Challenge 1% Rentrée littéraire·Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle·Mois américain

Mon année de repos et de détente – Ottessa Moshfegh

En littérature le sujet n’est pas tout. Mais un sujet original et un titre accrocheur sont tout de même le meilleur moyen de sortir du lot en période de rentrée littéraire. Pour son titre et son sujet, le roman d’Ottessa Moshfegh, qui en est déjà à son troisième, est celui qui me tentait le plus. Voyons si ce roman a été à la hauteur de mes espérances…

MonAnneeDeReposEtDeDetenteL’héroïne du roman commence à hiberner en juin 2000, à 26 ans.  Elle reste donc chez elle, se shoote aux somnifères et ne s’éveille que quelques heures par jour. Elle n’a pas vraiment besoin de travailler, car elle a hérité de ses parents. Elle touche aussi le chômage et s’est organisée pour que toutes ses dépenses et ses revenus soient automatisés. Elle n’a plus qu’à se préoccuper de se ravitailler en médicaments et à se faire livrer le minimum vital. Elle sort donc très peu, surtout pour boire un café sur le chemin de la pharmacie. Elle reçoit la visite de son « amie » Reda, tente parfois de renouer avec son ex, et consulte une psy complètement folledingue. Sa démarche est étrange. Ce n’est pas une dépression, ni un renoncement suicidaire, mais une sorte de thérapie qu’elle s’invente, persuadée que son année d’hibernation la sauvera…

« En mon for intérieur, je savais – c’était peut-être la seule chose que mon for intérieur ait sue à l’époque – qu’une fois que j’aurais assez dormi, j’irais bien. Je serais renouvelée, ressuscitée. Je serais une personne totalement nouvelle, chacune de mes cellules aurait été régénérée assez de fois pour que les anciennes ne soient plus que de lointains souvenirs nébuleux. Ma vie passée ne serait qu’un rêve, et je pourrais sans regret repartir de zéro, renforcée par la béatitude et la sérénité que j’aurais accumulées pendant mon année de repos et de détente. »

Cela n’a pas été le coup de coeur espéré, juste un roman sympathique et original, mais qui déçoit pas sa superficialité digne de la société qu’il semble dénoncer. Nous sommes plus dans l’univers de Sex and the city, que dans ceux d’Oblomov ou Bartleby. Quelques vulgarités, des personnages caricaturaux, des longueurs… Reste une satire du monde de l’art contemporain, de la société de consommation et du culte de l’apparence. Et surtout l’humour mélancolique qui me séduit toujours.

MOSHFEGH Ottessa. Mon année de repos et de détente, traduit de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude, Fayard, 2019, 299 p. (My Year of Rest and Relaxation, 2018).
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Littérature du XXIe siècle·Littérature française

Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson

Entre février et juillet 2010, Sylvain Tesson a vécu six mois dans une cabane en Sibérie. Pendant ce séjour, il a quotidiennement consigné ses pensées dans un cahier. C’est ce « journal d’ermitage » qu’il a publié l’année suivante sous le titre : Dans les forêts de Sibérie.

DansLesForetsDeSiberieUne expérience. Sylvain Tesson est parti vivre une expérience. Il s’est installé seul dans une cabane au bord du lac Baïkal. La durée du séjour a été préalablement fixée, les dates choisies de façon à arriver en hiver et repartir en été. C’est une expérience qui peut sembler vaine. Il est lui-même l’objet de son étude. Il s’observe plus encore qu’il n’observe son environnement, scrute son rapport au temps et à la solitude.

« Une fuite, la vie dans les bois ? La fuite est le nom que les gens ensablés dans les fondrières de l’habitude donnent à l’élan vital. Un jeu ? Assurément ! Comment appeler autrement un séjour de réclusion volontaire sur un rivage forestier avec une caisse de livres et des raquettes à neige ? Une quête ? Trop grand mot. Une expérience ? Au sens scientifique, oui. La cabane est un laboratoire. Une paillasse où précipiter ses désirs de liberté, de silence et de solitude. Un champ expérimental où s’inventer une vie ralentie. »

Le moins qu’on puisse dire est que ce n’est pas un voyage improvisé. Il a minutieusement organisé sa survie, emportant des vêtements chauds pour affronter l’hiver sibérien, des armes et des outils, des victuailles, beaucoup de vodka, des cigares, des livres… et même des panneaux solaires, un téléphone satellite, un ordinateur, un GPS… Il y a un petit côté too much dans ce déploiement de technologies pour le moins contradictoire avec le choix de la vie d’ermite en cabane. Mais dresser la liste des choses à emporter permet tout de même de faire le point sur ce qui est important pour soi. Pour Sylvain Tesson, les livres et la vodka constituent l’essentiel.

« C’est drôle, on se décide à vivre en cabane, on s’imagine fumant le cigare devant le ciel, perdu dans ses méditations et l’on se retrouve à cocher des listes de vivres dans un cahier d’intendance. La vie, cette affaire d’épicerie. »

Dans-les-forets-de-SiberieJ’ai abordé cette lecture un brin sceptique, mais j’ai sympathisé avec Sylvain Tesson au fur et à mesure de ma lecture. J’ai découvert quelqu’un sans illusions, sans surtout cette prétendue illusion d’éternité qui nous amènerait à laisser filer la vie entre nos doigts. Lui s’interroge, interroge nos modes de vie et notre conception du bonheur.

« Je rêve d’une petite maison de banlieue avec chien, femme et enfants protégés par une haie de sapins. Dans toute leur étroitesse, les bourgeois ont tout de même compris cette chose essentielle : il faut se donner la possibilité d’un bonheur minimum. »

Je n’avais encore jamais lu Sylvain Tesson. J’imaginais qu’il était à la littérature ce que le chanteur Antoine a pu être à la chanson, c’est-à-dire une sorte de voyageur ou d’aventurier pour qui la littérature arriverait en second, comme le moyen de financer cette vie un peu marginale. Mais je referme Dans les forêts de Sibérie persuadée d’avoir lu un véritable écrivain, voyageur ou pas. Qu’est-ce qui me fait dire ça ? Le nombre de post-it dont j’ai orné mon exemplaire. C’est la preuve imparable. Maintenant je sais que je vais en lire d’autres. Peu importe le sujet, car j’y trouverai certainement au moins une phrase, une pensée ou un trait d’humour qui sera à mon goût.

« Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux, il me manque quelqu’un à qui l’expliquer. »

TESSON Sylvain. Dans les forêts de Sibérie, Folio, 2014, 289 p. (Gallimard, 2011).
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Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle

Idaho – Emily Ruskovich

Après Dans la forêt et Mon désir le plus ardent, j’ai poursuivi mon voyage aux États-Unis à travers la collection Totem de Gallmeister avec Idaho, premier roman d’Emily Ruskovich. J’étais en vacances et pourtant j’ai traîné ce roman une éternité. Courageusement je l’ai malgré tout lu jusqu’au bout. Grâce à cet effort, aujourd’hui je peux le dire : je ne l’ai pas du tout aimé.

Idaho-RuskovichEssayons de résumer ce roman. Ann est la seconde femme de Wade. Elle sait qu’un drame a détruit la famille qu’il avait fondée avec Jenny, sa première épouse. Ils avaient eu deux filles, June et May, neuf et six ans au moment du drame. L’une d’elle est morte, l’autre a disparu et leur mère est en prison. Ann aimerait bien en savoir davantage et surtout retrouver la petite fille disparue, mais Wade ne peut rien lui dire, car il est en train de perdre la mémoire…

« Tous les deux ans, Ann et Wade ont reçu une nouvelle photo vieillie par ordinateur. Mais, parce que June aurait désormais vingt ans, ils n’en recevront plus qu’une tous les cinq ans. Il s’agira d’instantanés de June souriant paisiblement depuis son avenir hypothétique. Réticente et reconnaissante, June s’affichera sur les murs des grands magasins, à la fin des brochures immobilières glissées dans les boîtes aux lettres. Révélée, patiente, fatiguée, son expression s’efforçant de masquer le poids de la grâce dont on l’a affublée, cette obligation de continuer à vivre, à vieillir, au-delà des limites de la vie réelle. »

IdahoEmilyRuskovichJ’ai fait mon possible pour simplifier l’intrigue. Je me demande d’ailleurs si je ne suis pas comme Wade, car ce roman terminé il y a une dizaine de jours est déjà en train de s’effacer de ma mémoire. Ce que je peux encore vous en dire, c’est qu’il comporte beaucoup de personnages secondaires dont le lien avec l’intrigue principale est plus que ténu. Le récit est fragmenté, passant sans cesse d’une époque à une autre, obligeant le lecteur a joué au puzzle pour reconstituer la chronologie : 2004, 2008, 1985, 1995, 2006… De la maison d’Ann et Wade à la prison de Jenny, je me suis accrochée, j’ai tenu bon. Car ce roman n’est pas mauvais. Son écriture est séduisante. Il a même quelque chose d’envoûtant qui empêche le lecteur de s’en détourner avant de l’avoir terminé. Mais je me dois tout de même d’ajouter, qu’il n’est pas non plus très intéressant. C’est un roman psychologique, qui détonne un peu dans le catalogue de Gallmeister (mais il appartient manifestement à la même tranche du catalogue que Mon désir le plus ardent de Pete Fromm). Sa construction tarabiscotée sent un peu trop l’atelier d’écriture à l’américaine, ce que confirme d’ailleurs la page des remerciements où l’auteur rend hommage à ses « nombreux professeurs de création littéraire ». C’est finalement un roman artificiel écrit par un auteur qui n’a pas grand chose à dire. Un roman dont la lecture n’est donc pas indispensable.

RUSKOVICH Emily. Idaho, traduit de l’américain par Simon Baril, Gallmeister (Totem), 2019, 371 p. (Idaho, 2017).
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Idaho

Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle

Mon désir le plus ardent – Pete Fromm

Après Dans la forêt de Jean Hegland, je poursuis mon voyage au coeur des espaces naturels américains avec Mon désir le plus ardent, dernier roman en date de Pete Fromm, connu pour des récits de nature writing (Indian Creek, Le nom des étoiles), des recueils de nouvelles (Chinook, Avant la nuit…) et des romans (Comment tout a commencé, Lucy in the sky…).

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Parc national de Grand Teton, Wyoming

MonDesirLePlusArdentMaddy et Dalton se rencontrent lors d’une fête organisée pour l’ouverture de la saison de rafting. Ils son tous les deux passeurs, c’est-à-dire guides de rafting, et ont 22 ans chacun. Ils se plaisent, s’attirent, s’aiment, et rapidement envisagent de passer leur vie ensemble. Ils se marient donc sur les berges de la Buffalo Fork dans le Wyoming, puis déménagent dans l’Oregon pour y créer leur propre entreprise de rafting et y fonder une famille. Mais la grossesse espérée se fait attendre et les premiers symptômes apparaissent. Maddy trébuche, perd l’équilibre, tremble. Le diagnostic tombe : Maddy est atteinte de sclérose en plaques…

Ca y est c’est officiel : je n’ai pas de coeur. Ce roman au sujet si émouvant m’a laissée totalement indifférente.  Je me suis copieusement ennuyée, sans doute parce que Pete Fromm traite son sujet avec application de manière totalement prévisible. Il le fait sans style, avec une surabondance de dialogues. Seule la construction a (vaguement) retenu mon attention. A chaque nouveau chapitre, nous faisons un bond dans le temps. Mais hélas Pete Fromm ne fait pas assez confiance à son lecteur. Au lieu de le laisser imaginer ce qui s’est passé entretemps, il le lui raconte, détruisant ainsi les maigres effets de ses petites ellipses. Je n’ai pas abandonné ma lecture, mais j’ai sauté des paragraphes, puis des pages entières, sans jamais parvenir à me raccrocher à quoi que ce soit d’un tant soit peu intéressant. Un flop !

J’avais pourtant bien envie de lire Indian Creek. Maintenant je me demande si ça vaut le coup…

FROMM Pete. Mon désir le plus ardent, traduit de l’américain par Juliane Nivelt, Gallmeister (Totem), 2019, 283 p. (If Not for This, 2014).
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Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle·Mois anglais·Polar

Te laisser partir – Clare Mackintosh

Pour le Mois anglais, je sors un polar de ma pile : Te laisser partir de Clare Mackintosh. A la fin du roman, une note de l’auteur nous apprend qu’elle a été policière à Oxford, semble-t-il pendant une dizaine d’années, et a eu à ses débuts à s’occuper de l’affaire d’un petit garçon tué par un chauffard. Dans la même note, elle confie avoir perdu son fils dans des circonstances très différentes. Ses deux événements seraient à l’origine de Te laisser partir, son premier roman. Depuis elle en a publié un deuxième : Je te vois.

TeLaisserPartirDe retour de l’école, un petit garçon de cinq ans est renversé par une voiture sous le regard impuissant de sa mère. C’était un soir de pluie à Bristol. L’enfant traversait la rue juste devant chez lui. Le chauffard a pris la fuite, personne n’a rien vu et l’enquête de police tourne court.
Peu après l’accident, Jenna quitte Bristol. Elle prend un car un peu au hasard. Il la dépose à Swansea, une ville côtière du Pays de Galles. De là, toujours au hasard, elle gagne un village du nom de Penfach. Le camping est fermé mais on lui indique un cottage en location. Elle s’y installe. Hantée par les images de l’accident, elle tente tant bien que mal de recommencer sa vie à zéro…
Mais un an après la mort du petit Jacob, alors que l’affaire est officiellement classée, deux enquêteurs lancent l’appel à témoins de la dernière chance… 

« Le silence tombe sur le prétoire et le juge me fixe froidement. J’éprouve l’envie absurde de lui dire que je ne suis pas comme les accusés qu’il a l’habitude de voir défiler dans son tribunal. Que j’ai grandi dans une maison comme la sienne et que je suis allée à l’université ; que j’ai organisé des dîners chez moi ; que j’ai eu des amis. Que j’étais autrefois sûre de moi et extravertie. Que je n’avais jamais enfreint la loi jusqu’à l’année dernière et que ce fut une terrible erreur. Mais son regard est indifférent et je sais qu’il se moque de savoir qui je suis ou combien de dîners j’ai organisés. »

ILetYouGoTe laisser partir est à la fois un thriller psychologique et un roman d’enquête policière. Il est même construit en partie dans cette alternance : un chapitre sur deux nous suivons l’enquête de police et un chapitre sur deux nous avons le récit à la 1ère et à la 2e personnes de l’un des protagonistes de l’affaire. Un seul personnage assume ce rôle de narrateur dans la 1ère partie du roman, mais un autre apparaît dans la seconde. Ce nouveau narrateur est très inquiétant, car sa voix est celle d’un serial killer. Calculateur, ne pensant qu’à disposer des autres à sa guise, il a tout du psychopathe. C’est lui qui fait basculer le roman du côté du thriller.

Te laisser partir est un polar millimétré. Tout est en place pour prendre au piège le lecteur, l’empêcher de poser son livre avant d’avoir eu le fin de mot de l’histoire, mais aussi pour le tromper, le manipuler, le laisser s’égarer dans de fausses pistes. Très habile dans sa capacité à susciter l’empathie du lecteur, Clare Mackintosh sait donner de l’épaisseur à chacun de ses personnages. Elle sait aussi faire exister les lieux et nous donner à rêver d’un cottage miteux dans un paysage de carte postale, où pendant quelques chapitres le roman penche même un peu du côté de la romance.PaysDeGalles

J’ai aimé le début, la plongée dans l’enquête policière et la nouvelle vie de l’héroïne (l’endroit où elle va s’installer et le nouveau métier qu’elle s’invente ne sont pas sans charme). J’ai adoré la fin de la première partie et le début de la seconde, quand les cartes sont rebattues. Puis l’évolution du roman vers un thriller assez classique m’a moins enthousiasmée. Je n’avais pas très envie de faire semblant d’avoir peur pour l’héroïne qui s’en sortirait forcément à la fin. Alors j’ai poursuivi ma lecture avec moins de passion vers l’inévitable heureux dénouement. Cela reste un polar bien ficelé, avec une multitude de points de vue, ce qui lui donne tout de même une certaine originalité. Il n’est donc pas impossible que je me procure un jour un autre roman de Clare Mackintosh…

MACKINTOSH Clare. Te laisser partir, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Mathieu Bathol, Le livre de poche, 2018, 507 p. (I let you go, 2014).
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Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle·Polar

Dark Tiger – William G. Tapply

A quoi bon lire autre chose ? Je suis si bien dans les forêts du Maine. Après Dérive sanglante et Casco Bay, j’enchaîne donc avec le troisième et malheureusement dernier volet des aventures de Stoney Calhoun : Dark Tiger.

DarkTigerLe début de ce troisième roman est vraiment très habile. D’abord Stoney Calhoun apprend que le bail de la boutique d’articles de pêche qu’il tient avec Kate ne va pas être renouvelé. Ensuite, alors qu’il s’apprête à apprendre la mauvaise nouvelle à Kate, celle-ci revient de la maison médicalisée où est soigné son mari atteint de sclérose en plaques avec une autre mauvaise nouvelle : l’assurance ne va plus prendre en charge les frais médicaux de son mari, ce qui la laisse sans aucune solution. Puis l’homme au costume réapparaît. Cet homme, qui appartient à l’ancienne vie de Stoney Calhoun, lui rend visite régulièrement pour savoir s’il a commencé à recouvrer la mémoire. Cette fois il reprend contact dans un tout autre but. Il a une mission à confier à Stoney Calhoun. Le pensionnaire d’un hôtel de luxe pour passionnés de pêche a été assassiné. C’était un agent d’un service de renseignement qui avait certainement découvert des informations importantes. L’homme au costume demande donc à Stoney Calhoun de se faire engager dans cet hôtel en tant que guide de pêche remplaçant pendant 6 semaines. S’il accepte cette mission, les deux catastrophes annoncées n’auront pas lieu : le bail de la boutique sera renouvelé et l’assurance continuera de prendre en charge les frais médicaux de Walter. Ces deux mauvaises nouvelles étaient en fait pour l’homme au costume le moyen de démontrer l’étendue de son pouvoir et de contraindre Stoney Calhoun à reprendre du service…

LacMaine

L’intrigue de ce 3e roman est assez amusante car elle rappelle les romans policiers à énigme à la manière d’Agatha Christie. Stoney Calhoun se retrouve dans un hôtel au bord d’un lac, où se côtoient des pêcheurs et des guides de pêche. Dans ce monde clos, les meurtres vont se succéder faisant de tous les occupants de l’hôtel des coupables potentiels. Dès son arrivée, Stoney Calhoun occupe une place à part dans l’hôtel, en devenant le confident de tout le monde. Bien sûr il est aussi victime de quelques tentatives d’assassinat, mais la chance est toujours avec lui. Même les méchants n’arrivent pas à passer pour réellement méchants. Ils sont pourtant impliqués dans des projets criminels particulièrement horribles, mais William G. Tapply les réduit au rôle de simples trafiquants uniquement intéressés par l’argent. Tout m’a semblé édulcoré dans ce roman. Mais je l’ai lu avec autant de plaisir que les précédents. Sans doute que j’avais besoin de ça. Une lecture simple, avec des personnages sympathiques qui entretiennent des relations idylliques entre eux et une complicité sans faille avec leur chien. Un genre de feel good book (genre que je fuis habituellement), mais un feel good book sincère et non formaté. Un roman sans prétention, plaisant comme une balade dans les forêts du Maine.

DarkTiger1Voilà, c’est fini. William G. Tapply est mort en 2009, peu après la parution aux États-Unis du troisième tome de sa série policière. Il n’y aura donc pas de suite. Mais peut-être qu’un jour les nombreux autres romans de William G. Tapply seront traduits en français ?

TAPPLY William G. Dark Tiger, traduit de l’américain par François Happe, Gallmeister (Totem), 2015, 307 p. (Dark Tiger, 2009).
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Du même auteur : Dérive sanglante (2004) et Casco Bay (2007).CascoBay1
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Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle·Polar

Casco Bay – William G. Tapply

Immédiatement après avoir découvert le personnage de Stoney Calhoun dans Dérive sanglante, j’ai enchaîné avec le deuxième volet de la série de William G. Tapply : Casco Bay.

CascoBay1L’action de Casco Bay se situe un peu plus d’un an après celle de Dérive sanglante et rien n’a vraiment changé. Stoney Calhoun habite toujours dans sa cabane en forêt, avec son chien Ralph. Il travaille toujours avec Kate, qu’il aime toujours, et il n’a toujours pas recouvré la mémoire. Il est sorti d’un hôpital 7 ans auparavant et a maintenant 39 ans.
Au début du roman, il accompagne un client à la pêche en mer dans Casco Bay. L’homme, un certain Paul Vecchio, demande à faire une pause. Stoney Calhoun le dépose alors sur une île inhabitée, où il ne tarde pas à découvrir un cadavre carbonisé. Peu de temps après cette sortie en mer, Vecchio est assassiné et retrouvé mort sur la terrasse de Stoney Calhoun…

CarteMaineCette fois, il m’a fallu mettre quelques images sur les aventures de Stoney Calhoun. J’ai d’abord mis la main sur une carte des États-Unis, histoire de situer le Maine. Ça m’a fait penser à un challenge qui consiste à parcourir les 50 États des États-Unis par ses lectures. Et d’un !

Ensuite j’ai cherché des photos de Casco Bay et des forêts du Maine.

Puis j’ai tenu à visualiser la bar rayé de Casco Bay.

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Enfin je me suis demandée à quoi pouvait bien ressembler Ralph, un épagneul breton orange et blanc.

Lecteur est un sacré boulot, croyez-moi ! Je me verrais d’ailleurs bien faire ça à plein temps…

CascoBayLa nouveauté de ce deuxième roman de la série est l’officialisation de la collaboration entre Stoney Calhoun et le shérif Dickman, dont il devient l’adjoint volontaire et bénévole. Il apparaît de plus en plus évident qu’avant son hospitalisation Stoney Calhoun a travaillé dans la police ou l’espionnage. L’homme au costume, qui appartient sans doute à son ancienne vie, continue d’ailleurs de lui rendre visite pour tenter de découvrir si la mémoire lui revient. L’homme semble bienveillant. Pourtant on ne peut s’empêcher de se demander si Stoney Calhoun ne sera pas en danger le jour où tout lui reviendra…

L’intrigue policière de ce deuxième roman m’a paru meilleure que celle du premier. Jusqu’au bout j’ai été dans l’attente de sa résolution, après m’être laissée prendre par les différentes fausses pistes de William G. Tapply. Mais le personnage de Stoney Calhoun m’a cette fois un peu déçue, en trouvant tout à fait légitime qu’un autre personnage ait pu se faire justice lui-même. Il a fallu ce désaccord, pour que je me rende compte qu’il était aussi armé jusqu’aux dents et qu’il n’hésitait pas à accueillir ses visiteurs avec un fusil. Mais voilà, nous sommes dans une fiction, alors je ne peux pas m’empêcher, malgré tout, de le trouver sympathique. C’est pourquoi il faudra que je le retrouve pour la suite et fin de la série…

TAPPLY William G. Casco Bay, traduit de l’américain par François Happe, Gallmeister (Totem), 2014, 357 p. (Gray Ghost, 2007).
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Du même auteur : Dérive sanglante (2004) et Dark Tiger (2009)DarkTiger
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