Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle·Polar

Dérive sanglante – William G. Tapply

Premier volet des aventures de Stoney Calhoun, Dérive sanglante a été suivi de Casco Bay et Dark Tiger. Malheureusement, son auteur William G. Tapply est mort juste après la parution du 3e volume, laissant sa série policière inachevée. J’ai repéré cette série alors que je cherchais des lectures liées au nature writing. Mes vacances s’achevaient. J’allais devoir retrouver la capitale, reprendre travail et vie sociale. Or je serais bien restée dans une cabane au fond des bois, à laisser s’écouler les heures, faire le vide et attendre que le désir de rejoindre les autres se fasse sentir…

Dans Dérive sanglante, comme dans toute série, nous suivons deux histoires : celle du personnage principal Stoney Calhoun qui s’étendra sur toute la série (et donc ne s’achèvera peut-être pas) et une enquête policière qui se résoudra à la fin de ce 1er volume.

DeriveSanglanteStoney Calhoun est lui-même un mystère. C’est un mystère pour nous lecteurs, mais aussi pour lui-même, car il a partiellement perdu la mémoire. Cinq ans plus tôt, il est sorti d’un hôpital de Virginie, où il a séjourné après avoir été foudroyé. De sa vie d’avant il ne lui reste rien, si ce n’est quelques flashs qu’une enquête criminelle va provoquer. Et puis il y a ces visites mystérieuses d’un homme en costume, qui vient régulièrement prendre de ses nouvelles, mais refuse de répondre à ses questions. Il semble guetter le moment ou Stoney Calhoun recouvrera la mémoire. Pour le moment, Stoney Calhoun a élu domicile dans une forêt du Maine, non loin de Portland. Il s’y est construit une cabane et a trouvé du travail dans une boutique d’articles de pêche. Il vit aussi une histoire d’amour avec Kate, la très jolie patronne de la boutique. Mariée à un homme handicapé par une sclérose en plaques, Kate a tenu à ce que leur relation reste cachée de tous, sauf de son mari. Chaque soir, Stoney Calhoun espère la voir apparaître sur le seuil de sa cabane en robe du soir…

« A l’hôpital, il avait lu les merveilleux récits d’E.B. White sur la vie dans les territoires rocailleux du Maine, et il savait qu’il avait déjà habité cette région, déjà lu ces essais.
Et lorsqu’il avait lu Thoreau, le texte lui était si familier qu’il lui suffisait d’effleurer un passage des yeux pour être à même de le réciter. J’ai gagné les bois, avait écrit Thoreau, parce que je désirais vivre de mon propre chef, ne me confronter qu’aux faits essentiels de l’existence… Je voulais vivre en profondeur et sucer toute la moelle de la vie…« 

DeriveSanglante2Dans ce 1er volume de la série, Stoney Calhoun va devoir résoudre une enquête criminelle. Un homme prétendant s’appeler Green se présente à la boutique pour demander un guide de pêche. Il souhaite qu’on l’accompagne à un étang qui lui a été recommandé. Mais sa tête ne revient pas à Stoney Calhoun, qui décide donc d’appeler son ami Lyle, un étudiant jouant également les guides de pêche à l’occasion. Le soir Lyle ne rentre pas et on ne tarde pas à retrouver son cadavre dans l’étang. Bien sûr Green s’est évanoui dans la nature…

J’ai adoré ce roman. J’ai adoré m’installer dans une cabane au coeur des forêts du Maine avec Stoney Calhoun et son chien Ralph, faire semblant d’y jouer les ermites mais sympathiser en fait avec tous les habitants du coin. L’enquête criminelle m’a paru très secondaire. Je suis sûre que je vais l’oublier très vite. Mais je sais que je n’oublierai pas Stoney Calhoun et que je le retrouverai même très bientôt…

TAPPLY William G. Dérive sanglante, traduit de l’américain par Camille Fort-Cantoni, Gallmeister (Totem), 2012, 301 p. (Bitch Creek, 2004).smiley1

Je dégaine pour la 1ère fois en 4 mois le smiley au grand sourire !

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Autres titres du même auteur : Casco Bay (2007) et Dark Tiger (2009)DarkTiger
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Littérature étrangère·Littérature du XXe siècle·Mois japonais

Tokyo-Montana Express – Richard Brautigan

C’est avec un Américain, que je vais conclure mon Mois japonais. Richard Brautigan est l’auteur d’un roman que j’adore, que j’ai lu, relu et souvent offert autour de moi : Un privé à Babylone. Pourtant, je n’avais encore rien lu d’autre de lui. Écrivain suicidé peu avant ses 50 ans, il a tout de même laissé une vingtaine de livres, dont des romans, des recueils de nouvelles, des poésies et une autobiographie.

Tokyo-Montana-ExpressTokyo-Montana Express est un livre inclassable. On l’ouvre sans savoir précisément de quoi il retourne. S’agit-il d’un recueil de fragments ou de nouvelles ? S’agit-il d’une autobiographie, d’une sorte de journal fragmenté d’un Américain amoureux du Japon ? Le livre avait l’air composite, alors je n’ai pas suivi Brautigan dans son périple. J’ai préféré sauté d’un fragment à l’autre, dans le plus grand désordre. Maintenant je pense à un titre d’Annie Ernaux qui lui irait bien : « Journal du dehors ». Car ce livre est un recueil d’anecdotes, de petits faits observés dans la rue, au supermarché ou les transports en commun. Mais la réalité observée est souvent déformée par la fantaisie de Brautigan qui délire volontiers. Dans un fragment nous sommes au Montana, sous la neige, entourés de montagnes, en compagnie d’un Brautigan éleveur de poules. L’instant d’après nous sommes dans une chambre d’hôtel à Tokyo, avec un Brautigan lecteur d’un gros livre sur Groucho Marx. Puis nous revenons dans le Montana, d’où nous voyageons en Floride grâce à la chaleur du soleil emmagasinée par une boîte aux lettres en métal. A première vue, ces fragments paraissent insignifiants. Il ne ne sont pourtant pas sans charme, souvent poétiques ou joliment étranges. Mon préféré décrit une tempête de neige réduite à deux flocons, qui évoquent à Brautigan des Laurel et Hardy culbutant avec des tartes à la crème sur la figure…

Je vous mets au défi de lire Brautigan sans sympathiser avec lui.

BRAUTIGAN Richard. Tokyo-Montana Express, traduit de l’anglais (États-Unis) par Robert Pépin, Christian Bourgois éditeur, 2018, 311 p. (The Tokyo-Montana Express, 1980).smiley2UnMoisAuJapon2

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Le Dévouement du suspect X – Keigo Higashino

Connu pour son roman La Maison où je suis mort autrefois, Higashino Keigo a inauguré avec Le Dévouement du suspect X une série policière qu’il a poursuivie avec Un café maison puis L’Équation de plein été. L’originalité de cette série provient de la profession d’un des personnages récurrents. En effet, Yukawa a le bon goût de n’être ni policier, ni détective, ni même magistrat, avocat, ou encore médecin légiste, mais physicien.

LeDevouementDuSuspectXIshigami est prof de math. Tous les matins sur le chemin de son lycée, il fait un détour pour acheter son bento chez le traiteur où travaille Yasuko, sa voisine dont il est secrètement amoureux. Le jour où Yasuko tue son ex-mari venu la harceler, Ishigami lui offre son aide pour faire disparaître le cadavre…

Quand l’inspecteur Kusanagi entre en scène, le corps d’un homme a été retrouvé sur une berge, enveloppé dans une bâche de chantier en plastique bleu. L’homme est entièrement nu, son visage a été écrasé et le bout de ses doigts brûlé. Tout laisse donc à penser que son meurtrier voulait éviter qu’on l’identifie. Cela exclut l’hypothèse du crime de hasard et oriente immédiatement vers un proche. De plus, malgré les précautions du coupable, la police n’a aucun mal à identifier la victime. Des appels dans tous les hôtels de l’arrondissement suffisent pour repérer le cas d’un homme qui a disparu du jour au lendemain sans récupérer ses effets personnels. Il n’y a plus alors qu’à comparer les cheveux retrouvés dans la chambre avec ceux du cadavre et à relever l’identité du disparu dans le registre de l’hôtel. C’est ainsi que l’inspecteur Kusanagi en vient rapidement à soupçonner Yasuko, l’ex-femme du mort…

YogishaXNoKenshinCe qui est très amusant dans ce roman, c’est l’enchâssement des enquêtes. Ishigami est le premier enquêteur du roman, puisque dès les premières pages il déduit de quelques indices que sa voisine vient de tuer quelqu’un. Lui offrant son aide, il devient son complice. Puis c’est au tour de l’inspecteur Kusanagi. Non seulement Kusanagi a l’habitude de faire appel à son ami physicien pour résoudre des enquêtes, mais cette fois-ci Yukawa, le physicien, est un ancien camarade de fac d’Ishigami, le prof de math. S’ensuit une double-enquête, celle faite avec les moyens de la police (interrogatoires, analyses, etc.) et celle tout en raisonnement logique du physicien…

« – Tu ne crois pas que tu y accordes trop d’importance ? C’est un génie des mathématiques, mais un débutant en matière de crime.
– C’est la même chose, déclara posément le physicien. Et pour lui, le crime est probablement plus simple. »

Cette série policière est digne des Aventures de Sherlock Holmes, Ishigami et Yukawa partageant l’art de la déduction de Holmes. Seule la fin du roman ne m’a pas vraiment convaincue. Les explications finales sont données à plusieurs reprises par différents personnages, de manière inutilement appuyée. La fin est donc décevante par sa forme, mais aussi par un inutile retour à l’ordre moral, qui en fait un polar un peu daté. Dommage ! Mais je vous le recommande tout de même…

Si vous êtes allergique aux maths, inutile de vous priver de cette lecture, il n’y en a pas tant que ça. Mais si au contraire vous ne détestez pas le raisonnement mathématique, régalez-vous !

Histoire d’entendre un peu de japonais, voici pour finir la bande-annonce de l’adaptation ciné du roman.

HIGASHINO Keigo. Le Dévouement du suspect X, traduit du japonais par Sophie Refle, Babel noir, 2018, 313 p. (Yogisha X no Kenshin, 2005).smiley2UnMoisAuJapon2

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Prix Akutagawa, prix littéraire japonais

Après le Prix Yamamoto, c’est dans la liste des lauréats du Prix Akutagawa, que j’ai cherché à repérer des romans traduits en français :

  • SAYAKA Murata. La Fille de la supérette, Folio, 2019 (d’abord paru chez Denoël sous le titre Konbini).
  • HADA Keisuke. La Vie du bon côté, Picquier, 2017.
  • SHIBASAKI Tomoka. Jardin de printemps, Picquier, 2018.
  • YOSHIDA Shuichi, Park Life, Picquier, 2007.
  • GENYÛ Sôkyû. Au-delà des terres infinies, Picquier, 2008.
  • FUJIWARA Tomomi. Le Conducteur de métro, Stock, 1998.
  • MIURA Kiyohiro. Je veux devenir moine zen, Picquier, 2005.
  • MURAKAMI Ryû. Bleu presque transparent, Picquier.
  • ÔÉ Kenzaburô. Gibier d’élevage, Folio 2€, 2002.

Me voilà prête pour le Mois japonais 2020 !

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Littérature étrangère·Mois japonais

Prix Yamamoto, prix littéraire japonais

En quatrième de couverture du roman Une carte pour l’enfer, il est mentionné que ce roman « a obtenu en 1992 le prix Yamamoto, le Goncourt du genre ». J’ai trouvé la liste des lauréats de ce prix ici. Il m’a paru intéressant de savoir s’il y avait d’autres romans primés qui avaient été traduits en français. J’ai pour l’instant repéré :

  • HARADA Maha. La Toile du paradis, Picquier, 2018.
  • ISAKA Kôtarô. La Mort avec précision, Picquier, 2017 (il y a 3 titres de cet auteur traduits en français, j’ignore lequel a été primé, mais je suis tentée par celui-ci).
  • EKUNI Kaori. Dans la barque de Dieu, Pïcquier, 2016.
  • YOSHIDA Shuichi. Parade, Picquier, 2011.
  • TENDO Arata. L’Homme qui pleurait les morts, Seuil, 2014 (seul titre paru en français, j’ignore s’il s’agit du primé).
  • YOSHIMOTO Banana (plusieurs titres traduits dont Kitchen que j’a déjà lu, j’ignore lequel a été primé).
  • YAMADA Taichi. Présences d’un été, Picquier, 2006 (j’ignore s’il s’agit du primé).

J’ai l’impression que Picquier suit de près ce prix littéraire, ce qui me donne des idées de lecture pour plusieurs années de Mois japonais…

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Une carte pour l’enfer – Miyabe Miyuki

Je poursuis ma découverte du polar japonais avec Une carte pour l’enfer, deuxième roman policier traduit en français de Miyabe Miyuki, après Le Diable chuchotait et avant son recueil de nouvelles La librairie Tanabe.

Une-carte-pour-l-enferLa fiancée de Kurisaka Kazuya a disparu. Kazuya se tourne alors vers Honma, un policier de sa famille, pour la retrouver. Kazuya a 29 ans et travaille dans une banque. Il a rencontré sa fiancée, Sekine Shoko, en 1990, alors qu’elle-même travaillait chez un de ses clients. Un an plus tard, ils se sont fiancés sans le consentement des parents de Kazuya, qui n’appréciaient pas le projet de mariage de leur fils avec une orpheline d’origine modeste et sans aucun diplôme. Pendant les congés du Nouvel an, Kazuya et Shoko sont allés faire quelques achats ensemble pour leur futur appartement. C’est à cette occasion qu’il s’est rendu compte que Shoko n’avait pas de carte de crédit. Travaillant dans une banque, il a proposé d’en demander une pour elle. C’est alors qu’il a appris qu’elle était surendettée et sur la liste noire l’empêchant d’obtenir un crédit ou une carte de paiement. Son endettement était tel, qu’elle avait demandé au tribunal de la déclarer en faillite, pour que ses créanciers cessent de la harceler. Le lendemain d’une conversation entre Kazuya et Shoko à ce sujet, elle avait disparu…

« Honma le regardait sans rien dire, partagé entre deux sentiments. D’une part la curiosité, une sorte de déformation professionnelle. Bien qu’une fugue n’eût rien de particulier en soi (dans les grandes villes, les femmes disparaissent au même rythme que les couvercles des poubelles laissées dans la rue), il n’avait encore jamais entendu parler d’une femme fuyant non pas un homme mais une dette… ! Non, corrigea-t-il, puisque Shoko s’était déclarée en faillite, on ne pouvait plus parler de « dette », à moins qu’après la déclaration de faillite la dette ne restât due… ? »

UneCartePourLEnferShunsuke Honma est inspecteur de police. Il a perdu sa femme dans un accident trois ans plus tôt et élève donc seul Satoru, son fils de 10 ans. Il vit à Kanamachi, non loin de Tokyo, et a des difficultés pour marcher depuis qu’il s’est fait tirer dessus lors de l’arrestation d’un petit voyou. Il profite donc d’un arrêt de travail pour jouer les détectives privés et rechercher la fiancée de Kazuya. Son enquête est une plongée dans l’enfer du surendettement, mais également une histoire d’usurpation d’identité. Il comprend en effet très vite que la fiancée de Kazuya n’est pas celle qu’elle prétend. Elle a pris l’identité d’une autre, sans savoir que sa victime était surendettée. Mais alors qu’est devenue la véritable Shoko ? Est-elle encore en vie ? Et comment identifier l’usurpatrice et la retrouver ?

KashaAprès un abandon de lecture, j’ai été ravie de plonger dans un roman qui vous embarque tout de suite, de ceux qu’on a plaisir à retrouver quand on en a suspendu la lecture. L’inspecteur Honma est une sorte de Maigret japonais. Comme lui c’est un homme simple, qui prend son temps pour enquêter avec sérieux et empathie pour les victimes. Il a l’étoffe des héros récurrents, mais apparemment Miyabe Miyuki change de héros à chaque roman. C’est donc elle que je retrouverai avec plaisir à l’occasion d’un nouveau mois japonais…

MIYABE Miyuki. Une carte pour l’enfer, traduit du japonais par Chiharu Tanaka et Aude Fieschi, Picquier poche, 2001, 332 p. (Kasha, 1992).smiley2

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Six-quatre – Hidéo Yokoyama

C’est avec un polar japonais que j’avais voulu débuter ma participation au Mois japonais organisé par Lou et Hilde.  Je l’ai commencé fin mars. Trois semaines plus tard, alors que je n’en suis qu’à la page 192 sur 679, je jette l’éponge. Depuis que je l’ai commencé, j’ai saisi plusieurs occasions de lire autre chose : deux lectures pour le Mois japonais (un manga et un Amélie Nothomb se déroulant au Japon) et tous les journaux gratuits qu’on a bien voulu mettre entre mes mains. J’ai promené mon gros polar japonais tous les jours, le laissant généralement fermé ou ne l’ouvrant qu’au prix d’un gros effort. Au bout de 192 pages, je n’en peux plus et déclare forfait.

Six-quatreSixième roman de Hidéo Yokoyama, ancien journaliste d’investigation, Six-quatre est le premier traduit en français. Le roman commence à la morgue. Une jeune fille vient de suicider en se jetant à l’eau. Mikami et sa femme Minako ont été convoqués pour identifier le corps de leur fille adolescente. Heureusement pour eux, ce n’est pas Ayumi, en fugue depuis 3 mois. C’est donc sur le terrain de la vie privée, que l’on fait connaissance avec le commissaire Yoshinobu Mikami, Directeur des Relations avec la presse dans un grand commissariat de province.

Le six-quatre est le nom de code d’une affaire vieille de 14 ans (6-4 comme la 64e année du règne de l’empereur Shôwa, mort cette année-là). La petite Shôko, 7 ans, avait été kidnappée pour une rançon de vingt millions de yens. Elle avait finalement été retrouvée morte, la rançon envolée. Le kidnappeur n’avait pas été identifié. A l’époque, Mikami faisait partie de l’équipe de filature rapprochée qui avait suivi le père de l’enfant, alors qu’il se rendait à l’endroit où l’argent devait être remis. L’affaire resurgit soudain 14 ans après, car un haut responsable de la police demande à être reçu dans la maison de Shôko pour une cérémonie. Mikami est chargé d’arranger ça avec la famille…

« Cinquante-quatre ans. On ne les lui aurait jamais donnés. Cheveux entièrement blanchis et négligés. Visage terreux. Joues maladivement creusées, front et dessous des yeux comme entaillés au couteau. Le visage d’un homme dont la fille a été assassinée. Sur lequel sont appliqués tels quels chagrin et souffrance. Mikami ne pouvait le décrire autrement. »

RokuyonEn parallèle de l’enquête sur l’affaire 6-4 qui, à la 192e page, peine toujours à redémarrer, il ne nous est rien épargné des relations du commissaire avec la presse. L’auteur s’inspire probablement de ce qu’il a connu quand il était lui-même journaliste et il s’est aussi beaucoup documenté. Il connaît par exemple très bien les états d’âme des policiers par rapport à leur évolution de carrière. Aucun personnage ne peut apparaître sans qu’on ait droit à tous ses états de service. Yokoyama m’a vraiment donné l’impression de tirer à la ligne. Il m’a ennuyée à un point que je ne croyais pas possible, surtout dans la littérature de genre. Bref, je ne saurai jamais qui avait enlevé et tué la petite Shôko, mais je ne suis pas sûre que je l’aurais su même en lisant 500 pages de plus. Ça n’est même pas un mauvais livre. Il n’est pas mal écrit, ne véhicule pas des idées détestables… C’est juste un roman inintéressant. Mais l’honnêteté m’oblige tout de même à préciser que vous trouverez des critiques très élogieuses ici ou .

YOKOYAMA Hidéo. Six-quatre, traduit du japonais par Jacques Lalloz, J’ai lu, 2018, 679 p. (Rokuyon, 2012).smiley4

Six-Quatre et biscuits Muji
Ces biscuits Muji sont aussi mauvais que le roman qu’ils ont accompagné. Je ne finirai ni le roman, ni le paquet de biscuits.

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