelle à Kate, celle-ci revient de la maison médicalisée où est soigné son mari atteint de sclérose en plaques avec une autre mauvaise nouvelle : l’assurance ne va plus prendre en charge les frais médicaux de son mari, ce qui la laisse sans aucune solution. Puis l’homme au costume réapparaît. Cet homme, qui appartient à l’ancienne vie de Stoney Calhoun, lui rend visite régulièrement pour savoir s’il a commencé à recouvrer la mémoire. Cette fois il reprend contact dans un tout autre but. Il a une mission à confier à Stoney Calhoun. Le pensionnaire d’un hôtel de luxe pour passionnés de pêche a été assassiné. C’était un agent d’un service de renseignement qui avait certainement découvert des informations importantes. L’homme au costume demande donc à Stoney Calhoun de se faire engager dans cet hôtel en tant que guide de pêche remplaçant pendant 6 semaines. S’il accepte cette mission, les deux catastrophes annoncées n’auront pas lieu : le bail de la boutique sera renouvelé et l’assurance continuera de prendre en charge les frais médicaux de Walter. Ces deux mauvaises nouvelles étaient en fait pour l’homme au costume le moyen de démontrer l’étendue de son pouvoir et de contraindre Stoney Calhoun à reprendre du service…

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L’intrigue de ce 3e roman est assez amusante car elle rappelle les romans policiers à énigme à la manière d’Agatha Christie. Stoney Calhoun se retrouve dans un hôtel au bord d’un lac, où se côtoient des pêcheurs et des guides de pêche. Dans ce monde clos, les meurtres vont se succéder faisant de tous les occupants de l’hôtel des coupables potentiels. Dès son arrivée, Stoney Calhoun occupe une place à part dans l’hôtel, en devenant le confident de tout le monde. Bien sûr il est aussi victime de quelques tentatives d’assassinat, mais la chance est toujours avec lui. Même les méchants n’arrivent pas à passer pour réellement méchants. Ils sont pourtant impliqués dans des projets criminels particulièrement horribles, mais William G. Tapply les réduit au rôle de simples trafiquants uniquement intéressés par l’argent. Tout m’a semblé édulcoré dans ce roman. Mais je l’ai lu avec autant de plaisir que les précédents. Sans doute que j’avais besoin de ça. Une lecture simple, avec des personnages sympathiques qui entretiennent des relations idylliques entre eux et une complicité sans faille avec leur chien. Un genre de feel good book (genre que je fuis habituellement), mais un feel good book sincère et non formaté. Un roman sans prétention, plaisant comme une balade dans les forêts du Maine.

DarkTiger1Voilà, c’est fini. William G. Tapply est mort en 2009, peu après la parution aux États-Unis du troisième tome de sa série policière. Il n’y aura donc pas de suite. Mais peut-être qu’un jour les nombreux autres romans de William G. Tapply seront traduits en français ?

TAPPLY William G. Dark Tiger, traduit de l’américain par François Happe, Gallmeister (Totem), 2015, 307 p. (Dark Tiger, 2009).
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Du même auteur : Dérive sanglante (2004) et Casco Bay (2007).CascoBay1
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Casco Bay – William G. Tapply

Immédiatement après avoir découvert le personnage de Stoney Calhoun dans Dérive sanglante, j’ai enchaîné avec le deuxième volet de la série de William G. Tapply : Casco Bay.

CascoBay1L’action de Casco Bay se situe un peu plus d’un an après celle de Dérive sanglante et rien n’a vraiment changé. Stoney Calhoun habite toujours dans sa cabane en forêt, avec son chien Ralph. Il travaille toujours avec Kate, qu’il aime toujours, et il n’a toujours pas recouvré la mémoire. Il est sorti d’un hôpital 7 ans auparavant et a maintenant 39 ans.
Au début du roman, il accompagne un client à la pêche en mer dans Casco Bay. L’homme, un certain Paul Vecchio, demande à faire une pause. Stoney Calhoun le dépose alors sur une île inhabitée, où il ne tarde pas à découvrir un cadavre carbonisé. Peu de temps après cette sortie en mer, Vecchio est assassiné et retrouvé mort sur la terrasse de Stoney Calhoun…

CarteMaineCette fois, il m’a fallu mettre quelques images sur les aventures de Stoney Calhoun. J’ai d’abord mis la main sur une carte des États-Unis, histoire de situer le Maine. Ça m’a fait penser à un challenge qui consiste à parcourir les 50 États des États-Unis par ses lectures. Et d’un !

Ensuite j’ai cherché des photos de Casco Bay et des forêts du Maine.

Puis j’ai tenu à visualiser la bar rayé de Casco Bay.

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Enfin je me suis demandée à quoi pouvait bien ressembler Ralph, un épagneul breton orange et blanc.

Lecteur est un sacré boulot, croyez-moi ! Je me verrais d’ailleurs bien faire ça à plein temps…

CascoBayLa nouveauté de ce deuxième roman de la série est l’officialisation de la collaboration entre Stoney Calhoun et le shérif Dickman, dont il devient l’adjoint volontaire et bénévole. Il apparaît de plus en plus évident qu’avant son hospitalisation Stoney Calhoun a travaillé dans la police ou l’espionnage. L’homme au costume, qui appartient sans doute à son ancienne vie, continue d’ailleurs de lui rendre visite pour tenter de découvrir si la mémoire lui revient. L’homme semble bienveillant. Pourtant on ne peut s’empêcher de se demander si Stoney Calhoun ne sera pas en danger le jour où tout lui reviendra…

L’intrigue policière de ce deuxième roman m’a paru meilleure que celle du premier. Jusqu’au bout j’ai été dans l’attente de sa résolution, après m’être laissée prendre par les différentes fausses pistes de William G. Tapply. Mais le personnage de Stoney Calhoun m’a cette fois un peu déçue, en trouvant tout à fait légitime qu’un autre personnage ait pu se faire justice lui-même. Il a fallu ce désaccord, pour que je me rende compte qu’il était aussi armé jusqu’aux dents et qu’il n’hésitait pas à accueillir ses visiteurs avec un fusil. Mais voilà, nous sommes dans une fiction, alors je ne peux pas m’empêcher, malgré tout, de le trouver sympathique. C’est pourquoi il faudra que je le retrouve pour la suite et fin de la série…

TAPPLY William G. Casco Bay, traduit de l’américain par François Happe, Gallmeister (Totem), 2014, 357 p. (Gray Ghost, 2007).
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Du même auteur : Dérive sanglante (2004) et Dark Tiger (2009)DarkTiger
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Dérive sanglante – William G. Tapply

Premier volet des aventures de Stoney Calhoun, Dérive sanglante a été suivi de Casco Bay et Dark Tiger. Malheureusement, son auteur William G. Tapply est mort juste après la parution du 3e volume, laissant sa série policière inachevée. J’ai repéré cette série alors que je cherchais des lectures liées au nature writing. Mes vacances s’achevaient. J’allais devoir retrouver la capitale, reprendre travail et vie sociale. Or je serais bien restée dans une cabane au fond des bois, à laisser s’écouler les heures, faire le vide et attendre que le désir de rejoindre les autres se fasse sentir…

Dans Dérive sanglante, comme dans toute série, nous suivons deux histoires : celle du personnage principal Stoney Calhoun qui s’étendra sur toute la série (et donc ne s’achèvera peut-être pas) et une enquête policière qui se résoudra à la fin de ce 1er volume.

DeriveSanglanteStoney Calhoun est lui-même un mystère. C’est un mystère pour nous lecteurs, mais aussi pour lui-même, car il a partiellement perdu la mémoire. Cinq ans plus tôt, il est sorti d’un hôpital de Virginie, où il a séjourné après avoir été foudroyé. De sa vie d’avant il ne lui reste rien, si ce n’est quelques flashs qu’une enquête criminelle va provoquer. Et puis il y a ces visites mystérieuses d’un homme en costume, qui vient régulièrement prendre de ses nouvelles, mais refuse de répondre à ses questions. Il semble guetter le moment ou Stoney Calhoun recouvrera la mémoire. Pour le moment, Stoney Calhoun a élu domicile dans une forêt du Maine, non loin de Portland. Il s’y est construit une cabane et a trouvé du travail dans une boutique d’articles de pêche. Il vit aussi une histoire d’amour avec Kate, la très jolie patronne de la boutique. Mariée à un homme handicapé par une sclérose en plaques, Kate a tenu à ce que leur relation reste cachée de tous, sauf de son mari. Chaque soir, Stoney Calhoun espère la voir apparaître sur le seuil de sa cabane en robe du soir…

« A l’hôpital, il avait lu les merveilleux récits d’E.B. White sur la vie dans les territoires rocailleux du Maine, et il savait qu’il avait déjà habité cette région, déjà lu ces essais.
Et lorsqu’il avait lu Thoreau, le texte lui était si familier qu’il lui suffisait d’effleurer un passage des yeux pour être à même de le réciter. J’ai gagné les bois, avait écrit Thoreau, parce que je désirais vivre de mon propre chef, ne me confronter qu’aux faits essentiels de l’existence… Je voulais vivre en profondeur et sucer toute la moelle de la vie…« 

DeriveSanglante2Dans ce 1er volume de la série, Stoney Calhoun va devoir résoudre une enquête criminelle. Un homme prétendant s’appeler Green se présente à la boutique pour demander un guide de pêche. Il souhaite qu’on l’accompagne à un étang qui lui a été recommandé. Mais sa tête ne revient pas à Stoney Calhoun, qui décide donc d’appeler son ami Lyle, un étudiant jouant également les guides de pêche à l’occasion. Le soir Lyle ne rentre pas et on ne tarde pas à retrouver son cadavre dans l’étang. Bien sûr Green s’est évanoui dans la nature…

J’ai adoré ce roman. J’ai adoré m’installer dans une cabane au coeur des forêts du Maine avec Stoney Calhoun et son chien Ralph, faire semblant d’y jouer les ermites mais sympathiser en fait avec tous les habitants du coin. L’enquête criminelle m’a paru très secondaire. Je suis sûre que je vais l’oublier très vite. Mais je sais que je n’oublierai pas Stoney Calhoun et que je le retrouverai même très bientôt…

TAPPLY William G. Dérive sanglante, traduit de l’américain par Camille Fort-Cantoni, Gallmeister (Totem), 2012, 301 p. (Bitch Creek, 2004).smiley1

Je dégaine pour la 1ère fois en 4 mois le smiley au grand sourire !

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Autres titres du même auteur : Casco Bay (2007) et Dark Tiger (2009)DarkTiger
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Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle·Mois japonais·Polar

Le Dévouement du suspect X – Keigo Higashino

Connu pour son roman La Maison où je suis mort autrefois, Higashino Keigo a inauguré avec Le Dévouement du suspect X une série policière qu’il a poursuivie avec Un café maison puis L’Équation de plein été. L’originalité de cette série provient de la profession d’un des personnages récurrents. En effet, Yukawa a le bon goût de n’être ni policier, ni détective, ni même magistrat, avocat, ou encore médecin légiste, mais physicien.

LeDevouementDuSuspectXIshigami est prof de math. Tous les matins sur le chemin de son lycée, il fait un détour pour acheter son bento chez le traiteur où travaille Yasuko, sa voisine dont il est secrètement amoureux. Le jour où Yasuko tue son ex-mari venu la harceler, Ishigami lui offre son aide pour faire disparaître le cadavre…

Quand l’inspecteur Kusanagi entre en scène, le corps d’un homme a été retrouvé sur une berge, enveloppé dans une bâche de chantier en plastique bleu. L’homme est entièrement nu, son visage a été écrasé et le bout de ses doigts brûlé. Tout laisse donc à penser que son meurtrier voulait éviter qu’on l’identifie. Cela exclut l’hypothèse du crime de hasard et oriente immédiatement vers un proche. De plus, malgré les précautions du coupable, la police n’a aucun mal à identifier la victime. Des appels dans tous les hôtels de l’arrondissement suffisent pour repérer le cas d’un homme qui a disparu du jour au lendemain sans récupérer ses effets personnels. Il n’y a plus alors qu’à comparer les cheveux retrouvés dans la chambre avec ceux du cadavre et à relever l’identité du disparu dans le registre de l’hôtel. C’est ainsi que l’inspecteur Kusanagi en vient rapidement à soupçonner Yasuko, l’ex-femme du mort…

YogishaXNoKenshinCe qui est très amusant dans ce roman, c’est l’enchâssement des enquêtes. Ishigami est le premier enquêteur du roman, puisque dès les premières pages il déduit de quelques indices que sa voisine vient de tuer quelqu’un. Lui offrant son aide, il devient son complice. Puis c’est au tour de l’inspecteur Kusanagi. Non seulement Kusanagi a l’habitude de faire appel à son ami physicien pour résoudre des enquêtes, mais cette fois-ci Yukawa, le physicien, est un ancien camarade de fac d’Ishigami, le prof de math. S’ensuit une double-enquête, celle faite avec les moyens de la police (interrogatoires, analyses, etc.) et celle tout en raisonnement logique du physicien…

« – Tu ne crois pas que tu y accordes trop d’importance ? C’est un génie des mathématiques, mais un débutant en matière de crime.
– C’est la même chose, déclara posément le physicien. Et pour lui, le crime est probablement plus simple. »

Cette série policière est digne des Aventures de Sherlock Holmes, Ishigami et Yukawa partageant l’art de la déduction de Holmes. Seule la fin du roman ne m’a pas vraiment convaincue. Les explications finales sont données à plusieurs reprises par différents personnages, de manière inutilement appuyée. La fin est donc décevante par sa forme, mais aussi par un inutile retour à l’ordre moral, qui en fait un polar un peu daté. Dommage ! Mais je vous le recommande tout de même…

Si vous êtes allergique aux maths, inutile de vous priver de cette lecture, il n’y en a pas tant que ça. Mais si au contraire vous ne détestez pas le raisonnement mathématique, régalez-vous !

Histoire d’entendre un peu de japonais, voici pour finir la bande-annonce de l’adaptation ciné du roman.

HIGASHINO Keigo. Le Dévouement du suspect X, traduit du japonais par Sophie Refle, Babel noir, 2018, 313 p. (Yogisha X no Kenshin, 2005).smiley2UnMoisAuJapon2