BD

Le retour à la terre (tomes 1 à 6) – Jean-Yves Ferri & Manu Larcenet

Cette année a vu la parution du tome 6 du Retour à la terre de Ferri et Larcenet, plus de 10 ans après la parution du tome 5. L’occasion était trop belle de relire les 5 premiers tomes, comme pour retarder le moment de prendre des nouvelles de Manu Larssinet.

Voici comment tout avait commencé, dans l’album La vraie vie en 2002 :

UnJour

« Moi » c’est Manu Larssinet, double de bd de Manu Larcenet, dessinateur de la série d’albums que nous lisons. Il se dessine lui-même, avec un gros nez, héros de cette histoire qui est la sienne, scénarisée par Jean-Yves Ferri. Il dessine d’ailleurs aussi le scénariste qui lui a proposé cette idée de bd faite de « demi-pages, des gags très courts ».

Les débuts à la campagne son difficiles pour Manu et pour son chat, qui regrettent tous deux Juvisy. Mais à la fin du 1er album, nous quittons Mariette et Manu avec un double projet : un bébé et un potager. On oubliera vite le potager, mais la petite Capucine fera son apparition et à la fin du 5e tome, même le chat aura fondé une famille.

Revolutions

Que se passe-t-il donc dans le 6e tome ? Eh bien le 6e tome est directement la suite du 5e, c’est-à-dire qu’entre le 5e et le 6e tomes, il ne s’est pas passé 11 ans comme dans la vraie vie. On comprend, grâce à la mise en abyme, que Ferri et Larcenet ont été très occupés, l’un par Astérix, l’autre par Blast. Mais on retrouve Capucine à peine un tout petit peu plus grande, tandis que Mariette attend un 2e enfant. Et Speed est toujours accompagné d’une ribambelle de chatons…

Metamorphoses

Mais en fait Capucine sait déjà écrire. Elle doit donc avoir six ans. Mais pourquoi les chatons sont-ils encore si petits ? L’album commence en automne, alors que Mariette est enceinte de sept mois. L’éditeur de Dargaud tente d’aller chez Manu en traversant la campagne en plein hiver. Puis c’est le retour du printemps. Mais la grossesse de Mariette n’en finit pas… Bien sûr je plaisante, car tout cela n’a aucune importance. Même cette conception élastique du temps qui passe m’a amusée.

J’ai été ravie de retrouver l’ermite psy et l’inénarrable voisine Mme Mortemont qui apprend à utiliser un Samsong. Ravie bien sûr aussi de retrouver Manu et ses angoisses existentielles traitées dans cette série avec humour et poésie.

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J’ai pris un réel plaisir à ces retrouvailles et ne dirais donc pas non à un 7e tome…

FERRI Jean-Yves & LARCENET Manu. Le Retour à la terre (tomes 1 à 6), Dargaud, 2002-2019.

  • Tome 1. La Vraie vie (2002)
  • Tome 2. Les Projets (2003)
  • Tome 3. Le Vaste monde (2005)
  • Tome 4. Le Déluge (2006)
  • Tome 5. Les Révolutions (2008)
  • Tome 6. Les Métamorphoses (2019)

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BD

La maison de la plage – Séverine Vidal, Victor L. Pinel

Une envie de BD et un titre qui sentait bon les vacances m’ont fait choisir ce roman graphique dont je ne savais rien.

LaMaisonDeLaPlageL’été 2018 devrait être le dernier été dans la maison de la plage en Loire-Atlantique, car Tonton Albert a décidé de vendre. Juju et sa cousine Coline sont les premières. Arrive ensuite le frère de Julie, Pierrot, avec sa femme Manon et leur fils Elno. Julie est enceinte. Elle vient de perdre son mari Thomas. Puis arrivent les parents, ceux de Pierrot et Julie, ceux de Coline, et enfin le fameux Tonton Albert. Jean-Loup, Richard et Albert ont hérité de la maison des grands-parents. Mais Albert veut la vendre, pour partir aux États-Unis rejoindre son fils…

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L’histoire principale, qui se joue en 2018, se double et se triple de celle de l’achat de la maison en 1968, à l’époque des grands parents, et de celle des précédents propriétaires en 1959. Cette dernière histoire, particulièrement bébête, m’a paru de trop. Trop appuyée également. Dommage, car le reste est joli. J’ai aimé l’histoire simple d’une famille qui se retrouve chaque été dans une maison à laquelle elle s’est attachée sans s’en apercevoir. Il aura fallu croire un instant l’avoir perdue, pour réaliser à quel point ces étés étaient précieux, comme ces moments régressifs, où des adultes jouent encore un peu les enfants en s’offrant simplement un petit-déjeuner à l’heure du dîner. J’ai aimé cet esprit de vacances qui rend tout plus léger et qui redonne un avenir possible à un personnage endeuillé. J’ai beaucoup beaucoup aimé les dessins, qui créent l’atmosphère d’un dialogue en cadrant deux pieds nus dans l’herbe ou une mouette traversant le ciel et laissant dans une bulle une phrase en suspens. J’arrive à peine à croire que ce soient les deux mêmes auteurs qui aient écrit cette histoire si délicate et l’autre si lourde. Incompréhensible !

VIDAL Séverine, PINEL Victor L. La Maison de la plage, Marabout (Marabulles), 2019, 158 p.
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BD

Ces jours qui disparaissent – Timothé Le Boucher

Plaisir de vacances : se plonger dans un roman graphique et le lire d’une traite.

CesJoursQuiDisparaissentLubin Maréchal ne vit plus qu’un jour sur deux. Tout a commencé par un jour d’absence au travail. Quand il retourne le lendemain à la supérette où il est employé, il n’a aucun souvenir de ce qu’il pu faire la veille. Mais voilà que cela recommence le jour suivant. Bien sûr il va perdre son travail et se heurter à l’incrédulité de ses proches. Mais très vite il va s’apercevoir qu’un double vit à sa place ces jours qui lui échappent. Ce double est très différent de lui. Le Lubin d’origine est un enfant adopté, qui rêve de devenir un acrobate professionnel. Son double est mieux intégré, plus pragmatique, bien décidé à réussir sur un plan matériel. Il va falloir partager avec ce double : l’appartement, la famille, une petite amie… Et puis tout va s’accélérer. Malgré la thérapie, le double va l’emporter et vivre de plus en plus aux dépens du Lubin d’origine qui réapparaîtra de moins en moins souvent, obligé de vivre sa vie et son vieillissement en accéléré…

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CesJoursQuiDisparaissent2Ces jours qui disparaissent s’inscrit dans le genre fantastique, car jamais l’on ne sait si Lubin est schizophrène, s’il est victime de son imagination ou d’un phénomène surnaturel. Son double mène la vie qui aurait pu être la sienne s’il n’avait pas perdu ses parents à l’âge de 4 ans. Sans ce drame initial, il n’aurait sans doute pas été ce doux rêveur qu’il est devenu. Sans cette faille, il serait devenu quelqu’un qui réussit, mais aussi quelqu’un d’humainement moins intéressant. Chacun de nous peut ainsi vivre une seconde vie imaginaire. Et si, à tel moment de notre existence, nous avions fait un autre choix ? Dans un monde alternatif, nous vivons peut-être cette autre existence possible. Mais dans le roman graphique, les deux versions de Lubin partagent le même monde et parviennent à communiquer en différé. Voir le Lubin d’origine perdre la partie est désolant. Comme s’il avait renoncé à vivre sa vie et qu’il ne parvenait plus qu’exceptionnellement à être vraiment lui-même. Seule touche d’espoir : l’histoire d’amour qu’il parvient malgré tout à vivre en pointillés, jusqu’au bout.

Magnifique roman graphique !

LE BOUCHER Timothé. Ces jours qui disparaissent, Glénat, 2019, 192 p. (édition spéciale enrichie de dessins inédits).
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BD·Mois japonais

Chi une vie de chat, Tome 1 – Konami Kanata

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Aujourd’hui, dans le cadre du Mois japonais, est jour de manga. J’en profite donc pour découvrir une série pour la jeunesse.

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Alors qu’un chaton se promène avec sa maman et ses frères et soeurs, il se perd et se retrouve tout seul, effrayé par les chiens et les voitures. Heureusement, une gentille famille le recueille. La famille Yamada habite en appartement et le règlement de leur immeuble leur interdit d’avoir un animal. Ils cachent donc le chaton et cherchent une autre famille pour l’adopter. Mais ils ne trouvent pas et bien sûr ils s’attachent. Alors ils le baptisent Chi et l’adoptent pour de bon.

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Contrairement à ce que je viens de faire dans mon résumé, l’histoire est racontée en grande partie du point de vue du chaton. C’est ce qui est savoureux, car on partage ses émotions, ses peurs, sa difficulté à comprendre les attentes de sa nouvelle famille. Il pense souvent à sa maman et rêve de partir la retrouver, mais lui aussi va finir par s’attacher à ses nouveaux parents et à Yohei, leur petit garçon. Mais j’ai tort de parler du chaton au masculin, car Chi revient de sa première visite chez le vétérinaire avec une carte d’identité au nom de Mlle Chi Yamada.

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Quand j’habitais Lyon, je passais souvent devant une boutique avec des figurines Chi en devanture. J’avais très envie d’en acheter une, mais cela n’avait pas de sens, puisque je n’avais pas encore découvert le manga.

FigurineChiCe volume n’est que le début d’une série en douze tomes. Je me demande ce qui va arriver à Chi par la suite…

KANATA Konami. Chi une vie de chat, Tome 1, Glénat Kids, 2010, 162 p. (cop. 2004).smiley2UnMoisAuJapon