Littérature étrangère·Littérature du XXe siècle·SFFF

Dans la forêt – Jean Hegland

Une envie de nature, de grands espaces, m’a amenée à me tourner vers les éditions Gallmeister. Je me suis constitué une petite pile à lire de la collection Totem aux jolies couvertures. Je l’entame avec Dans la forêt, roman qui a semble-t-il rencontré un grand succès en France ces deux dernières années. C’est pourtant un roman publié en 1996 aux États-Unis, un premier roman traduit en français 20 ans après.

DansLaForetNell et Eva, deux soeurs de 17 et 18 ans, vivent en Californie dans la maison où elles ont grandi, au coeur de la forêt. Une catastrophe écologico-politique dont on ne sait rien les a petit à petit coupées du monde. Les services et les commerces de la ville voisine ont fermé. Il n’y a plus eu de ravitaillement, plus d’électricité, plus d’essence…. Des maladies nouvelles ont décimé la population. Leur mère était morte du cancer peu avant la catastrophe. Leur père meurt un peu plus tard par accident en coupant du bois. Le jour de Noël, les deux soeurs restées seules s’échangent des cadeaux. Nell a réussi à réparer deux chaussons de danse, pour Eva la danseuse. Eva a retrouvé un cahier tout neuf tombé derrière sa commode. Elle l’offre à Nell qui commence alors à écrire le journal que nous lisons…

« C’est étrange, d’écrire ces premiers mots, comme si je me penchais par-dessus le silence moisi d’un puits, et que je voyais mon visage apparaître à la surface de l’eau – tout petit et se présentant sous un angle si inhabituel que je suis surprise de constater qu’il s’agit de mon reflet. Après tout ce temps, un stylo a quelque chose de raide et d’encombrant dans ma main. Et je dois avouer que ce cahier, avec ces pages blanches pareilles à une immense étendue vierge, m’apparaît presque plus comme une menace que comme un cadeau – car que pourrais-je y relater dont le souvenir ne sera pas douloureux ? »

ForetDeRedwood
Forêt de Redwood

Comment un roman aussi épatant a-t-il pu nous échapper pendant 20 ans ? Remercions Gallmeister pour cette trouvaille. Dans la forêt nous arrive au bon moment. Probablement à cause du réchauffement climatique, de la certitude qui nous gagne petit à petit qu’il s’agit d’une véritable urgence, nous sommes particulièrement réceptifs aux oeuvres post-apocalyptiques. Ce sont les robinsonnades d’aujourd’hui. Alors que les grands voyages en bateau se font plus rares, nous ne nous rêvons plus échoués sur une île déserte, mais seuls rescapés d’une grande catastrophe qui nous amènerait à lutter pour notre survie dans notre environnement habituel.

« Bien sûr ce genre de choses arrive tout le temps. J’ai suffisamment étudié l’histoire pour le comprendre. Les civilisations périclitent, les sociétés s’effondrent et de petites poches de gens demeurent, rescapés et réfugiés, luttant pour trouver à manger, pour se défendre de la famine et des maladies et des maraudeurs tandis que les herbes folles poussent à travers les planchers des palais et que les temples tombent en ruine. Regardez Rome, Babylone, la Crète, l’Égypte, regardez les Incas ou les Indiens d’Amérique. »

IntoTheForestDans le roman de Jean Hegland, les deux soeurs s’en sortent mieux que les autres parce qu’elles ne vivent pas en ville. Protégées des nouvelles maladies par leur isolement, elles vivent en autarcie en élevant des poules, cultivant des légumes, faisant des conserves… Leurs parents ne jetaient rien. Chaque objet qui aurait mérité de passer à la poubelle avant la catastrophe s’est transformé en trésor. Elles essaient d’en tirer partie comme Robinson exploite tout ce que la mer veut bien rejeter sur le rivage. A travers l’histoire des deux soeurs, le roman semble dénoncer le gaspillage qui est le nôtre et militer pour une vie plus frugale et plus proche de la nature. C’est aussi un éloge de la curiosité et de l’imagination. Nell relit indéfiniment les mêmes romans et déguste l’encyclopédie en lisant ses articles dans l’ordre alphabétique. Quant à Eva, elle passe ses journées à danser sur une musique qui n’est plus qu’intérieure.

On plonge tout entier dans ce roman dès les premières pages. La narration nous fait si bien partager les états d’âme de Nell, qu’on s’identifie à elle. Quand une bande de garçons propose aux deux soeurs de partir à pied vers la côte Est où, paraît-il, la vie moderne a repris, qu’aurions nous fait à leur place ? Serions-nous partis au risque de mourir de faim, de froid et d’épuisement en chemin ? Ou serions nous restés dans notre abri, au risque de mourir de solitude et de ne jamais réaliser nos rêves de devenir danseuse ou étudier à Harvard ? Le roman interroge aussi nos modes de vie. Que pourrions-nous faire aujourd’hui pour que la catastrophe n’arrive pas ? A moins que la catastrophe soit une chance, l’occasion de nous réinventer et d’apprendre à habiter le monde autrement…

Un grand roman !

HEGLAND Jean. Dans la forêt, traduit de l’américain par Josette Chicheportiche, Gallmeister (Totem), 2018, 308 p. (Into the Forest, 1996).
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Littérature étrangère·Littérature du XXe siècle·Mois anglais

Poussière – Rosamond Lehmann

Dans le cadre du Mois anglais, le 13 juin était le jour du Vintage classic. C’est pour cette thématique que j’avais choisi un roman anglais de la première moitié du XXe siècle. Comme vous pouvez le constater, je suis très en retard. Je n’ai pas su profiter au mieux de ce mois anglais. Je me suis laissée engloutir par le travail, la fatigue de fin d’année, la chaleur… Mais j’ai tout de même fini par lire Poussière de Rosamond Lehmann, roman qui mérite vraiment le qualificatif de vintage, car s’il vaut la peine d’être lu, il fait tout de même beaucoup plus que son âge.

Poussiere-RosamondLehmannJudith Earle n’a pas encore 18 ans quand le roman commence, quelques années après la Première guerre mondiale. Quand elle était enfant, la maison d’à côté était parfois envahie par une bande de cousins venus passer les vacances chez leur grand-mère. Ils étaient cinq, quatre garçons et une fille : Julien, Charlie, Martin, Roddy et Mariella. Aujourd’hui Mariella est déjà veuve, à 22 ans. Elle avait épousé Charlie, juste avant qu’il soit mobilisé. Seule maintenant avec leur enfant, elle revient dans la maison que lui a léguée la grand-mère. Julien est à Oxford, Martin à Cambridge et Roddy à Paris. Quand tous se retrouvent en vacances, Judith leur apprend qu’elle envisage aussi d’aller à Cambridge. C’est alors la surprise générale. Il n’était pas encore courant que les filles aillent à l’université. Mais Judith n’a pas été scolarisée dans une école pour filles. Elle a suivi des cours particuliers avec un précepteur préparant des garçons à Oxford et Cambridge et a développé les mêmes ambitions qu’eux. Elle ira donc à Cambridge étudier la littérature anglaise. Elle y vivra une amitié ambiguë et passionnée avec une autre étudiante, avant de revenir vers ses trois cousins…

DustyAnswerLes deux premières parties du roman consacrées aux souvenirs d’enfance et aux rêveries de Judith la solitaire m’ont paru à la fois charmantes et désuètes. N’ayant pas lu la version originale je n’oserais pas dire que le roman est bien traduit, mais je dirais que la traduction de Jean Talva est admirablement écrite. On ressent un vrai plaisir esthétique à la lecture des sentiments de l’héroïne mêlés aux descriptions de la nature. Les sentiments sont alors des secrets et sont rarement partagés : Charlie aime Mariella, Mariella aime Julien, Julien et Martin aiment Judith, Judith aime Roddy… Et chacun d’eux rougit quand il croit son secret découvert.

« Tout était plein de tristesse, ce soir… la chambre, les appels perçants des oiseaux dans le jardin, la pelouse illuminée d’or que la fenêtre encadrait, avec son cerisier solitaire, magnifique, éclatant d’une floraison immaculée, et lançant vers le ciel ses longs jets écumeux. Elle était morose, presque jusqu’aux larmes ; cependant cette tristesse était riche, étouffante de joie. Le soir tenait Roddy enfermé dans sa beauté et son mystère : Roddy faisait partie de son secret. »

Amorçant la troisième partie, j’ai cru que l’entrée de Judith à l’université allait faire basculer le roman dans la modernité. Mais non. Poussière ne sort jamais du romantisme, On ne quitte donc pas les états d’âme de Judith, les sentiments exaltés des uns et des autres, leurs longues lettres d’amour où ils se répandent encore et encore… Le style du roman est élégant, mais les personnages sont totalement dépourvus de légèreté et se complaisent dans d’inutiles douleurs.

Ce roman a été écrit en 1927. Rosamond Lehmann est donc contemporaine de Virginia Woolf, mais leurs oeuvres sont à des années-lumière l’une de l’autre. Mais Rosamond Lehmann est plus jeune (elle n’avait que 26 ans l’année de la parution de Poussière). Je suis donc très curieuse de découvrir ce qu’elle a écrit par la suite…

LEHMANN Rosamond. Poussière, traduit de l’anglais par Jean Talva, Phébus (Libretto), 2015, 376 p. (Dusty Answer, 1927).smiley2Le_mois_anglais

Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle·Mois anglais·Polar

Te laisser partir – Clare Mackintosh

Pour le Mois anglais, je sors un polar de ma pile : Te laisser partir de Clare Mackintosh. A la fin du roman, une note de l’auteur nous apprend qu’elle a été policière à Oxford, semble-t-il pendant une dizaine d’années, et a eu à ses débuts à s’occuper de l’affaire d’un petit garçon tué par un chauffard. Dans la même note, elle confie avoir perdu son fils dans des circonstances très différentes. Ses deux événements seraient à l’origine de Te laisser partir, son premier roman. Depuis elle en a publié un deuxième : Je te vois.

TeLaisserPartirDe retour de l’école, un petit garçon de cinq ans est renversé par une voiture sous le regard impuissant de sa mère. C’était un soir de pluie à Bristol. L’enfant traversait la rue juste devant chez lui. Le chauffard a pris la fuite, personne n’a rien vu et l’enquête de police tourne court.
Peu après l’accident, Jenna quitte Bristol. Elle prend un car un peu au hasard. Il la dépose à Swansea, une ville côtière du Pays de Galles. De là, toujours au hasard, elle gagne un village du nom de Penfach. Le camping est fermé mais on lui indique un cottage en location. Elle s’y installe. Hantée par les images de l’accident, elle tente tant bien que mal de recommencer sa vie à zéro…
Mais un an après la mort du petit Jacob, alors que l’affaire est officiellement classée, deux enquêteurs lancent l’appel à témoins de la dernière chance… 

« Le silence tombe sur le prétoire et le juge me fixe froidement. J’éprouve l’envie absurde de lui dire que je ne suis pas comme les accusés qu’il a l’habitude de voir défiler dans son tribunal. Que j’ai grandi dans une maison comme la sienne et que je suis allée à l’université ; que j’ai organisé des dîners chez moi ; que j’ai eu des amis. Que j’étais autrefois sûre de moi et extravertie. Que je n’avais jamais enfreint la loi jusqu’à l’année dernière et que ce fut une terrible erreur. Mais son regard est indifférent et je sais qu’il se moque de savoir qui je suis ou combien de dîners j’ai organisés. »

ILetYouGoTe laisser partir est à la fois un thriller psychologique et un roman d’enquête policière. Il est même construit en partie dans cette alternance : un chapitre sur deux nous suivons l’enquête de police et un chapitre sur deux nous avons le récit à la 1ère et à la 2e personnes de l’un des protagonistes de l’affaire. Un seul personnage assume ce rôle de narrateur dans la 1ère partie du roman, mais un autre apparaît dans la seconde. Ce nouveau narrateur est très inquiétant, car sa voix est celle d’un serial killer. Calculateur, ne pensant qu’à disposer des autres à sa guise, il a tout du psychopathe. C’est lui qui fait basculer le roman du côté du thriller.

Te laisser partir est un polar millimétré. Tout est en place pour prendre au piège le lecteur, l’empêcher de poser son livre avant d’avoir eu le fin de mot de l’histoire, mais aussi pour le tromper, le manipuler, le laisser s’égarer dans de fausses pistes. Très habile dans sa capacité à susciter l’empathie du lecteur, Clare Mackintosh sait donner de l’épaisseur à chacun de ses personnages. Elle sait aussi faire exister les lieux et nous donner à rêver d’un cottage miteux dans un paysage de carte postale, où pendant quelques chapitres le roman penche même un peu du côté de la romance.PaysDeGalles

J’ai aimé le début, la plongée dans l’enquête policière et la nouvelle vie de l’héroïne (l’endroit où elle va s’installer et le nouveau métier qu’elle s’invente ne sont pas sans charme). J’ai adoré la fin de la première partie et le début de la seconde, quand les cartes sont rebattues. Puis l’évolution du roman vers un thriller assez classique m’a moins enthousiasmée. Je n’avais pas très envie de faire semblant d’avoir peur pour l’héroïne qui s’en sortirait forcément à la fin. Alors j’ai poursuivi ma lecture avec moins de passion vers l’inévitable heureux dénouement. Cela reste un polar bien ficelé, avec une multitude de points de vue, ce qui lui donne tout de même une certaine originalité. Il n’est donc pas impossible que je me procure un jour un autre roman de Clare Mackintosh…

MACKINTOSH Clare. Te laisser partir, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Mathieu Bathol, Le livre de poche, 2018, 507 p. (I let you go, 2014).
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Littérature étrangère·Littérature du XXe siècle·Mois anglais·Polar

La Quiche fatale – M. C. Beaton (Agatha Raisin enquête 1)

Voilà une série dont j’entends parler autour de moi et que je remarque en libraire depuis l’année dernière. Mais en me décidant à en lire le premier tome à l’occasion du Mois anglais et de sa journée Agatha (Christie, Raisin, Frost), je découvre que la série date de 1992. Parfois les informations mettent un temps fou à arriver jusqu’à moi ! 🙂 Plus sérieusement, sa traduction française ne date que de 2016 et une série diffusée sur France 3 l’aurait popularisée en France en 2017. La série compte 27 tomes, dont déjà 16 disponibles en français (j’imagine que plusieurs traducteurs sont sur le coup).

QuicheFataleAu début de ce premier tome de la série, Mrs Agatha Raisin prend à 53 ans une retraite anticipée. Elle quitte donc son agence londonienne de relations publiques pour son rêve de toujours : un cottage dans les Cotswolds. Mais Agatha n’a pas un caractère facile, alors son intégration dans son nouveau village s’annonce difficile. N’ayant eu jusque-là que le travail pour toute vie sociale, elle est incapable de se faire des amis. En revanche, ayant l’habitude d’être en compétition avec les autres, elle est très forte pour se faire des ennemis. Elle commence donc par sa voisine, dont elle débauche la femme de ménage en lui offrant une meilleure paye. Puis elle voit une annonce pour un concours de quiches et décide de s’y inscrire. Bien sûr, pas question de cuisiner. Agatha achète une quiche aux épinards chez un grand traiteur londonien et la présente comme son oeuvre. Après le concours, déçue de ne pas avoir gagné, elle s’en va en laissant sa quiche, qui causera la mort de l’organisateur du concours…

« Elle éteignit la télé et prit Autant en emporte le vent. Elle s’était fait une joie à la perspective d’une lecture vaguement honteuse pour fêter sa nouvelle vie de loisirs, mais elle fut stupéfaite par l’excellente qualité du roman. Il se lisait si facilement que c’en était presque indécent, pensa-t-elle, elle qui n’avait jusque-là jamais lu que le genre de livres qu’on lit pour impressionner les autres. »

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CarteAngleterreComme l’intrigue de ce roman est mince et comme son rythme est lent ! Nous sommes vraiment dans le roman policier pour dames, avec une sorte de Miss Marple enquêtant sur une affaire d’empoisonnement. On n’est pas non plus très loin de la chick lit, mais version retraitée, avec cette histoire d’ex-femme d’affaires cherchant des occupations pour sa retraite, mais aussi, comme on s’en rendra compte à la fin de ce 1er roman de la série, cherchant encore l’amour. Bref, il s’agit d’une littérature qui n’a pas d’autre prétention que de nous distraire. Mais pourquoi ce qui se revendique distrayant a souvent tendance à m’ennuyer ? Croyez-moi, j’aurais adoré me passionner pour les aventures d’Agatha Raisin et je ne suis pas fière de jouer les rabat-joie.

Au moins la prochaine fois que quelqu’un me racontera le sourire aux lèvres avoir passé ses vacances avec Agatha Raisin, je saurai de quoi il est question. Mais je ne pense pas me précipiter sur la suite…

BEATON M. C. Agatha Raisin enquête 1. La Quiche fatale, traduit de l’anglais par Esther Ménévis, Albin Michel, 2019, 319 p. (The Quiche of Death, 1992).
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Littérature étrangère·Mois anglais

Mois anglais

MoisAnglais

Chaque année au mois de Juin, c’est le Mois anglais. Cette année, pour sa 8e édition, il est organisé par Lou et Titine. Grâce au Mois japonais, j’ai pris goût aux mois thématiques, alors je vais bien sûr réitérer l’expérience. Mais ce sera sûrement très différent, car le Mois anglais est aussi populaire sur les blogs, que le Mois japonais est confidentiel.

J’envisage donc de ne plus lire qu’anglais du 1er au 30 juin. Malgré tout ma participation sera modeste, car je n’ai pas pris d’avance (je dis ça, parce que j’ai cru comprendre que d’autres se mettaient presque en pause en mai pour préparer leurs munitions). Au mieux je commencerai mes lectures anglaises pendant ce week-end prolongé, mais à petites doses, car je ne me sens pas taillée pour les RAT (Read-a-thon). Actuellement je ressens un grand besoin de m’aérer, d’aller marcher en ville mais aussi dans la nature. J’ai des envies de forêts, de lacs, de jardins… Mais je m’égare.

Lou et Titine ont mis sur pied un programme très riche. J’essaierai de me caler sur quelques dates, mais sans doute très peu au regard de tout ce qui est proposé ici. J’ai déjà quelques romans anglais sur ma pile, une bd et deux albums, mais ce ne sera sans doute pas suffisant. Je prévois donc une virée en librairie pendant le week-end…

C’est parti pour un mois de scones et de shortbread !

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Dark Tiger – William G. Tapply

A quoi bon lire autre chose ? Je suis si bien dans les forêts du Maine. Après Dérive sanglante et Casco Bay, j’enchaîne donc avec le troisième et malheureusement dernier volet des aventures de Stoney Calhoun : Dark Tiger.

DarkTigerLe début de ce troisième roman est vraiment très habile. D’abord Stoney Calhoun apprend que le bail de la boutique d’articles de pêche qu’il tient avec Kate ne va pas être renouvelé. Ensuite, alors qu’il s’apprête à apprendre la mauvaise nouvelle à Kate, celle-ci revient de la maison médicalisée où est soigné son mari atteint de sclérose en plaques avec une autre mauvaise nouvelle : l’assurance ne va plus prendre en charge les frais médicaux de son mari, ce qui la laisse sans aucune solution. Puis l’homme au costume réapparaît. Cet homme, qui appartient à l’ancienne vie de Stoney Calhoun, lui rend visite régulièrement pour savoir s’il a commencé à recouvrer la mémoire. Cette fois il reprend contact dans un tout autre but. Il a une mission à confier à Stoney Calhoun. Le pensionnaire d’un hôtel de luxe pour passionnés de pêche a été assassiné. C’était un agent d’un service de renseignement qui avait certainement découvert des informations importantes. L’homme au costume demande donc à Stoney Calhoun de se faire engager dans cet hôtel en tant que guide de pêche remplaçant pendant 6 semaines. S’il accepte cette mission, les deux catastrophes annoncées n’auront pas lieu : le bail de la boutique sera renouvelé et l’assurance continuera de prendre en charge les frais médicaux de Walter. Ces deux mauvaises nouvelles étaient en fait pour l’homme au costume le moyen de démontrer l’étendue de son pouvoir et de contraindre Stoney Calhoun à reprendre du service…

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L’intrigue de ce 3e roman est assez amusante car elle rappelle les romans policiers à énigme à la manière d’Agatha Christie. Stoney Calhoun se retrouve dans un hôtel au bord d’un lac, où se côtoient des pêcheurs et des guides de pêche. Dans ce monde clos, les meurtres vont se succéder faisant de tous les occupants de l’hôtel des coupables potentiels. Dès son arrivée, Stoney Calhoun occupe une place à part dans l’hôtel, en devenant le confident de tout le monde. Bien sûr il est aussi victime de quelques tentatives d’assassinat, mais la chance est toujours avec lui. Même les méchants n’arrivent pas à passer pour réellement méchants. Ils sont pourtant impliqués dans des projets criminels particulièrement horribles, mais William G. Tapply les réduit au rôle de simples trafiquants uniquement intéressés par l’argent. Tout m’a semblé édulcoré dans ce roman. Mais je l’ai lu avec autant de plaisir que les précédents. Sans doute que j’avais besoin de ça. Une lecture simple, avec des personnages sympathiques qui entretiennent des relations idylliques entre eux et une complicité sans faille avec leur chien. Un genre de feel good book (genre que je fuis habituellement), mais un feel good book sincère et non formaté. Un roman sans prétention, plaisant comme une balade dans les forêts du Maine.

DarkTiger1Voilà, c’est fini. William G. Tapply est mort en 2009, peu après la parution aux États-Unis du troisième tome de sa série policière. Il n’y aura donc pas de suite. Mais peut-être qu’un jour les nombreux autres romans de William G. Tapply seront traduits en français ?

TAPPLY William G. Dark Tiger, traduit de l’américain par François Happe, Gallmeister (Totem), 2015, 307 p. (Dark Tiger, 2009).
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DeriveSanglante

Du même auteur : Dérive sanglante (2004) et Casco Bay (2007).CascoBay1
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Casco Bay – William G. Tapply

Immédiatement après avoir découvert le personnage de Stoney Calhoun dans Dérive sanglante, j’ai enchaîné avec le deuxième volet de la série de William G. Tapply : Casco Bay.

CascoBay1L’action de Casco Bay se situe un peu plus d’un an après celle de Dérive sanglante et rien n’a vraiment changé. Stoney Calhoun habite toujours dans sa cabane en forêt, avec son chien Ralph. Il travaille toujours avec Kate, qu’il aime toujours, et il n’a toujours pas recouvré la mémoire. Il est sorti d’un hôpital 7 ans auparavant et a maintenant 39 ans.
Au début du roman, il accompagne un client à la pêche en mer dans Casco Bay. L’homme, un certain Paul Vecchio, demande à faire une pause. Stoney Calhoun le dépose alors sur une île inhabitée, où il ne tarde pas à découvrir un cadavre carbonisé. Peu de temps après cette sortie en mer, Vecchio est assassiné et retrouvé mort sur la terrasse de Stoney Calhoun…

CarteMaineCette fois, il m’a fallu mettre quelques images sur les aventures de Stoney Calhoun. J’ai d’abord mis la main sur une carte des États-Unis, histoire de situer le Maine. Ça m’a fait penser à un challenge qui consiste à parcourir les 50 États des États-Unis par ses lectures. Et d’un !

Ensuite j’ai cherché des photos de Casco Bay et des forêts du Maine.

Puis j’ai tenu à visualiser la bar rayé de Casco Bay.

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Enfin je me suis demandée à quoi pouvait bien ressembler Ralph, un épagneul breton orange et blanc.

Lecteur est un sacré boulot, croyez-moi ! Je me verrais d’ailleurs bien faire ça à plein temps…

CascoBayLa nouveauté de ce deuxième roman de la série est l’officialisation de la collaboration entre Stoney Calhoun et le shérif Dickman, dont il devient l’adjoint volontaire et bénévole. Il apparaît de plus en plus évident qu’avant son hospitalisation Stoney Calhoun a travaillé dans la police ou l’espionnage. L’homme au costume, qui appartient sans doute à son ancienne vie, continue d’ailleurs de lui rendre visite pour tenter de découvrir si la mémoire lui revient. L’homme semble bienveillant. Pourtant on ne peut s’empêcher de se demander si Stoney Calhoun ne sera pas en danger le jour où tout lui reviendra…

L’intrigue policière de ce deuxième roman m’a paru meilleure que celle du premier. Jusqu’au bout j’ai été dans l’attente de sa résolution, après m’être laissée prendre par les différentes fausses pistes de William G. Tapply. Mais le personnage de Stoney Calhoun m’a cette fois un peu déçue, en trouvant tout à fait légitime qu’un autre personnage ait pu se faire justice lui-même. Il a fallu ce désaccord, pour que je me rende compte qu’il était aussi armé jusqu’aux dents et qu’il n’hésitait pas à accueillir ses visiteurs avec un fusil. Mais voilà, nous sommes dans une fiction, alors je ne peux pas m’empêcher, malgré tout, de le trouver sympathique. C’est pourquoi il faudra que je le retrouve pour la suite et fin de la série…

TAPPLY William G. Casco Bay, traduit de l’américain par François Happe, Gallmeister (Totem), 2014, 357 p. (Gray Ghost, 2007).
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Du même auteur : Dérive sanglante (2004) et Dark Tiger (2009)DarkTiger
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