Challenge 1% Rentrée littéraire·Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle·Mois américain

L’Ami – Sigrid Nunez

LAmiSon meilleur ami vient de se suicider à l’âge de 60 ans. Prof à l’université, il avait trois mariages derrière lui et pas mal de petites amies intermédiaires. Un peu jalouse de ses conquêtes, elle avait tout de même été amie avec l’Épouse Numéro Un, avant de devenir l’ennemie de l’Épouse Numéro Deux. Mais c’est l’Épouse Numéro Trois qui lui fait une étrange demande : accueillir chez elle le chien de son ami récemment suicidé, un grand, très grand danois nommé Apollon. Elle préfère les chats, son appartement est trop petit et les animaux y sont interdits, mais pourtant elle accepte. Commence alors une étrange cohabitation entre deux endeuillés menacés d’expulsion…

« Que sommes-nous, Apollon et moi, si ce n’est deux solitudes se protégeant, se complétant, se limitant et s’inclinant l’une devant l’autre ? »

Elle s’adresse à lui, l’ami suicidé. Elle écrit le récit de sa cohabitation avec Apollon, s’autorisant toutes les digressions, passant sans cesse du coq à l’âne. Elle lui parle de leur amitié amoureuse, des cours de creative writing qu’elle donne à l’université, des relations entre enseignants et étudiantes, de la souffrance morale d’Apollon, de son vieillissement… et beaucoup de lecture et d’écriture, convoquant bon nombre d’écrivains pour penser avec eux son deuil et sa nouvelle relation avec Apollon. Le texte produit, bien qu’écrit à la deuxième personne, ressemble un peu à un journal intime, sorte de journal de deuil d’une intellectuelle. C’est un monologue fragmenté, parfois drôle et souvent émouvant. J’ai aimé ça, mais je me dois de vous mettre en garde. Si vous cherchez un roman avec une intrigue et une construction classiques, mieux vaut passer votre chemin. Pour ma part j’ai lu ce curieux roman d’une traite, en quelques heures, incapable de prédire la trace qu’il laisserait en moi.

NUNEZ Sigrid. L’Ami, traduit de l’anglais (États-Unis) par Mathilde Bach, Stock (La Cosmopolite), 2019, 269 p. (The Friend, 2018).
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Assez intriguée par le National Book Award remporté, j’ai maintenant bien envie d’explorer la liste des lauréats et de m’en faire un challenge…

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Mon année de repos et de détente – Ottessa Moshfegh

En littérature le sujet n’est pas tout. Mais un sujet original et un titre accrocheur sont tout de même le meilleur moyen de sortir du lot en période de rentrée littéraire. Pour son titre et son sujet, le roman d’Ottessa Moshfegh, qui en est déjà à son troisième, est celui qui me tentait le plus. Voyons si ce roman a été à la hauteur de mes espérances…

MonAnneeDeReposEtDeDetenteL’héroïne du roman commence à hiberner en juin 2000, à 26 ans.  Elle reste donc chez elle, se shoote aux somnifères et ne s’éveille que quelques heures par jour. Elle n’a pas vraiment besoin de travailler, car elle a hérité de ses parents. Elle touche aussi le chômage et s’est organisée pour que toutes ses dépenses et ses revenus soient automatisés. Elle n’a plus qu’à se préoccuper de se ravitailler en médicaments et à se faire livrer le minimum vital. Elle sort donc très peu, surtout pour boire un café sur le chemin de la pharmacie. Elle reçoit la visite de son « amie » Reda, tente parfois de renouer avec son ex, et consulte une psy complètement folledingue. Sa démarche est étrange. Ce n’est pas une dépression, ni un renoncement suicidaire, mais une sorte de thérapie qu’elle s’invente, persuadée que son année d’hibernation la sauvera…

« En mon for intérieur, je savais – c’était peut-être la seule chose que mon for intérieur ait sue à l’époque – qu’une fois que j’aurais assez dormi, j’irais bien. Je serais renouvelée, ressuscitée. Je serais une personne totalement nouvelle, chacune de mes cellules aurait été régénérée assez de fois pour que les anciennes ne soient plus que de lointains souvenirs nébuleux. Ma vie passée ne serait qu’un rêve, et je pourrais sans regret repartir de zéro, renforcée par la béatitude et la sérénité que j’aurais accumulées pendant mon année de repos et de détente. »

Cela n’a pas été le coup de coeur espéré, juste un roman sympathique et original, mais qui déçoit pas sa superficialité digne de la société qu’il semble dénoncer. Nous sommes plus dans l’univers de Sex and the city, que dans ceux d’Oblomov ou Bartleby. Quelques vulgarités, des personnages caricaturaux, des longueurs… Reste une satire du monde de l’art contemporain, de la société de consommation et du culte de l’apparence. Et surtout l’humour mélancolique qui me séduit toujours.

MOSHFEGH Ottessa. Mon année de repos et de détente, traduit de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude, Fayard, 2019, 299 p. (My Year of Rest and Relaxation, 2018).
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Challenge 1% Rentrée littéraire

Challenge 1% Rentrée littéraire 2019

Ce week-end je n’ai rien lu, mais je me suis encore inscrite à un challenge.

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Cette fois j’ai succombé au Challenge 1% Rentrée littéraire 2019 de Herisson. Il s’agit de lire 1% des romans paraissant à la rentrée, entre fin août et octobre. Comme il en paraît cette année 524 (et qu’il faut lire les livres en entier 🙂 ), 1% représente 6 livres. C’est jouable, car nous avons jusqu’au 31 janvier 2020 pour lire nos 6 livres. Personnellement je pense même m’arrêter fin décembre, car ensuite la rentrée de janvier chasse celle de septembre et les livres de la dernière rentrée retombe dans le pot commun de la grande bibliothèque mondiale, s’ils ne finissent pas au pilon.

Le 7 août, j’avais déjà publié une sélection de 8 livres de la rentrée qui m’attiraient. Mais depuis j’ai parcouru la presse et ma liste a doublé (grâce aux Inrocks en particulier). Et comme une partie de ma sélection est américaine, je devrais pouvoir l’intégrer au Mois américain qui commence. Bref, j’y crois. Rendez-vous fin décembre pour voir si j’ai tenu parole…