Challenge Polars et thrillers·Polar

Challenge Polars et thrillers

Grâce à Sharon, je suis maintenant engagée dans un challenge qui va m’accompagner toute l’année. C’est très simple, entre le 10 juillet 2019 et le 10 juillet 2020, nous allons lire des polars. Suivant le nombre livres lus, nous validerons l’une ou l’autre des catégories prévues par Sharon :

  • jusqu’à cinq livres lus : Imogène.
  • de cinq à quinze livres lus : Montalbano. 
  • de quinze à vingt-cinq livres lus : Miss Marple. 
  • de vingt-cinq à cinquante livres lus : Erlendur Sveinsson.
  • de cinquante à soixante-quinze livres lus : commissaire Jules Maigret.
  • de soixante-quinze à cent livres lus : Walt Longmire.
  • plus de cent livres lus : Sherlock Holmes.
  • plus de deux cents livres lus : Lucky Sherlock !!!

Officiellement je me suis inscrite au niveau Montalbano, mais en secret je vais essayer de devenir Miss Marple…

Bilans·Mois anglais

Bilan du Mois anglais

Le Mois anglais est déjà terminé et je n’ai lu que 3 romans et 2 albums pour la jeunesse. La faute sans doute à la fatigue de fin d’année puis à la chaleur. Résultat des courses :

Les deux albums pour la jeunesse m’ont beaucoup plu.

Pour les romans, c’est plus mitigé. Ma rencontre avec Agatha Raisin a été plutôt décevante. J’ai enchaîné avec un thriller que j’ai trouvé pas mal sur le moment, mais qui ne va pas me marquer durablement.

Enfin, j’ai lu un classique du début du XXe siècle. Un roman au charme désuet, mais à l’écriture sublime.

Poussiere-RosamondLehmann

Si je veux renouveler l’expérience l’année prochaine, je crois que j’ai intérêt à me constituer une petite pile à lire anglaise dès à présent…

Littérature étrangère·Littérature du XXe siècle·Mois anglais

Poussière – Rosamond Lehmann

Dans le cadre du Mois anglais, le 13 juin était le jour du Vintage classic. C’est pour cette thématique que j’avais choisi un roman anglais de la première moitié du XXe siècle. Comme vous pouvez le constater, je suis très en retard. Je n’ai pas su profiter au mieux de ce mois anglais. Je me suis laissée engloutir par le travail, la fatigue de fin d’année, la chaleur… Mais j’ai tout de même fini par lire Poussière de Rosamond Lehmann, roman qui mérite vraiment le qualificatif de vintage, car s’il vaut la peine d’être lu, il fait tout de même beaucoup plus que son âge.

Poussiere-RosamondLehmannJudith Earle n’a pas encore 18 ans quand le roman commence, quelques années après la Première guerre mondiale. Quand elle était enfant, la maison d’à côté était parfois envahie par une bande de cousins venus passer les vacances chez leur grand-mère. Ils étaient cinq, quatre garçons et une fille : Julien, Charlie, Martin, Roddy et Mariella. Aujourd’hui Mariella est déjà veuve, à 22 ans. Elle avait épousé Charlie, juste avant qu’il soit mobilisé. Seule maintenant avec leur enfant, elle revient dans la maison que lui a léguée la grand-mère. Julien est à Oxford, Martin à Cambridge et Roddy à Paris. Quand tous se retrouvent en vacances, Judith leur apprend qu’elle envisage aussi d’aller à Cambridge. C’est alors la surprise générale. Il n’était pas encore courant que les filles aillent à l’université. Mais Judith n’a pas été scolarisée dans une école pour filles. Elle a suivi des cours particuliers avec un précepteur préparant des garçons à Oxford et Cambridge et a développé les mêmes ambitions qu’eux. Elle ira donc à Cambridge étudier la littérature anglaise. Elle y vivra une amitié ambiguë et passionnée avec une autre étudiante, avant de revenir vers ses trois cousins…

DustyAnswerLes deux premières parties du roman consacrées aux souvenirs d’enfance et aux rêveries de Judith la solitaire m’ont paru à la fois charmantes et désuètes. N’ayant pas lu la version originale je n’oserais pas dire que le roman est bien traduit, mais je dirais que la traduction de Jean Talva est admirablement écrite. On ressent un vrai plaisir esthétique à la lecture des sentiments de l’héroïne mêlés aux descriptions de la nature. Les sentiments sont alors des secrets et sont rarement partagés : Charlie aime Mariella, Mariella aime Julien, Julien et Martin aiment Judith, Judith aime Roddy… Et chacun d’eux rougit quand il croit son secret découvert.

« Tout était plein de tristesse, ce soir… la chambre, les appels perçants des oiseaux dans le jardin, la pelouse illuminée d’or que la fenêtre encadrait, avec son cerisier solitaire, magnifique, éclatant d’une floraison immaculée, et lançant vers le ciel ses longs jets écumeux. Elle était morose, presque jusqu’aux larmes ; cependant cette tristesse était riche, étouffante de joie. Le soir tenait Roddy enfermé dans sa beauté et son mystère : Roddy faisait partie de son secret. »

Amorçant la troisième partie, j’ai cru que l’entrée de Judith à l’université allait faire basculer le roman dans la modernité. Mais non. Poussière ne sort jamais du romantisme, On ne quitte donc pas les états d’âme de Judith, les sentiments exaltés des uns et des autres, leurs longues lettres d’amour où ils se répandent encore et encore… Le style du roman est élégant, mais les personnages sont totalement dépourvus de légèreté et se complaisent dans d’inutiles douleurs.

Ce roman a été écrit en 1927. Rosamond Lehmann est donc contemporaine de Virginia Woolf, mais leurs oeuvres sont à des années-lumière l’une de l’autre. Mais Rosamond Lehmann est plus jeune (elle n’avait que 26 ans l’année de la parution de Poussière). Je suis donc très curieuse de découvrir ce qu’elle a écrit par la suite…

LEHMANN Rosamond. Poussière, traduit de l’anglais par Jean Talva, Phébus (Libretto), 2015, 376 p. (Dusty Answer, 1927).smiley2Le_mois_anglais

Album·Mois anglais

Le Musée imaginaire de Jane Austen – Nathalie Novi, Fabrice Colin

Le Musée imaginaire de Jane Austen appartient à la catégorie des beaux-livres. J’ai eu la chance de me le faire offrir à Noël, il y a deux ans. Le Mois anglais me donne l’occasion de parcourir de nouveau les salles de ce musée imaginaire.

MuseeImaginaireDeJaneAusten1

MuseeImaginaireDeJaneAustenCe livre est l’oeuvre de Nathalie Novi, une illustratrice qui se dit « peintre littéraire ». Ses images sont accompagnées de textes de Fabrice Colin. Le livre est organisé non pas en chapitres mais en salles, chacune consacrée à un roman de Jane Austen. En bonne janéite, j’ai pu participer avec les autres lecteurs de ce livre à l’inauguration du musée imaginaire. Comme m’y invitaient les auteurs, j’ai visité le musée en compagnie d’autres admirateurs de Jane Austen de partout et des toutes les époques, parmi lesquelles deux soeurs imaginaires prénommées Alice et Emma. Avec elles, mais aussi avec quelques oiseaux, j’ai pu participer à toutes sortes de festivités : des bals, des pique-nique, des promenades à la campagne ou au bord de la mer… et bien sûr des mariages.

« Et tout se termine par un mariage. Qu’on ne s’y trompe pas, cependant. Le mariage, chez Jane Austen, n’a rien d’une conclusion frivole, la soumission naïve et un peu mièvre à une institution incontournable. il est le symbole de l’équilibre et de l’harmonie retrouvés. Le moyen, pour les femmes de la gentry rurale, de s’assurer statut économique et statut social. Le point vers lequel, d’une façon presque mathématique, convergent toutes les intrigues et les personnages du livre. »

J’ai visité ce musée imaginaire avec infiniment de plaisir et je me réjouis à l’avance des futures visites que je m’y offrirai de temps à autre. J’aime tellement l’idée du musée imaginaire, que j’aurais bien suggéré à Nathalie Novi d’en consacrer un aux soeurs Brontë, mais je n’ai pas l’impression qu’elles figurent parmi ses auteurs favoris. Tant pis, je vais me contenter d’en rêver…

NOVI Nathalie, COLIN Fabrice. Le Musée imaginaire de Jane Austen, Albin Michel jeunesse, 2017.smiley2
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Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle·Mois anglais·Polar

Te laisser partir – Clare Mackintosh

Pour le Mois anglais, je sors un polar de ma pile : Te laisser partir de Clare Mackintosh. A la fin du roman, une note de l’auteur nous apprend qu’elle a été policière à Oxford, semble-t-il pendant une dizaine d’années, et a eu à ses débuts à s’occuper de l’affaire d’un petit garçon tué par un chauffard. Dans la même note, elle confie avoir perdu son fils dans des circonstances très différentes. Ses deux événements seraient à l’origine de Te laisser partir, son premier roman. Depuis elle en a publié un deuxième : Je te vois.

TeLaisserPartirDe retour de l’école, un petit garçon de cinq ans est renversé par une voiture sous le regard impuissant de sa mère. C’était un soir de pluie à Bristol. L’enfant traversait la rue juste devant chez lui. Le chauffard a pris la fuite, personne n’a rien vu et l’enquête de police tourne court.
Peu après l’accident, Jenna quitte Bristol. Elle prend un car un peu au hasard. Il la dépose à Swansea, une ville côtière du Pays de Galles. De là, toujours au hasard, elle gagne un village du nom de Penfach. Le camping est fermé mais on lui indique un cottage en location. Elle s’y installe. Hantée par les images de l’accident, elle tente tant bien que mal de recommencer sa vie à zéro…
Mais un an après la mort du petit Jacob, alors que l’affaire est officiellement classée, deux enquêteurs lancent l’appel à témoins de la dernière chance… 

« Le silence tombe sur le prétoire et le juge me fixe froidement. J’éprouve l’envie absurde de lui dire que je ne suis pas comme les accusés qu’il a l’habitude de voir défiler dans son tribunal. Que j’ai grandi dans une maison comme la sienne et que je suis allée à l’université ; que j’ai organisé des dîners chez moi ; que j’ai eu des amis. Que j’étais autrefois sûre de moi et extravertie. Que je n’avais jamais enfreint la loi jusqu’à l’année dernière et que ce fut une terrible erreur. Mais son regard est indifférent et je sais qu’il se moque de savoir qui je suis ou combien de dîners j’ai organisés. »

ILetYouGoTe laisser partir est à la fois un thriller psychologique et un roman d’enquête policière. Il est même construit en partie dans cette alternance : un chapitre sur deux nous suivons l’enquête de police et un chapitre sur deux nous avons le récit à la 1ère et à la 2e personnes de l’un des protagonistes de l’affaire. Un seul personnage assume ce rôle de narrateur dans la 1ère partie du roman, mais un autre apparaît dans la seconde. Ce nouveau narrateur est très inquiétant, car sa voix est celle d’un serial killer. Calculateur, ne pensant qu’à disposer des autres à sa guise, il a tout du psychopathe. C’est lui qui fait basculer le roman du côté du thriller.

Te laisser partir est un polar millimétré. Tout est en place pour prendre au piège le lecteur, l’empêcher de poser son livre avant d’avoir eu le fin de mot de l’histoire, mais aussi pour le tromper, le manipuler, le laisser s’égarer dans de fausses pistes. Très habile dans sa capacité à susciter l’empathie du lecteur, Clare Mackintosh sait donner de l’épaisseur à chacun de ses personnages. Elle sait aussi faire exister les lieux et nous donner à rêver d’un cottage miteux dans un paysage de carte postale, où pendant quelques chapitres le roman penche même un peu du côté de la romance.PaysDeGalles

J’ai aimé le début, la plongée dans l’enquête policière et la nouvelle vie de l’héroïne (l’endroit où elle va s’installer et le nouveau métier qu’elle s’invente ne sont pas sans charme). J’ai adoré la fin de la première partie et le début de la seconde, quand les cartes sont rebattues. Puis l’évolution du roman vers un thriller assez classique m’a moins enthousiasmée. Je n’avais pas très envie de faire semblant d’avoir peur pour l’héroïne qui s’en sortirait forcément à la fin. Alors j’ai poursuivi ma lecture avec moins de passion vers l’inévitable heureux dénouement. Cela reste un polar bien ficelé, avec une multitude de points de vue, ce qui lui donne tout de même une certaine originalité. Il n’est donc pas impossible que je me procure un jour un autre roman de Clare Mackintosh…

MACKINTOSH Clare. Te laisser partir, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Mathieu Bathol, Le livre de poche, 2018, 507 p. (I let you go, 2014).
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Album·Habiter·Mois anglais

La Maison aux trésors – Jemima Pipe, Maria Taylor

Le Mois anglais me donne l’occasion de rouvrir un album pour la jeunesse consacré à une maison victorienne. L’album a lui-même une forme de maison. On la visite, pièce après pièce, en soulevant des volets.

LaMaisonAuxTresorsLa maison date de 1888. Elle est située 51 avenue Orchard. De quelle ville ? Cela n’est pas dit. Peut-être Londres. Elle est habitée par la riche famille Sullivan. On peut visiter la maison de la cave au grenier. Grâce aux volets à soulever, on ouvre les portes, les armoires et les commodes. C’est aussi un livre-jeu. On est invité à retrouver quelque part dans la maison un trésor perdu par Mme Sullivan.  Il faut aussi élucider un mystère : d’où proviennent ces bruits étranges que l’on entend dans la maison ? Enfin, dans chaque pièce, il nous est demandé de repérer deux objets anachroniques. C’est la partie la plus éducative de l’album, puisque les solutions données à la fin nous permettent de dater différents inventions : la première bouilloire électrique, les céréales du petit-déjeuner, etc. Mais les textes apportent aussi beaucoup d’autres informations et permettent de répondre notamment aux questions posées en quatrième de couverture : « Pourquoi à cette époque, la plupart des gens ne se lavaient qu’une fois par semaine ? Quel objet était fait de poils de cochons ? Pourquoi fallait-il trois heures pour nettoyer le salon ? »

C’est de toute évidence un album pour la jeunesse, mais je me l’étais offert lors de sortie en 2012, ayant un faible pour les maisons et la période victorienne. Je ne suis pas déçue par cette nouvelle visite. Les 150 volets à soulever et les énigmes à résoudre prolongent le plaisir de la lecture. Les dessins sont plaisants et fourmillent de détails. Un regret peut-être : la famille qui nous est présentée au début, avec ses domestiques, son chat et son chien, est très peu présente dans les pièces que nous visitons. Mais l’idée-même de découvrir une maison d’autrefois m’a beaucoup plu. C’est un concept qui pourrait être décliné, avec d’autres types de maisons ou d’immeubles, d’autres pays, d’autres époques. En tous cas moi, je serais preneuse !

PIPE Jemima, illustré par Maria TAYLOR. La Maison aux trésors : entre et explore ! : les petits secrets d’une maison d’autrefois, Tourbillon, 2012 (Doll’s House, 2012).smiley2
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Littérature étrangère·Littérature du XXe siècle·Mois anglais·Polar

La Quiche fatale – M. C. Beaton (Agatha Raisin enquête 1)

Voilà une série dont j’entends parler autour de moi et que je remarque en libraire depuis l’année dernière. Mais en me décidant à en lire le premier tome à l’occasion du Mois anglais et de sa journée Agatha (Christie, Raisin, Frost), je découvre que la série date de 1992. Parfois les informations mettent un temps fou à arriver jusqu’à moi ! 🙂 Plus sérieusement, sa traduction française ne date que de 2016 et une série diffusée sur France 3 l’aurait popularisée en France en 2017. La série compte 27 tomes, dont déjà 16 disponibles en français (j’imagine que plusieurs traducteurs sont sur le coup).

QuicheFataleAu début de ce premier tome de la série, Mrs Agatha Raisin prend à 53 ans une retraite anticipée. Elle quitte donc son agence londonienne de relations publiques pour son rêve de toujours : un cottage dans les Cotswolds. Mais Agatha n’a pas un caractère facile, alors son intégration dans son nouveau village s’annonce difficile. N’ayant eu jusque-là que le travail pour toute vie sociale, elle est incapable de se faire des amis. En revanche, ayant l’habitude d’être en compétition avec les autres, elle est très forte pour se faire des ennemis. Elle commence donc par sa voisine, dont elle débauche la femme de ménage en lui offrant une meilleure paye. Puis elle voit une annonce pour un concours de quiches et décide de s’y inscrire. Bien sûr, pas question de cuisiner. Agatha achète une quiche aux épinards chez un grand traiteur londonien et la présente comme son oeuvre. Après le concours, déçue de ne pas avoir gagné, elle s’en va en laissant sa quiche, qui causera la mort de l’organisateur du concours…

« Elle éteignit la télé et prit Autant en emporte le vent. Elle s’était fait une joie à la perspective d’une lecture vaguement honteuse pour fêter sa nouvelle vie de loisirs, mais elle fut stupéfaite par l’excellente qualité du roman. Il se lisait si facilement que c’en était presque indécent, pensa-t-elle, elle qui n’avait jusque-là jamais lu que le genre de livres qu’on lit pour impressionner les autres. »

Cotswolds

CarteAngleterreComme l’intrigue de ce roman est mince et comme son rythme est lent ! Nous sommes vraiment dans le roman policier pour dames, avec une sorte de Miss Marple enquêtant sur une affaire d’empoisonnement. On n’est pas non plus très loin de la chick lit, mais version retraitée, avec cette histoire d’ex-femme d’affaires cherchant des occupations pour sa retraite, mais aussi, comme on s’en rendra compte à la fin de ce 1er roman de la série, cherchant encore l’amour. Bref, il s’agit d’une littérature qui n’a pas d’autre prétention que de nous distraire. Mais pourquoi ce qui se revendique distrayant a souvent tendance à m’ennuyer ? Croyez-moi, j’aurais adoré me passionner pour les aventures d’Agatha Raisin et je ne suis pas fière de jouer les rabat-joie.

Au moins la prochaine fois que quelqu’un me racontera le sourire aux lèvres avoir passé ses vacances avec Agatha Raisin, je saurai de quoi il est question. Mais je ne pense pas me précipiter sur la suite…

BEATON M. C. Agatha Raisin enquête 1. La Quiche fatale, traduit de l’anglais par Esther Ménévis, Albin Michel, 2019, 319 p. (The Quiche of Death, 1992).
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