Bilans·Mois japonais

Bilan du Mois japonais

Le Mois japonais s’achève. C’est donc l’heure d’un petit bilan que je vais consacrer aux livres lus au cours de ce mois d’avril.

J’ai finalement lu 3 polars japonais. Le premier m’est tombé des mains, mais j’ai beaucoup aimé le deuxième et encore plus le troisième.

J’ai lu aussi un petit manga pour la jeunesse, histoire de découvrir enfin un chaton que je connaissais déjà par ses figurines.

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Enfin, j’ai lu deux auteurs non-Japonais, une Belge et un Américain, qui ont pour point commun leur amour du Japon et des chapeaux.

A l’année prochaine !

Littérature étrangère·Littérature du XXe siècle·Mois japonais

Tokyo-Montana Express – Richard Brautigan

C’est avec un Américain, que je vais conclure mon Mois japonais. Richard Brautigan est l’auteur d’un roman que j’adore, que j’ai lu, relu et souvent offert autour de moi : Un privé à Babylone. Pourtant, je n’avais encore rien lu d’autre de lui. Écrivain suicidé peu avant ses 50 ans, il a tout de même laissé une vingtaine de livres, dont des romans, des recueils de nouvelles, des poésies et une autobiographie.

Tokyo-Montana-ExpressTokyo-Montana Express est un livre inclassable. On l’ouvre sans savoir précisément de quoi il retourne. S’agit-il d’un recueil de fragments ou de nouvelles ? S’agit-il d’une autobiographie, d’une sorte de journal fragmenté d’un Américain amoureux du Japon ? Le livre avait l’air composite, alors je n’ai pas suivi Brautigan dans son périple. J’ai préféré sauté d’un fragment à l’autre, dans le plus grand désordre. Maintenant je pense à un titre d’Annie Ernaux qui lui irait bien : « Journal du dehors ». Car ce livre est un recueil d’anecdotes, de petits faits observés dans la rue, au supermarché ou les transports en commun. Mais la réalité observée est souvent déformée par la fantaisie de Brautigan qui délire volontiers. Dans un fragment nous sommes au Montana, sous la neige, entourés de montagnes, en compagnie d’un Brautigan éleveur de poules. L’instant d’après nous sommes dans une chambre d’hôtel à Tokyo, avec un Brautigan lecteur d’un gros livre sur Groucho Marx. Puis nous revenons dans le Montana, d’où nous voyageons en Floride grâce à la chaleur du soleil emmagasinée par une boîte aux lettres en métal. A première vue, ces fragments paraissent insignifiants. Il ne ne sont pourtant pas sans charme, souvent poétiques ou joliment étranges. Mon préféré décrit une tempête de neige réduite à deux flocons, qui évoquent à Brautigan des Laurel et Hardy culbutant avec des tartes à la crème sur la figure…

Je vous mets au défi de lire Brautigan sans sympathiser avec lui.

BRAUTIGAN Richard. Tokyo-Montana Express, traduit de l’anglais (États-Unis) par Robert Pépin, Christian Bourgois éditeur, 2018, 311 p. (The Tokyo-Montana Express, 1980).smiley2UnMoisAuJapon2

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Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle·Mois japonais·Polar

Le Dévouement du suspect X – Keigo Higashino

Connu pour son roman La Maison où je suis mort autrefois, Higashino Keigo a inauguré avec Le Dévouement du suspect X une série policière qu’il a poursuivie avec Un café maison puis L’Équation de plein été. L’originalité de cette série provient de la profession d’un des personnages récurrents. En effet, Yukawa a le bon goût de n’être ni policier, ni détective, ni même magistrat, avocat, ou encore médecin légiste, mais physicien.

LeDevouementDuSuspectXIshigami est prof de math. Tous les matins sur le chemin de son lycée, il fait un détour pour acheter son bento chez le traiteur où travaille Yasuko, sa voisine dont il est secrètement amoureux. Le jour où Yasuko tue son ex-mari venu la harceler, Ishigami lui offre son aide pour faire disparaître le cadavre…

Quand l’inspecteur Kusanagi entre en scène, le corps d’un homme a été retrouvé sur une berge, enveloppé dans une bâche de chantier en plastique bleu. L’homme est entièrement nu, son visage a été écrasé et le bout de ses doigts brûlé. Tout laisse donc à penser que son meurtrier voulait éviter qu’on l’identifie. Cela exclut l’hypothèse du crime de hasard et oriente immédiatement vers un proche. De plus, malgré les précautions du coupable, la police n’a aucun mal à identifier la victime. Des appels dans tous les hôtels de l’arrondissement suffisent pour repérer le cas d’un homme qui a disparu du jour au lendemain sans récupérer ses effets personnels. Il n’y a plus alors qu’à comparer les cheveux retrouvés dans la chambre avec ceux du cadavre et à relever l’identité du disparu dans le registre de l’hôtel. C’est ainsi que l’inspecteur Kusanagi en vient rapidement à soupçonner Yasuko, l’ex-femme du mort…

YogishaXNoKenshinCe qui est très amusant dans ce roman, c’est l’enchâssement des enquêtes. Ishigami est le premier enquêteur du roman, puisque dès les premières pages il déduit de quelques indices que sa voisine vient de tuer quelqu’un. Lui offrant son aide, il devient son complice. Puis c’est au tour de l’inspecteur Kusanagi. Non seulement Kusanagi a l’habitude de faire appel à son ami physicien pour résoudre des enquêtes, mais cette fois-ci Yukawa, le physicien, est un ancien camarade de fac d’Ishigami, le prof de math. S’ensuit une double-enquête, celle faite avec les moyens de la police (interrogatoires, analyses, etc.) et celle tout en raisonnement logique du physicien…

« – Tu ne crois pas que tu y accordes trop d’importance ? C’est un génie des mathématiques, mais un débutant en matière de crime.
– C’est la même chose, déclara posément le physicien. Et pour lui, le crime est probablement plus simple. »

Cette série policière est digne des Aventures de Sherlock Holmes, Ishigami et Yukawa partageant l’art de la déduction de Holmes. Seule la fin du roman ne m’a pas vraiment convaincue. Les explications finales sont données à plusieurs reprises par différents personnages, de manière inutilement appuyée. La fin est donc décevante par sa forme, mais aussi par un inutile retour à l’ordre moral, qui en fait un polar un peu daté. Dommage ! Mais je vous le recommande tout de même…

Si vous êtes allergique aux maths, inutile de vous priver de cette lecture, il n’y en a pas tant que ça. Mais si au contraire vous ne détestez pas le raisonnement mathématique, régalez-vous !

Histoire d’entendre un peu de japonais, voici pour finir la bande-annonce de l’adaptation ciné du roman.

HIGASHINO Keigo. Le Dévouement du suspect X, traduit du japonais par Sophie Refle, Babel noir, 2018, 313 p. (Yogisha X no Kenshin, 2005).smiley2UnMoisAuJapon2

Littérature étrangère·Mois japonais

Prix Akutagawa, prix littéraire japonais

Après le Prix Yamamoto, c’est dans la liste des lauréats du Prix Akutagawa, que j’ai cherché à repérer des romans traduits en français :

  • SAYAKA Murata. La Fille de la supérette, Folio, 2019 (d’abord paru chez Denoël sous le titre Konbini).
  • HADA Keisuke. La Vie du bon côté, Picquier, 2017.
  • SHIBASAKI Tomoka. Jardin de printemps, Picquier, 2018.
  • YOSHIDA Shuichi, Park Life, Picquier, 2007.
  • GENYÛ Sôkyû. Au-delà des terres infinies, Picquier, 2008.
  • FUJIWARA Tomomi. Le Conducteur de métro, Stock, 1998.
  • MIURA Kiyohiro. Je veux devenir moine zen, Picquier, 2005.
  • MURAKAMI Ryû. Bleu presque transparent, Picquier.
  • ÔÉ Kenzaburô. Gibier d’élevage, Folio 2€, 2002.

Me voilà prête pour le Mois japonais 2020 !

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Littérature étrangère·Mois japonais

Prix Yamamoto, prix littéraire japonais

En quatrième de couverture du roman Une carte pour l’enfer, il est mentionné que ce roman « a obtenu en 1992 le prix Yamamoto, le Goncourt du genre ». J’ai trouvé la liste des lauréats de ce prix ici. Il m’a paru intéressant de savoir s’il y avait d’autres romans primés qui avaient été traduits en français. J’ai pour l’instant repéré :

  • HARADA Maha. La Toile du paradis, Picquier, 2018.
  • ISAKA Kôtarô. La Mort avec précision, Picquier, 2017 (il y a 3 titres de cet auteur traduits en français, j’ignore lequel a été primé, mais je suis tentée par celui-ci).
  • EKUNI Kaori. Dans la barque de Dieu, Pïcquier, 2016.
  • YOSHIDA Shuichi. Parade, Picquier, 2011.
  • TENDO Arata. L’Homme qui pleurait les morts, Seuil, 2014 (seul titre paru en français, j’ignore s’il s’agit du primé).
  • YOSHIMOTO Banana (plusieurs titres traduits dont Kitchen que j’a déjà lu, j’ignore lequel a été primé).
  • YAMADA Taichi. Présences d’un été, Picquier, 2006 (j’ignore s’il s’agit du primé).

J’ai l’impression que Picquier suit de près ce prix littéraire, ce qui me donne des idées de lecture pour plusieurs années de Mois japonais…

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Littérature étrangère·Littérature du XXe siècle·Mois japonais·Polar

Une carte pour l’enfer – Miyabe Miyuki

Je poursuis ma découverte du polar japonais avec Une carte pour l’enfer, deuxième roman policier traduit en français de Miyabe Miyuki, après Le Diable chuchotait et avant son recueil de nouvelles La librairie Tanabe.

Une-carte-pour-l-enferLa fiancée de Kurisaka Kazuya a disparu. Kazuya se tourne alors vers Honma, un policier de sa famille, pour la retrouver. Kazuya a 29 ans et travaille dans une banque. Il a rencontré sa fiancée, Sekine Shoko, en 1990, alors qu’elle-même travaillait chez un de ses clients. Un an plus tard, ils se sont fiancés sans le consentement des parents de Kazuya, qui n’appréciaient pas le projet de mariage de leur fils avec une orpheline d’origine modeste et sans aucun diplôme. Pendant les congés du Nouvel an, Kazuya et Shoko sont allés faire quelques achats ensemble pour leur futur appartement. C’est à cette occasion qu’il s’est rendu compte que Shoko n’avait pas de carte de crédit. Travaillant dans une banque, il a proposé d’en demander une pour elle. C’est alors qu’il a appris qu’elle était surendettée et sur la liste noire l’empêchant d’obtenir un crédit ou une carte de paiement. Son endettement était tel, qu’elle avait demandé au tribunal de la déclarer en faillite, pour que ses créanciers cessent de la harceler. Le lendemain d’une conversation entre Kazuya et Shoko à ce sujet, elle avait disparu…

« Honma le regardait sans rien dire, partagé entre deux sentiments. D’une part la curiosité, une sorte de déformation professionnelle. Bien qu’une fugue n’eût rien de particulier en soi (dans les grandes villes, les femmes disparaissent au même rythme que les couvercles des poubelles laissées dans la rue), il n’avait encore jamais entendu parler d’une femme fuyant non pas un homme mais une dette… ! Non, corrigea-t-il, puisque Shoko s’était déclarée en faillite, on ne pouvait plus parler de « dette », à moins qu’après la déclaration de faillite la dette ne restât due… ? »

UneCartePourLEnferShunsuke Honma est inspecteur de police. Il a perdu sa femme dans un accident trois ans plus tôt et élève donc seul Satoru, son fils de 10 ans. Il vit à Kanamachi, non loin de Tokyo, et a des difficultés pour marcher depuis qu’il s’est fait tirer dessus lors de l’arrestation d’un petit voyou. Il profite donc d’un arrêt de travail pour jouer les détectives privés et rechercher la fiancée de Kazuya. Son enquête est une plongée dans l’enfer du surendettement, mais également une histoire d’usurpation d’identité. Il comprend en effet très vite que la fiancée de Kazuya n’est pas celle qu’elle prétend. Elle a pris l’identité d’une autre, sans savoir que sa victime était surendettée. Mais alors qu’est devenue la véritable Shoko ? Est-elle encore en vie ? Et comment identifier l’usurpatrice et la retrouver ?

KashaAprès un abandon de lecture, j’ai été ravie de plonger dans un roman qui vous embarque tout de suite, de ceux qu’on a plaisir à retrouver quand on en a suspendu la lecture. L’inspecteur Honma est une sorte de Maigret japonais. Comme lui c’est un homme simple, qui prend son temps pour enquêter avec sérieux et empathie pour les victimes. Il a l’étoffe des héros récurrents, mais apparemment Miyabe Miyuki change de héros à chaque roman. C’est donc elle que je retrouverai avec plaisir à l’occasion d’un nouveau mois japonais…

MIYABE Miyuki. Une carte pour l’enfer, traduit du japonais par Chiharu Tanaka et Aude Fieschi, Picquier poche, 2001, 332 p. (Kasha, 1992).smiley2

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Mois japonais

Des carnets japonais

Dans le cadre du Mois japonais, je vous propose aujourd’hui une petite revue de blogs sur les carnets japonais.

Béné no Fukuoka

hobonichi-bene-beppu

Le blog d’une française expatriée au Japon depuis 2012. Arrivée pour y faire des études, elle s’y marie avec un Japonais. Elle vit à Fukukoa, au Sud-Ouest du Japon, à plus de 1 000 km de Tokyo. Elle illustre son blog de beaucoup de photos de la nature qui donnent envie : des pruniers, des dauphins, des érables en automne… Elle a notamment consacré un billet à un agenda japonais créatif, le hobonichi, sorte de bullet journal à la japonaise.

AdiosParis

GoshuinCho

Un blog de voyage qui a consacré un billet au Gôshuin Chô, un carnet de voyage japonais qui se déplie pour accueillir les tampons des temples ou autres sites touristiques visités.

Pichipichi Japon

PichiPichi-logo-Hori-petit

Un site de vente de produits japonais qui propose aussi des articles de blog. On y trouve notamment une présentation du kakebo, carnet de compte japonais.

Journaling addict

SAMSUNG CAMERA PICTURESEnfin un blog découvert chez Milly qui nous recommandait un article sur la papeterie japonaise. Il y a finalement eu une série de 4 articles sur le sujet. Pour les fans de papeterie comme moi (pas seulement japonaise), ce blog est une belle découverte. On y trouve aussi beaucoup d’articles sur le bullet journal.

Les 4 billets :

  1. Papeterie japonaise : intro
  2. Papeterie japonaise : instruments d’écriture
  3. Papeterie japonaise : papier japonais
  4. Papeterie japonaise : accessoires

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Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle·Mois japonais·Polar

Six-quatre – Hidéo Yokoyama

C’est avec un polar japonais que j’avais voulu débuter ma participation au Mois japonais organisé par Lou et Hilde.  Je l’ai commencé fin mars. Trois semaines plus tard, alors que je n’en suis qu’à la page 192 sur 679, je jette l’éponge. Depuis que je l’ai commencé, j’ai saisi plusieurs occasions de lire autre chose : deux lectures pour le Mois japonais (un manga et un Amélie Nothomb se déroulant au Japon) et tous les journaux gratuits qu’on a bien voulu mettre entre mes mains. J’ai promené mon gros polar japonais tous les jours, le laissant généralement fermé ou ne l’ouvrant qu’au prix d’un gros effort. Au bout de 192 pages, je n’en peux plus et déclare forfait.

Six-quatreSixième roman de Hidéo Yokoyama, ancien journaliste d’investigation, Six-quatre est le premier traduit en français. Le roman commence à la morgue. Une jeune fille vient de suicider en se jetant à l’eau. Mikami et sa femme Minako ont été convoqués pour identifier le corps de leur fille adolescente. Heureusement pour eux, ce n’est pas Ayumi, en fugue depuis 3 mois. C’est donc sur le terrain de la vie privée, que l’on fait connaissance avec le commissaire Yoshinobu Mikami, Directeur des Relations avec la presse dans un grand commissariat de province.

Le six-quatre est le nom de code d’une affaire vieille de 14 ans (6-4 comme la 64e année du règne de l’empereur Shôwa, mort cette année-là). La petite Shôko, 7 ans, avait été kidnappée pour une rançon de vingt millions de yens. Elle avait finalement été retrouvée morte, la rançon envolée. Le kidnappeur n’avait pas été identifié. A l’époque, Mikami faisait partie de l’équipe de filature rapprochée qui avait suivi le père de l’enfant, alors qu’il se rendait à l’endroit où l’argent devait être remis. L’affaire resurgit soudain 14 ans après, car un haut responsable de la police demande à être reçu dans la maison de Shôko pour une cérémonie. Mikami est chargé d’arranger ça avec la famille…

« Cinquante-quatre ans. On ne les lui aurait jamais donnés. Cheveux entièrement blanchis et négligés. Visage terreux. Joues maladivement creusées, front et dessous des yeux comme entaillés au couteau. Le visage d’un homme dont la fille a été assassinée. Sur lequel sont appliqués tels quels chagrin et souffrance. Mikami ne pouvait le décrire autrement. »

RokuyonEn parallèle de l’enquête sur l’affaire 6-4 qui, à la 192e page, peine toujours à redémarrer, il ne nous est rien épargné des relations du commissaire avec la presse. L’auteur s’inspire probablement de ce qu’il a connu quand il était lui-même journaliste et il s’est aussi beaucoup documenté. Il connaît par exemple très bien les états d’âme des policiers par rapport à leur évolution de carrière. Aucun personnage ne peut apparaître sans qu’on ait droit à tous ses états de service. Yokoyama m’a vraiment donné l’impression de tirer à la ligne. Il m’a ennuyée à un point que je ne croyais pas possible, surtout dans la littérature de genre. Bref, je ne saurai jamais qui avait enlevé et tué la petite Shôko, mais je ne suis pas sûre que je l’aurais su même en lisant 500 pages de plus. Ça n’est même pas un mauvais livre. Il n’est pas mal écrit, ne véhicule pas des idées détestables… C’est juste un roman inintéressant. Mais l’honnêteté m’oblige tout de même à préciser que vous trouverez des critiques très élogieuses ici ou .

YOKOYAMA Hidéo. Six-quatre, traduit du japonais par Jacques Lalloz, J’ai lu, 2018, 679 p. (Rokuyon, 2012).smiley4

Six-Quatre et biscuits Muji
Ces biscuits Muji sont aussi mauvais que le roman qu’ils ont accompagné. Je ne finirai ni le roman, ni le paquet de biscuits.

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Goûter·Mois japonais

Eat-a-thon nippon surgelé

Ce week-end, de vendredi à dimanche, était celui du Read-a-thon nippon dans le cadre du Mois japonais. Travaillant vendredi et samedi, je ne pouvais pas consacrer ces trois jours à la lecture. Mais j’ai participé à ma façon, en mangeant japonais tout le week-end, grâce à un fournisseur de surgelés. Voici donc mes repas japonais :

Ramen
Soupe Ramen : bouillon à la sauce soja et au gingembre, nouille japonaise, poulet
Brochettes
Brochettes de boeuf au fromage et sauce soja sucrée
Donburi
Donburi au poulet : riz, poulet mariné, légumes, sauce teriyaki
Shoyu noodle soup
Shoyu noodle soup : bouillon à la sauce soja et huile de sésame, nouille, poulet
Poulet karaage
Poulet karaage : filet de poulet pané tranché, riz et légumes cuisinés
Ramen
Ramen encore et encore

Les brochettes de boeuf au fromage étaient un peu grasses, mais peut-on vraiment le leur reprocher ? Le donburi au poulet était un peu fade (j’ai dû le saler un peu), mais il m’a plu tout de même. Le poulet karaaje ressemblait à une bouillie collante, mais heureusement des noix de cajou et des petits légumes apportaient un peu de croquant. J’ai surtout adoré le ramen, un plat complet et pourtant assez light. Je lui ai fait une infidélité en goûtant la Shoyu noodle soup, qui lui ressemble beaucoup. Mais j’ai quand même fini le week-end avec un 2e ramen.

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Je tiens à préciser, pour finir, que ce billet n’était pas sponsorisé ! 🙂

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Littérature du XXIe siècle·Littérature française·Mois japonais

Ni d’Ève ni d’Adam – Amélie Nothomb

AmelieNothombJapon

Pour suivre le programme du Mois japonais qui prévoyait pour aujourd’hui « un Amélie Nothomb se déroulant au Japon », j’ai identifié 4 titres qui semblaient correspondre et opté pour le 2e :

  • Stupeur et tremblements (1999) : récit d’une expérience désastreuse de travail au Japon (que je connais par son adaptation ciné)
  • Ni d’Ève ni d’Adam (2007) : récit contemporain du précédent sur sa relation amoureuse avec un Tokyoïte
  • Les myrtilles (2011) : nouvelle publiée dans une réédition de Stupeur et tremblements
  • La nostalgie heureuse (2013) : récit de son retour au Japon dans le cadre du tournage d’un documentaire

NiDEveNiDAdam3Ni d’Éve ni d’Adam porte la mention « roman ». C’est donc un roman autobiographique ou de l’autofiction, je ne sais pas bien. L’héroïne et narratrice à la première personne s’appelle en tous cas Amélie, comme l’auteur. Elle y raconte son retour au Japon à 21 ans. Elle y serait née, mais ses parents seraient rentrés en Belgique quand elle avait 5 ans. Elle y retourne donc à l’âge adulte avec l’ambition de devenir une vraie japonaise. Quelques jours après son arrivée, elle passe une petite annonce pour donner des cours particuliers de français. Rinri l’appelle. Il est étudiant en troisième année de français. Ils se donnent rendez-vous dans un café. Après quelques leçons débute une relation amoureuse qui ira jusqu’aux fiançailles. C’est en parallèle de cette relation qu’elle vivra l’aventure professionnelle racontée 8 ans plus tôt dans Stupeur et tremblements.

Je n’avais pas lu Amélie Nothomb depuis longtemps et je l’ai retrouvée avec beaucoup de plaisir. Moi qui traîne un gros polar japonais depuis des jours et des jours, j’ai englouti Ni d’Ève ni d’Adam très rapidement. A part peut-être son premier roman, Hygiène de l’assassin, les quelques livres que j’ai lus d’elle m’ont toujours donné cette impression. Une impression de facilité, de légèreté. J’aime retrouver ces caractéristiques dans ses romans comme dans son personnage. Une facilité comme une forme de don sans prétention. Une capacité à observer finement les choses, à en rendre compte avec ce qu’il faut d’humour, sans jamais s’appesantir.

Okonomiyaki
Okonomiyaki  (spécialité d’Hiroshima) : chou, gingembre, crevettes, oeuf et une sauce aux prunes amère.

Dans Ni d’Éve ni d’Adam, Amélie Nothomb partage avec nous ses observations sur la vie japonaise. Elle pointe les différences culturelles, s’attarde sur la nourriture, la vie sociale et amoureuse, le rapport au travail, aux études… Mais j’ai surtout adoré toutes ses considérations sur la langue.

« Ce que j’éprouvais pour ce garçon manquait de nom en français moderne, mais pas en japonais ou le terme de koi convenait. Koi, en français classique, peut se traduire par goût. J’avais du goût pour lui. Il était mon koibito, celui avec lequel je partageais le koi : sa compagnie était à mon goût. »

Et ses considérations sur l’amour :

« S’éprend-on de ceux pour qui l’on a du goût ? Impensable. On tombe amoureux de ceux que l’on ne supporte pas, de ceux qui représentent un danger insoutenable. Schopenhauer voit dans l’amour une ruse de l’instinct de procréation : je ne puis dire l’horreur que m’inspire cette théorie. Dans l’amour, je vois une ruse de mon instinct pour ne pas assassiner autrui : quand j’éprouve le besoin de tuer une personne bien définie, il arrive qu’un mécanisme mystérieux – réflexe immunitaire ? fantasme d’innocence ? peur d’aller en prison ? – me fasse cristalliser autour de cette personne. Et c’est ainsi qu’à ma connaissance, je n’ai pas encore de meurtre à mon actif. »

Hier soir, j’ai visionné l’adaptation cinématographique du roman par Stefan Liberski sous le titre Tokyo fiancée. Je pensais lui consacrer un billet demain, jour du cinéma dans le Mois japonais, mais j’ai trouvé le film si mauvais… Il est pourtant extrêmement fidèle au roman, trop sans doute. J’ai aimé le roman, pas le film. Allez comprendre.

NOTHOMB Amélie. Ni d’Ève ni d’Adam, Le livre de poche, 2015, 182 p. (Albin Michel, 2007).
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