Album·Habiter

Mission jardiner la ville – Frédérique Basset, Claire Le Gal

J’aime les villes. J’y vis, j’y travaille et j’y passe même la plupart de mes vacances. Jusqu’à présent la nature avait plutôt tendance à m’angoisser, mais imperceptiblement quelque chose a changé. J’ai quitté un appartement avec vue sur une cour sombre et pleine de murs pour un appartement avec vue sur des jardins, tout près d’une forêt (dans laquelle je ne me suis pas encore aventurée, mais c’est une autre histoire). Cet appartement m’a été loué avec une jardinière à une fenêtre et un très grand pot prêt à accueillir une plante d’intérieur.  Pendant plusieurs mois, ces contenants sont restés vides. Puis j’ai décidé de passer à l’action. C’est dans ce contexte que j’ai candidaté sur Babelio pour recevoir un livre pour la jeunesse intitulé Mission jardiner la ville.

MissionJardinerLaVillePour vous dire toute la vérité, quand j’ai reçu ce livre j’ai d’abord été un peu déçue, justement parce que ce n’est pas vraiment un livre, mais à peine un fascicule d’une trentaine de pages. Finalement, après avoir plongé dedans, j’ai trouvé ce livret assez sympathique. A qui s’adresse-t-il ? A un enfant de la ville qui aimerait bien, malgré tout, jardiner un peu. Comme dans beaucoup de livres pour la jeunesse, le livre s’adresse au lecteur en le tutoyant. Patiemment, il lui explique pourquoi c’est important de faire entrer des petits bouts de nature dans la ville, comment fonctionnent les plantes, quels sont les endroits où l’on peut jardiner, comment semer des graines, en récolter, etc. Le défaut de ce petit livre est qu’il veut tout dire. Il veut convaincre de l’intérêt du jardinage, donner des conseils pratiques, présenter quelques plantes, donner même des recettes de cuisine et apporter des connaissances sur les plantes à réviser au travers de quizz. Bien sûr il ne fait finalement que survoler tous ces sujets. Disons donc que ce livre propose une initiation aux jardiniers débutants.

TodmordenComme je cherchais des conseils pour utiliser une jardinière à ma fenêtre, j’ai trouvé deux doubles pages pouvant répondre à mes questions. La première concerne les graines. Elle nous montre comment les récolter, les conserver pour l’année suivante, les semer en utilisant toutes sortes de récipients en guise de godets : des pots de yaourt, des boîtes à oeufs ou des barquettes en plastique. Moi qui adore récupérer des bocaux ou des boîtes de conserve pour en faire des pots à crayons ou petits matériels, j’ai été très séduite par l’idée de faire des plantations dans un vieux bol ou un pot à confiture (quand je fais mes courses, je choisis même souvent mes conserves en fonction de la forme du contenant que je vais pouvoir réutiliser). Mais pour ma jardinière, j’envisageais plutôt cette année d’acheter des plantes prêtes à planter. Alors quelles plantes choisir ? Là encore, une double page m’a répondu. Elle propose d’abord de faire un mini-potager aromatique sur un bord de fenêtre ou de planter des fleurs : capucine, cosmos, mauve, impatience, lavande… en été ; cyclamen, perce-neige, hellébore, primevère… en hiver.

Mission jardiner la ville est un livre illustré. Les dessins sont à la fois informatifs et amusants. Ils mettent en scène toutes sortes d’animaux, dont un chien jardinier. Mission Jardiner la ville est aussi un livre écolo. Il milite pour la récup’, les grainothèques et les jardins partagés. C’est le livre parfait pour les petits bobos des villes.

BASSET Frédérique, LE GAL Claire. Mission jardiner la ville, Rue de l’échiquier (Jeunesse), 2019, 39 p.smiley2

 

Album·Mois anglais

Le Musée imaginaire de Jane Austen – Nathalie Novi, Fabrice Colin

Le Musée imaginaire de Jane Austen appartient à la catégorie des beaux-livres. J’ai eu la chance de me le faire offrir à Noël, il y a deux ans. Le Mois anglais me donne l’occasion de parcourir de nouveau les salles de ce musée imaginaire.

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MuseeImaginaireDeJaneAustenCe livre est l’oeuvre de Nathalie Novi, une illustratrice qui se dit « peintre littéraire ». Ses images sont accompagnées de textes de Fabrice Colin. Le livre est organisé non pas en chapitres mais en salles, chacune consacrée à un roman de Jane Austen. En bonne janéite, j’ai pu participer avec les autres lecteurs de ce livre à l’inauguration du musée imaginaire. Comme m’y invitaient les auteurs, j’ai visité le musée en compagnie d’autres admirateurs de Jane Austen de partout et des toutes les époques, parmi lesquelles deux soeurs imaginaires prénommées Alice et Emma. Avec elles, mais aussi avec quelques oiseaux, j’ai pu participer à toutes sortes de festivités : des bals, des pique-nique, des promenades à la campagne ou au bord de la mer… et bien sûr des mariages.

« Et tout se termine par un mariage. Qu’on ne s’y trompe pas, cependant. Le mariage, chez Jane Austen, n’a rien d’une conclusion frivole, la soumission naïve et un peu mièvre à une institution incontournable. il est le symbole de l’équilibre et de l’harmonie retrouvés. Le moyen, pour les femmes de la gentry rurale, de s’assurer statut économique et statut social. Le point vers lequel, d’une façon presque mathématique, convergent toutes les intrigues et les personnages du livre. »

J’ai visité ce musée imaginaire avec infiniment de plaisir et je me réjouis à l’avance des futures visites que je m’y offrirai de temps à autre. J’aime tellement l’idée du musée imaginaire, que j’aurais bien suggéré à Nathalie Novi d’en consacrer un aux soeurs Brontë, mais je n’ai pas l’impression qu’elles figurent parmi ses auteurs favoris. Tant pis, je vais me contenter d’en rêver…

NOVI Nathalie, COLIN Fabrice. Le Musée imaginaire de Jane Austen, Albin Michel jeunesse, 2017.smiley2
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Album·Habiter·Mois anglais

La Maison aux trésors – Jemima Pipe, Maria Taylor

Le Mois anglais me donne l’occasion de rouvrir un album pour la jeunesse consacré à une maison victorienne. L’album a lui-même une forme de maison. On la visite, pièce après pièce, en soulevant des volets.

LaMaisonAuxTresorsLa maison date de 1888. Elle est située 51 avenue Orchard. De quelle ville ? Cela n’est pas dit. Peut-être Londres. Elle est habitée par la riche famille Sullivan. On peut visiter la maison de la cave au grenier. Grâce aux volets à soulever, on ouvre les portes, les armoires et les commodes. C’est aussi un livre-jeu. On est invité à retrouver quelque part dans la maison un trésor perdu par Mme Sullivan.  Il faut aussi élucider un mystère : d’où proviennent ces bruits étranges que l’on entend dans la maison ? Enfin, dans chaque pièce, il nous est demandé de repérer deux objets anachroniques. C’est la partie la plus éducative de l’album, puisque les solutions données à la fin nous permettent de dater différents inventions : la première bouilloire électrique, les céréales du petit-déjeuner, etc. Mais les textes apportent aussi beaucoup d’autres informations et permettent de répondre notamment aux questions posées en quatrième de couverture : « Pourquoi à cette époque, la plupart des gens ne se lavaient qu’une fois par semaine ? Quel objet était fait de poils de cochons ? Pourquoi fallait-il trois heures pour nettoyer le salon ? »

C’est de toute évidence un album pour la jeunesse, mais je me l’étais offert lors de sortie en 2012, ayant un faible pour les maisons et la période victorienne. Je ne suis pas déçue par cette nouvelle visite. Les 150 volets à soulever et les énigmes à résoudre prolongent le plaisir de la lecture. Les dessins sont plaisants et fourmillent de détails. Un regret peut-être : la famille qui nous est présentée au début, avec ses domestiques, son chat et son chien, est très peu présente dans les pièces que nous visitons. Mais l’idée-même de découvrir une maison d’autrefois m’a beaucoup plu. C’est un concept qui pourrait être décliné, avec d’autres types de maisons ou d’immeubles, d’autres pays, d’autres époques. En tous cas moi, je serais preneuse !

PIPE Jemima, illustré par Maria TAYLOR. La Maison aux trésors : entre et explore ! : les petits secrets d’une maison d’autrefois, Tourbillon, 2012 (Doll’s House, 2012).smiley2
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