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Six-quatre – Hidéo Yokoyama

C’est avec un polar japonais que j’avais voulu débuter ma participation au Mois japonais organisé par Lou et Hilde.  Je l’ai commencé fin mars. Trois semaines plus tard, alors que je n’en suis qu’à la page 192 sur 679, je jette l’éponge. Depuis que je l’ai commencé, j’ai saisi plusieurs occasions de lire autre chose : deux lectures pour le Mois japonais (un manga et un Amélie Nothomb se déroulant au Japon) et tous les journaux gratuits qu’on a bien voulu mettre entre mes mains. J’ai promené mon gros polar japonais tous les jours, le laissant généralement fermé ou ne l’ouvrant qu’au prix d’un gros effort. Au bout de 192 pages, je n’en peux plus et déclare forfait.

Six-quatreSixième roman de Hidéo Yokoyama, ancien journaliste d’investigation, Six-quatre est le premier traduit en français. Le roman commence à la morgue. Une jeune fille vient de suicider en se jetant à l’eau. Mikami et sa femme Minako ont été convoqués pour identifier le corps de leur fille adolescente. Heureusement pour eux, ce n’est pas Ayumi, en fugue depuis 3 mois. C’est donc sur le terrain de la vie privée, que l’on fait connaissance avec le commissaire Yoshinobu Mikami, Directeur des Relations avec la presse dans un grand commissariat de province.

Le six-quatre est le nom de code d’une affaire vieille de 14 ans (6-4 comme la 64e année du règne de l’empereur Shôwa, mort cette année-là). La petite Shôko, 7 ans, avait été kidnappée pour une rançon de vingt millions de yens. Elle avait finalement été retrouvée morte, la rançon envolée. Le kidnappeur n’avait pas été identifié. A l’époque, Mikami faisait partie de l’équipe de filature rapprochée qui avait suivi le père de l’enfant, alors qu’il se rendait à l’endroit où l’argent devait être remis. L’affaire resurgit soudain 14 ans après, car un haut responsable de la police demande à être reçu dans la maison de Shôko pour une cérémonie. Mikami est chargé d’arranger ça avec la famille…

« Cinquante-quatre ans. On ne les lui aurait jamais donnés. Cheveux entièrement blanchis et négligés. Visage terreux. Joues maladivement creusées, front et dessous des yeux comme entaillés au couteau. Le visage d’un homme dont la fille a été assassinée. Sur lequel sont appliqués tels quels chagrin et souffrance. Mikami ne pouvait le décrire autrement. »

RokuyonEn parallèle de l’enquête sur l’affaire 6-4 qui, à la 192e page, peine toujours à redémarrer, il ne nous est rien épargné des relations du commissaire avec la presse. L’auteur s’inspire probablement de ce qu’il a connu quand il était lui-même journaliste et il s’est aussi beaucoup documenté. Il connaît par exemple très bien les états d’âme des policiers par rapport à leur évolution de carrière. Aucun personnage ne peut apparaître sans qu’on ait droit à tous ses états de service. Yokoyama m’a vraiment donné l’impression de tirer à la ligne. Il m’a ennuyée à un point que je ne croyais pas possible, surtout dans la littérature de genre. Bref, je ne saurai jamais qui avait enlevé et tué la petite Shôko, mais je ne suis pas sûre que je l’aurais su même en lisant 500 pages de plus. Ça n’est même pas un mauvais livre. Il n’est pas mal écrit, ne véhicule pas des idées détestables… C’est juste un roman inintéressant. Mais l’honnêteté m’oblige tout de même à préciser que vous trouverez des critiques très élogieuses ici ou .

YOKOYAMA Hidéo. Six-quatre, traduit du japonais par Jacques Lalloz, J’ai lu, 2018, 679 p. (Rokuyon, 2012).smiley4

Six-Quatre et biscuits Muji
Ces biscuits Muji sont aussi mauvais que le roman qu’ils ont accompagné. Je ne finirai ni le roman, ni le paquet de biscuits.

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Mois japonais

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Après trois mois de blogging en solitaire, je me suis inscrite à un mois thématique organisé par Lou et Hilde : le Mois japonais. Pas encore très au point, j’ai loupé le lancement hier. Je fais donc mon billet de présentation avec un jour de retard.

Si j’ai bien compris le principe, il suffit de faire au moins une lecture en rapport avec le thème pour pouvoir participer. Les films, séries… et tous les aspects de la culture japonaise, comme la cuisine, sont aussi les bienvenus. Ça tombe plutôt bien, car alors que je traverse une période consacrée au polar, je viens de commencer un gros polar japonais. Hier j’ai fait un petit tour en librairie pour m’en procurer un deuxième. Et j’ai repéré une série japonais sur Netflix. Voilà donc mon programme, pas trop ambitieux, car en ce moment je lis très très très lentement.

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Un des grands plaisirs offerts par ce mois thématique est bien sûr d’apposer sur son blog les deux beaux logos préparés pour l’occasion.

Voici enfin le programme concocté par les deux organisatrices :

Rendez-vous hebdomadaires :

  • Mercredi 3, 10, 17 et 24 avril : Manga
  • Vendredi 5, 12, 19 et 26 avril : Séance cinéma / Série TV
  • Samedi 6, 13, 20 et 27 avril : Album jeunesse
  • Dimanche 7, 14, 21 et 28 : Délices du Japon avec la talentueuse Syl OU RDV gourmand littéraire ou cinématographique (autour du thé, des délices de Tokyo ou autres…)
  • Week-end du 12 au 14 avril (36H) : Read-a-thon nippon (3 jours)

Rendez-vous ponctuels :

  • Femmes à l’honneur : 4 avril
  • Un Amélie Nothomb se déroulant au Japon : 11 avril
  • La ville à l’honneur : 18 avril

Pour en savoir plus :

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Ça ne coûte rien de demander – Sara Lövestam

Après Chacun sa vérité, j’ai enchaîné avec le deuxième roman de Sara Lövestam consacré au détective Kouplan. Le troisième va sortir ce mois-ci en France en grand format. Pour ne pas courir le risque de me lasser, j’attendrai tranquillement sa sortie en poche. En tous cas, si vous n’avez pas lu le premier de la série, ne lisez pas ce qui va suivre, car je vais être obligée de dévoiler ce qui nous est révélé sur Kouplan à la fin de Chacun sa vérité

Ca-ne-coute-rien-de-demanderDans ce deuxième roman de la série, Kouplan va aider Jenny, une conseillère municipale qui s’est fait escroquer de deux cent mille couronnes par son amante. Pourtant pas attirée par les femmes jusque-là, Jenny était tombée sous le charme d’Amanda, une très belle femme particulièrement séductrice. Une fois que la belle s’est envolée dans la nature avec son argent, Jenny est prête à engager quelqu’un pour enquêter discrètement, quand elle tombe sur Kouplan. Dans le quartier chic de Lindingö, Kouplan était occupé à fouiller les poubelles pour y dénicher des canettes consignées, son moyen de subsistance depuis sa première enquête achevée deux mois auparavant. Kouplan entend Jenny parler au téléphone avec le sous-locataire d’Amanda, qui s’est aussi fait voler ses trois mois de caution par celle qu’il croyait propriétaire de l’appartement. L’occasion est trop belle. Kouplan propose ses services à Jenny. Bien sûr il a l’air d’un SDF fouillant dans les poubelles, mais au moins il paraît moins jeune que quelques mois plus tôt, son traitement l’aidant à se transformer physiquement…

« Elle ne savait pas encore très clairement, quand elle a engagé Kouplan, quel type de souffrance elle voulait infliger à Amanda. Quand le détective le plus clochardisé quelle ait jamais vu est sorti de l’ombre et s’est présenté à elle, elle n’y avait consacré que des rêveries, elle n’avait pas envisagé la possibilité de l’accomplir réellement. Dorénavant, elle fait le tri entre les différentes possibilités comme quand on choisit un nouveau carrelage. Les suggestions du catalogue ont toutes leur charme. » (p. 55)

Onska-kostar-ingentingJusqu’à la fin du premier roman, l’originalité de Kouplan était d’être sans-papiers. Mais voilà qu’il est aussi transsexuel. Né fille, il suit un traitement hormonal qui l’aide à devenir garçon. Doublement à la marge, il occupe une position intéressante pour un détective. Observateur marginal de la vie suédoise, il est aussi un parfait guide touristique pour un lecteur étranger.

« Chaque immeuble a son langage. Il raconte des histoires de vieilles origines, de temps meilleurs, de politiques de logement de masse ou encore d’angles de rue exclusifs et de vues coûteuses. L’immeuble devant lequel ils s’arrêtent tous deux évoque à Kouplan un début de siècle fortuné. »

Le final est vraiment celui d’une série. L’enquête sur Amanda se résout, mais dans les dernières pages Kouplan reprend le premier rôle. Non seulement sa situation d’immigré clandestin n’est pas résolue, car il doit encore attendre plusieurs mois avant de pouvoir renouveler sa demande d’asile, mais en plus sa situation personnelle se complique encore. A suivre donc…

LÖVESTAM Sara. Ça ne coûte rien de demander. Une enquête de Kouplan, détective sans-papiers, traduit du suédois par Esther Sermage, Pocket, 2019, 405 p. (Önska kostar ingenting, 2015).smiley2

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Du même auteur : Chacun sa vérité (2015)

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Chacun sa vérité – Sara Lövestam

Pour choisir ce polar suédois, j’avoue m’être laissée influencer par la mention « Grand prix de littérature policière ». Car on ne choisit pas un polar nordique sans risque. Depuis le succès de Millenium, il se publie tout et n’importe quoi, plus souvent le pire que le meilleur. Or j’espérais le meilleur. Je ne suis pas déçue. J’ai marché, suivi l’enquête avec intérêt. Mais surtout, je me suis sentie en phase avec l’auteur et son personnage de détective.

Chacun-sa-veriteChacun sa vérité est le premier titre d’une série de polars consacrée au détective Kouplan, un jeune iranien sans-papiers réfugié à Stockholm. Le deuxième volet de la série est paru la même année en Suède : Ça ne coûte rien de demander. Quant au troisième, il arrive en France très prochainement : Libre comme l’air.

Dans Chacun sa vérité, Kouplan passe une petite annonce pour offrir ses services de détective. Une femme le contacte. Sa fille de six ans a disparu. Pour de mystérieuses raisons, elle ne veut pas avoir affaire à la police. Elle engage donc Kouplan, ce jeune iranien sans-papiers qui fuit lui-même les autorités. Il a 26 ans, en paraît à peine 18, et n’a pas franchement l’air d’un professionnel. Mais il est, pour Pernilla, son seul espoir de retrouver la petite Julia. Or Pernilla n’a pas tout dit à Kouplan. Elle lui cache quelque chose sur la naissance de Julia. Qui est son vrai père ? Pourquoi n’est-elle pas scolarisée et n’a-t-elle pas de numéro de sécurité sociale ? Pourquoi la mère n’a-t-elle aucune photo de sa fille ? Et si Pernilla n’avait pas elle-même les réponses à toutes ces questions ? Que lui est-il arrivé pour qu’elle ait occulté une partie de son histoire ?

sanningmedmodifikationChacun sa vérité est à la fois un roman psychologique et un roman social. Comment vit-on à Stockholm quand on est sans-papiers ? C’est ce qu’on découvre en accompagnant Kouplan dans son enquête. Ce n’est pas un grand spécialiste des disparitions d’enfant. Il n’a pas non plus les moyens qu’aurait la police pour mener son enquête. Il en sait même un peu moins que le lecteur qui a aussi accès au point de vue de Pernilla et à celui de la petite fille, prisonnière quelque part… La fin est très réussie. Elle se laisse en partie deviner, mais elle apporte aussi une grosse surprise au lecteur.

J’ai bien aimé qu’il y ait une préface, qui nous présente un peu l’auteur et nous donne quelques éléments de compréhension de la situation en Suède. Celle de Marc de Gouvenain nous rappelle notamment que la Suède est le pays le plus hospitalier d’Europe, acceptant une demande d’asile pour 300 habitants, soit 15 fois plus que la France. Mais parallèlement, l’extrême droite y progresse rapidement. Dans ce contexte, Sara Lövestam a clairement choisi son camp.

C’est officiel : me voici réconciliée avec le polar suédois !

LÖVESTAM Sara. Chacun sa vérité. Une enquête du détective Kouplan, traduit du suédois par Esther Sermage, préface de Marc de Gouvenain, Pocket, 2018, 301 p. (Sanning med modifikation, 2015).

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Peur – Dirk Kurbjuweit

En quête de polars récents, j’ai essayé en faisant mes emplettes de varier les genres et opté d’abord pour un thriller. C’est du moins ce que m’a laissé croire la collection et le titre du roman plein de promesses : Peur. J’en frissonnais d’avance. Hélas, ce petit roman allemand ne fait pas du tout peur.

Peur-dirk-KurbjuweitC’est un roman qui commence par la fin. Le narrateur rend visite à son père dans ce qui pourrait être une maison de retraite. Mais non, c’est une prison, car il a tué un homme. Il l’a fait pour son fils et sa famille, harcelés par leur voisin du dessous. S’ensuit le récit du harcèlement qui bien sûr ira crescendo. Pourtant le roman manque de rythme, sans doute parce que le récit est entrecoupé des souvenirs d’enfance du narrateur à Berlin-Est, auprès d’un père collectionneur d’armes à feu. C’est assez réaliste et d’une grande justesse psychologique. Car il n’y a que dans un polar qu’on admet d’emblée l’existence d’un psychopathe capable de vous pourrir la vie. Dans la vraie vie, on ne veut pas y croire. C’est pourquoi le narrateur va au début minimiser la dangerosité de son voisin et tarder à réagir.

« Fallait-il déménager ? Nous avions déjà évoqué cette solution avant de la rejeter. Pourtant, elle nous aurait permis de nous débarrasser du monstre, de le laisser derrière nous. Seulement il était hors de question de nous faire chasser de chez nous, nous étions dans notre bon droit et n’avions nulle intention de céder. Nous aimions notre appartement : c’était notre chez-nous, notre confort petit-bourgeois, notre placement pour nos vieux jours. » (p. 177)

angstLe titre trouve une explication au coeur du roman. Non la peur n’est pas celle du lecteur, ni seulement celle du narrateur harcelé par son voisin. Mais celle d’un petit garçon face à un père violent, colérique, menaçant et armé jusqu’aux dents. Et celle de ce père qui s’entraînait au tir chaque semaine, comme pour se prémunir d’un danger imaginaire.

« J’aimerais être bien clair, j’ai vécu une adolescence parfaitement normale. L’autre piège, quand on se pose en historien, c’est de faire la part belle aux événements dramatiques, d’y voir la preuve d’épisodes mouvementés, voire troublés. Nous avions une petite vie tranquille au contraire, surtout à la maison. » (p. 113)

Là où le roman est assez malin, c’est qu’il joue justement avec notre attente de lecteur de thriller. Pour ce lecteur, il n’y a aucun doute à avoir, le psychopathe est potentiellement dangereux. Le narrateur a donc raison d’avoir peur et nous adoptons d’abord son point de vue facilement. Puis le doute s’insinue, alors même que nous constatons qu’il ne s’agit pas vraiment d’un thriller…

« Nous menons au moins deux vies en parallèle, surtout après de grandes décisions : la vie que nous avons choisie et celle que nous avons refusée. Et c’est à cette vie-là que nous pensons sans cesse au regard de celle que nous menons. » (p. 213)

KURBJUWEIT Dirk. Peur, traduit de l’allemand par Denis Michelis, Le livre de poche (Thriller), 2019, 283 p. (Angst, 2013).

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Et si les chats disparaissaient du monde… – Genki Kawamura

EtsileschatsEst-ce que j’aurais craqué pour ce roman s’il s’était intitulé Deux milliards de battements de coeur ? Probablement pas… C’est pourtant sous ce titre qu’il a été publié chez Fleuve éditions en 2017 avant de reparaître chez Pocket avec un nouveau titre et un joli chat noir en couverture.

« Sans rien dire, j’ai attrapé mon chat pour le serrer contre moi. Il était chaud et doux, j’avais l’impression de porter une écharpe. Je câline souvent ce petit félin sans y penser, mais cette fois-ci c’était différent. C’est ça, la vie, ai-je songé. »

Le héros de ce roman a 30 ans, quand il apprend qu’il est condamné à brève échéance par une maladie grave. A peine a-t-il appris la terrible nouvelle, que le Diable lui apparaît et lui propose un marché : « Tu dois faire disparaître une chose de cette planète. En contrepartie, il te sera accordé un jour de vie supplémentaire ». Bien sûr, notre héros accepte le contrat, avant d’apprendre que le Diable choisit lui-même ce qui doit disparaître. Et si, pour commencer, il devait faire disparaître le chocolat ? Notre héros n’a qu’une chose à faire : accepter la disparition qui lui est proposée. La disparition a lieu et le monde en est plus ou moins modifié. La journée supplémentaire qui lui est alors accordée lui donne l’occasion de revoir un premier grand amour, de faire une déclaration d’amour au cinéma, de repenser à sa vie, à ses parents, ou encore à son chat…

« Les chats sont formidables. Ils feignent de ne se préoccuper de rien d’autre qu’eux-mêmes, mais en cas de coup dur, on peut compter sur eux. »

Bien sûr, si vous avez ou avez eu au moins un chat dans votre vie, vous apprécierez d’autant plus le roman de Genki Kawamura. Mais ce n’est pas absolument nécessaire, car ce court roman fantastique aborde, l’air de rien, bien d’autres sujets qui nous concernent tous. Vous y trouverez des listes, à la manière des Notes de chevet de Sei Shonagon. Et même un Je me souviens. Vous verserez peut-être quelques larmes. Car ce roman est à la fois fin, amusant, émouvant et absolument charmant.

KAWAMURA Genki. Et si les chats disparaissaient du monde…, traduit du japonais par Diane Durocher, Pocket, 2018, 165 p. (Sekai kara neko ga kieta nara, 2012).

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