Listes à lire

Rentrée littéraire : ma sélection mise à jour

Le 7 août, j’avais tenu à publier ma sélection de romans de la rentrée littéraire à venir,  très tôt donc avant de me laisser influencer par la presse, les blogs, etc. C’est maintenant avec plaisir que je fais passer ma sélection de 8 à 16 titres, dont 4 premiers romans : 8 romans français, 6 romans américains et 2 anglais.

Littérature française : je n’avais sélectionné que 2 premiers romans.

LaPetiteConformisteSEYMAN Ingrid. La petite conformiste, P. Rey, 192 p., 22 août 2019 (premier roman).
Présentation de l’éditeur : « Esther est une enfant de droite née par hasard dans une famille de gauche, au mitan des années 70. Chez elle, tout le monde vit nu. Et tout le monde – sauf elle – est excentrique. Sa mère est une secrétaire anticapitaliste qui ne jure que par Mai 68. Son père, juif pied-noir, conjure son angoisse d’un prochain holocauste en rédigeant des listes de tâches à accomplir. Dans la famille d’Esther, il y a également un frère hyperactif et des grands-parents qui soignent leur nostalgie de l’Algérie en jouant à la roulette avec les pois chiches du couscous. Mais aussi une violence diffuse, instaurée par le père, dont les inquiétantes manies empoisonnent la vie de famille. L’existence de la petite fille va basculer lorsque ses géniteurs, pétris de contradictions, décident de la scolariser chez l’ennemi : une école catholique, située dans le quartier le plus bourgeois de Marseille. La petite conformiste est un roman haletant, où la langue fait office de mitraillette. Il interroge notre rapport à la normalité et règle définitivement son sort aux amours qui font mal. C’est à la fois drôle et grave. Absurde et bouleversant. »

ProtocoleGouvernanteLAVENANT Guillaume. Protocole gouvernante, Rivages, 176 p., août 2019 (premier roman).
Présentation de l’éditeur : « Une jeune femme sonne à la porte d’une maison dans une banlieue pavillonnaire coquette et tranquille. Le couple aisé qui l’accueille lui donne quelques recommandations concernant leur fille Elena, dont elle aura la charge. La gouvernante sourit, pose les mains bien à plat sur ses genoux, module sa voix, les met à l’aise… En suivant à la lettre le protocole imaginé par l’étrange Lewis, elle saura se rendre indispensable. Elle deviendra la confidente et l’objet de tous les désirs enfouis par cette famille en apparence idéale. Mais cette gouvernante n’est pas seule. Ils sont nombreux comme elle à s’être infiltrés à divers endroits de la société. Les motos vont rugir. Une action d’envergure se prépare et, dans l’ombre, tous y concourent. Alors que le vernis craque et que l’emprise de la jeune femme grandit, la tension se fait de plus en plus palpable. Jusqu’au grand jour. Guillaume Lavenant est auteur dramatique et metteur en scène. Protocole gouvernante est son premier roman. »

J’ajoute 6 romans français :

LeGhettoInterieurAMIGORENA Santiago H. Le ghetto intérieur, POL, 192 p., août 2019.
Présentation de l’éditeur : « Buenos-Aires, 1940. Des amis juifs, exilés, se retrouvent au café. Une question : que se passe-t-il dans cette Europe qu’ils ont fuie en bateau quelques années plus tôt ? Difficile d’interpréter les rares nouvelles. Vicente Rosenberg est l’un d’entre eux, il a épousé Rosita en Argentine. Ils auront trois enfants. Mais Vicente pense surtout à sa mère qui est restée en Pologne, à Varsovie. Que devient-elle ? Elle lui écrit une dizaine de lettres auxquelles il ne répond pas toujours. Dans l’une d’elles, il peut lire : « Tu as peut-être entendu parler du grand mur que les Allemands ont construit. Heureusement la rue Sienna est restée à l’intérieur, ce qui est une chance, car sinon on aurait été obligés de déménager. » Ce sera le ghetto de Varsovie. Elle mourra déportée dans le camp de Treblinka II. C’était l’arrière-grand-mère de l’auteur.
Santiago H. Amigorena raconte le « ghetto intérieur » de l’exil. La vie mélancolique d’un homme qui s’invente une vie à l’étranger, tout en devinant puis comprenant la destruction de sa famille en cours, et de millions de personnes. Vicente et Rosita étaient les grands-parents de l’auteur qui écrit aujourd’hui : « Il y a vingt-cinq ans, j’ai commencé un livre pour combattre le silence qui m’étouffe depuis que je suis né ». Ce roman est l’histoire de l’origine de ce silence. »

ProprietePriveeDECK Julia. Propriété privée, Minuit, 176 p., 2019.
Présentation de l’éditeur : « Il était temps de devenir propriétaires. Soucieux de notre empreinte environnementale, nous voulions une construction peu énergivore, bâtie en matériaux durables. Aux confins de la ville se tramaient des écoquartiers. Notre choix s’est porté sur une petite commune en plein essor. Nous étions sûrs de réaliser un bon investissement.
Plusieurs mois avant de déménager, nous avons mesuré nos meubles, découpé des bouts de papier pour les représenter à l’échelle. Sur la table de la cuisine, nous déroulions les plans des architectes, et nous jouions à déplacer la bibliothèque, le canapé, à la recherche des emplacements les plus astucieux. Nous étions impatients de vivre enfin chez nous.
Et peut-être aurions-nous réalisé notre rêve si, une semaine après notre installation, les Lecoq n’avaient emménagé de l’autre côté du mur. »

FeelGoodGUNZIG Thomas. Feel good, Au diable Vauvert, 400 p., août 2019.
Présentation de l’éditeur : « « Ce qu’on va faire, c’est un braquage. Mais un braquage sans violence, sans arme, sans otage et sans victime. Un braquage tellement adroit que personne ne se rendra compte qu’il y a eu un braquage et si personne ne se rend compte qu’il y a eu un braquage, c’est parce qu’on ne va rien voler. On ne va rien voler, mais on aura quand même pris quelque chose qui ne nous appartenait pas, quelque chose qui va changer notre vie une bonne fois pour toutes. »
Quel est le rapport entre un écrivain sans gloire, le rapt d’enfant et l’économie de la chaussure ?
Vous le saurez en lisant la nouvelle satire sociale de Thomas Gunzig. »

CoraDansLaSpiraleMESSAGE Vincent. Cora dans la spirale, Seuil, 464 p.
Présentation de l’éditeur : « Après avoir donné naissance à une petite fille, Cora Salme reprend son travail chez Borélia. La compagnie d’assurances vient de quitter les mains de ses fondateurs, rachetée par un groupe qui promet de la moderniser. Cora aurait aimé devenir photographe. Faute d’avoir percé, elle occupe désormais un poste en marketing qui lui semble un bon compromis pour construire une famille et se projeter dans l’avenir. C’est sans compter qu’en 2010, la crise dont les médias s’inquiètent depuis deux ans rattrape brutalement l’entreprise. Quand les couloirs se mettent à bruire des mots de restructuration et d’optimisation, tout pour elle commence à se détraquer, dans son travail comme dans le couple qu’elle forme avec Pierre. Prise dans la pénombre du métro, pressant le pas dans les gares, dérivant avec les nuages qui filent devant les fenêtres de son bureau à La Défense, Cora se demande quel répit le quotidien lui laisse pour ne pas perdre le contact avec ses rêves.
À travers le portrait d’une femme prête à multiplier les risques pour se sentir vivante, Vincent Message scrute les métamorphoses du capitalisme contemporain, dans un roman tour à tour réaliste et poétique, qui affirme aussi toute la force de notre désir de liberté. »

LeNomSecretDesChosesRINKEL Blandine. Le nom secret des choses, Fayard, 304 p., 21 août 2019.
Présentation de l’éditeur : « Et si ce que Paris a de plus désirable pour une jeune fille de province, sa culture, était en même temps l’outil de la violence sociale la plus dure  ? Et jusqu’où cette jeune fille sera-t-elle prête à aller pour se faire accepter dans cette ville où elle n’est pas sûre d’avoir sa place  ?
Tu avais l’âge de quitter ton enfance, l’âge où on se sent libre et où, dans le train pour Paris, on s’assoit dans le sens de la marche.
Dès ton arrivée, tu t’es sentie obligée de devenir quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui n’oserait plus dire « je ne sais pas ». C’était la ville qui t’imposait ça, dans ce qu’elle avait à tes yeux de violent et de désirable : sa culture.
Puis tu as rencontré Elsa.
Elle avait le goût des métamorphoses.
Blandine Rinkel a fait une entrée en littérature très remarquée avec L’abandon des prétentions, paru chez Fayard en 2017. Le nom secret des choses est son deuxième roman. »

ParLesRoutesPRUDHOMME Sylvain. Par les routes, Gallimard (L’Arbalète/Gallimard), 304 p., 22 août 2019.
Présentation de l’éditeur : « «J’ai retrouvé l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l’ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m’avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappé à sa porte. J’ai rencontré Marie.»
Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles. »

Littérature étrangère : je n’avais sélectionné que 4 américains et 2 anglais.

MonAnneeDeReposEtDeDetenteMOSHFEGH Ottessa. Mon année de repos et de détente, traduit de l’anglais (États-Unis), Fayard, 304 p., 21 août 2019.
Présentation de l’éditeur : « Jeune, belle, riche, fraîchement diplômée de l’université de Columbia, l’héroïne du nouveau roman d’Ottessa Moshfegh décide de tout plaquer pour entamer une longue hibernation en s’assommant de somnifères. Les tribulations assoupies de cette Oblomov de la génération Y forment un récit hilarant  qui est aussi une charge au vitriol contre les travers de notre époque. »

LesAltruistesRIDKER Andrew, Les Altruistes, traduit de l’anglais (États-Unis) par Olivier Deparis, Rivages, 432 p., août 2019.
Présentation de l’éditeur : « Andrew Ridker, 25 ans, est la nouvelle sensation du roman américain. Vendu dans 20 pays en à peine deux semaines, LES ALTRUISTES combine le génie d’un Franzen pour les portraits de famille et l’esprit satirique des premiers livres de Philip Roth. Mais si Ridker se place dans les pas de ses pères littéraires (on pense aussi à Updike, Salinger et d’autres…), il le fait avec un sens de l’humour et du rythme totalement inédits. Les irrésistibles membres de la famille Alter deviennent les antihéros d’une époque tiraillée entre deux aspirations contradictoires : l’individualisme triomphant et l’empathie nécessaire. De ce combat entre les cyniques et les candides, Ridker a fait un roman aussi drôle qu’attachant. Une révélation qui a suscité l’engouement de 9 éditeurs français. Bataille remportée par Rivages. «

LAmiNUNEZ Sigrid. L’Ami, traduit de l’anglais (États-Unis) par Mathilde Bach, Stock (La cosmopolite), 288 p., 21 août 2019.
Présentation de l’éditeur : « « – Je vais te dire pourquoi j’ai tenu à te parler.
À ces mots, pour une raison mystérieuse, mon coeur se met à battre dans ma poitrine.
– C’est au sujet du chien.
– Du chien ?
– Oui, je voulais savoir si tu serais d’accord pour le prendre. »
Quand l’Épouse Numéro Trois de son meilleur ami récemment décédé lui fait cette demande, la narratrice a toutes les raisons de refuser. Elle préfère les chats, son appartement new-yorkais est minuscule et surtout, son bail le lui interdit. Pourtant, elle accepte. La cohabitation avec Apollon, grand danois vieillissant de la taille d’un poney, et cette écrivaine, professeure à l’université, s’annonce riche en surprises. Magnifique exploration de l’amitié, du deuil, de la littérature et du lien qui nous unit aux animaux, L’Ami est un texte unique en son genre. »

UnMariageAmericainJONES Tayani. Un mariage américain, traduit de l’anglais (États-Unis) par Karine Lalechère, Plon (Feux croisés), 29 août 2019.
Présentation de l’éditeur : « Celestial et Roy viennent de se marier. Elle est à l’aube d’une carrière artistique prometteuse, il s’apprête à lancer son business. Ils sont jeunes, beaux et incarnent le rêve américain… à ceci près qu’ils sont noirs, dans un État sudiste qui fait peu de cadeaux aux gens comme eux. Un matin, Roy est accusé de viol. Celestial sait qu’il est innocent, mais la justice s’empresse de le condamner. Les années passent, et la jeune femme tient son rôle d’épouse modèle jusqu’au jour où cet habit devient trop lourd à porter. Elle trouve alors du réconfort auprès d’Andre, son ami d’enfance. À sa sortie de prison, Roy retourne à Atlanta, décidé à reprendre le fil de la vie qu’on lui a dérobée… Avec ce portrait de la classe moyenne noire du sud des États-Unis, Tayari Jones radiographie le couple et signe une histoire d’amour tragique et contemporaine qui explore les thèmes de la famille, de la loyauté, du racisme. Caustique et rigoureuse observatrice de son temps, cette auteure reconnue outre-Atlantique s’attaque en femme de lettres aux maux qui rongent la société américaine, et parvient à donner à ce texte fulgurant et âpre tous les atours d’un grand roman. »

OrdinaryPeopleEVANS Diana. Ordinary people, traduit de l’anglais par Karine Guerre, Éditions Globe, 384 p., 11 septembre 2019.
Présentation de l’éditeur : « Voilà treize ans qu’ils sont ensemble. Pourquoi le pronom « je » a-t-il disparu, corps et âme, de la langue de leurs couples ? Quand les bras grands ouverts de la maternité se sont-ils refermés comme les dents d’un piège ? Pourquoi le pronom « je » a-t-il disparu, corps et âme, de la langue de leurs couples ? À Londres, dans une ville amoureusement parcourue et habitée, de l’élection de Barak Obama à la mort de Michael Jackson, deux couples se débattent avec leur histoire, le travail, la quarantaine, les illusions perdues, et leur statut d’émigrés de la deuxième génération devenus parents à leur tour. Ils ont cru à l’intégration, voilà qu’ils se désintègrent. Là-haut, sur sa colline de la rive Sud, le phare du Crystal Palace les veille. La vie doit-elle, comme lui, accepter de voir ses facettes et ses façades tomber en mille morceaux pour être rebâtie ailleurs, en trois fois plus grand ? Avec brio, avec verve, avec un scalpel trempé dans un élixir de poésie, Diana Evans répond. »

LaFractureALLAN Nina. La Fracture, traduit de l’anglais par Bernard Sigaud, Tristram, 14 août 2019.
Présentation de l’éditeur : « Le 16 juillet 1994 dans la région de Manchester, Julie Rouane, dix-sept ans, prétexte un rendez-vous avec une copine pour s’absenter du domicile familial… et disparaît pendant plus de vingt ans. Longtemps après l’abandon de l’enquête par la police, faute d’indices concrets — Raymond Rouane, persuadé que sa fille est toujours vivante, continue à explorer seul toutes les pistes possibles. En vain. La mère de Julie et sa sœur cadette, Selena, tentent elles aussi de faire front, chacune à leur manière. Puis un soir, Julie refait surface à l’improviste. Alors qu’on avait soupçonné que l’adolescente ait pu être enlevée et assassinée — un homme de la région ayant avoué plusieurs meurtres de femmes —, l’histoire que Julie raconte à Selena est tout à fait différente. Mais est-il possible de la croire ? »

J’ajoute 2 premiers romans américains.

LInciviliteDesFantomesSOLOMON Rivers. L’incivilité des fantômes, traduit de l’anglais par Francis Guévremont, Aux forges de Vulcain, 400 p., 6 septembre 2019 (premier roman).
Présentation de l’éditeur : « Aster est une jeune femme que son caractère bien trempé expose à l’hostilité des autres. Son monde est dur et cruel. Pourtant, elle se bat, existe, et aide autant qu’elle le peut, avec son intelligence peu commune, ceux et celles qu’elle peut aider. Mais un jour, un type la prend en grippe. Et Aster comprend qu’elle ne peut plus raser les murs, et qu’il lui faut se tenir grande. Sa rébellion est d’autant plus spectaculaire qu’elle est noire, dans un vaisseau spatial qui emmène les derniers survivants de l’humanité vers un éventuel Eden, un vaisseau où les riches blancs ont réduit en esclavage les personnes de couleur. Un premier roman qui prend pour prétexte la science-fiction pour inventer un microcosme de l’Amérique, et de tous les maux qui la hantent, tels des fantômes. »

CeQueLOnSemePORTER Regina. Ce que l’on sème, traduit de l’anglais (États-Unis) par Laura Derajinski, Gallimard, 22 août 2019 (premier roman).
Présentation de l’éditeur : « Alors que l’Amérique panse encore la plaie ouverte de la Seconde guerre mondiale, la destinée de deux familles se met en marche. James Vincent, d’ascendance irlandaise, fuit un foyer familial chaotique pour faire des études de droit à New York où il deviendra un brillant avocat. De son côté, Agnes Miller, une jeune femme noire à l’avenir prometteur, voit son rendez-vous amoureux tourner au cauchemar lorsque la police arrête sa voiture sur une route déserte en lisière d’un bois de l’État de Géorgie. Les conséquences de cette nuit funeste influeront inexorablement sur sa vie et celles de ses descendantes. Éclairant plus de six décennies de changements radicaux – de la lutte pour les droits civiques aux premières années de la présidence d’Obama, en passant par le chaos de la guerre du Vietnam – les familles de James et Agnes demeureront inextricablement liées. Au fil de cette spectaculaire fresque familiale et amoureuse, ce roman donne à voir les coulisses méconnues de l’histoire d’une nation. Avec une justesse, un humour et une maîtrise rares, Regina Porter creuse les traumatismes des États-Unis sur plusieurs générations et expose avec grande intelligence les mouvements profonds d’une société sur plus d’un demi-siècle. »

Challenge 1% Rentrée littéraire

Challenge 1% Rentrée littéraire 2019

Ce week-end je n’ai rien lu, mais je me suis encore inscrite à un challenge.

Challenge1%

Cette fois j’ai succombé au Challenge 1% Rentrée littéraire 2019 de Herisson. Il s’agit de lire 1% des romans paraissant à la rentrée, entre fin août et octobre. Comme il en paraît cette année 524 (et qu’il faut lire les livres en entier 🙂 ), 1% représente 6 livres. C’est jouable, car nous avons jusqu’au 31 janvier 2020 pour lire nos 6 livres. Personnellement je pense même m’arrêter fin décembre, car ensuite la rentrée de janvier chasse celle de septembre et les livres de la dernière rentrée retombe dans le pot commun de la grande bibliothèque mondiale, s’ils ne finissent pas au pilon.

Le 7 août, j’avais déjà publié une sélection de 8 livres de la rentrée qui m’attiraient. Mais depuis j’ai parcouru la presse et ma liste a doublé (grâce aux Inrocks en particulier). Et comme une partie de ma sélection est américaine, je devrais pouvoir l’intégrer au Mois américain qui commence. Bref, j’y crois. Rendez-vous fin décembre pour voir si j’ai tenu parole…

Mois américain

Le Mois américain

LeMoisAmericain

Le Mois américain organisé par Titine commence demain. Titine nous a concocté un programme, qu’on est libre de suivre ou pas :

  • 1er septembre : dystopie, roman d’anticipation
  • 3 septembre : Nature, environnement
  • 6 septembre : document/récit
  • 8 septembre: album ou roman jeunesse
  • 10 septembre : l’adolescence
  • 13 septembre : polar/roman noir
  • 15 septembre : super-héros (comics, BD, films, etc…)
  • 17 septembre ; un roman ayant reçu le prix Pulitzer
  • 20 septembre : le Grand Ouest
  • 22 septembre : les minorités
  • 24 septembre : un 1er roman
  • 27 septembre : un roman ayant pour cadre une grande ville américaine
  • 29 septembre : un classique de la littérature américaine
  • 30 septembre : un roman féministe ou écrit par une femme

Pour la première fois depuis que je pratique les mois thématiques, j’ai pu prendre un peu d’avance…

Edit du 31 août : je ne me souvenais même pas avoir programmé ce billet (sans doute quand je me suis inscrite au Mois américain). Je m’avançais un peu en annonçant avoir pris de l’avance. En fait je n’ai que 2 lectures d’avance ! 🙂

Littérature du XXIe siècle·Littérature française

Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson

Entre février et juillet 2010, Sylvain Tesson a vécu six mois dans une cabane en Sibérie. Pendant ce séjour, il a quotidiennement consigné ses pensées dans un cahier. C’est ce « journal d’ermitage » qu’il a publié l’année suivante sous le titre : Dans les forêts de Sibérie.

DansLesForetsDeSiberieUne expérience. Sylvain Tesson est parti vivre une expérience. Il s’est installé seul dans une cabane au bord du lac Baïkal. La durée du séjour a été préalablement fixée, les dates choisies de façon à arriver en hiver et repartir en été. C’est une expérience qui peut sembler vaine. Il est lui-même l’objet de son étude. Il s’observe plus encore qu’il n’observe son environnement, scrute son rapport au temps et à la solitude.

« Une fuite, la vie dans les bois ? La fuite est le nom que les gens ensablés dans les fondrières de l’habitude donnent à l’élan vital. Un jeu ? Assurément ! Comment appeler autrement un séjour de réclusion volontaire sur un rivage forestier avec une caisse de livres et des raquettes à neige ? Une quête ? Trop grand mot. Une expérience ? Au sens scientifique, oui. La cabane est un laboratoire. Une paillasse où précipiter ses désirs de liberté, de silence et de solitude. Un champ expérimental où s’inventer une vie ralentie. »

Le moins qu’on puisse dire est que ce n’est pas un voyage improvisé. Il a minutieusement organisé sa survie, emportant des vêtements chauds pour affronter l’hiver sibérien, des armes et des outils, des victuailles, beaucoup de vodka, des cigares, des livres… et même des panneaux solaires, un téléphone satellite, un ordinateur, un GPS… Il y a un petit côté too much dans ce déploiement de technologies pour le moins contradictoire avec le choix de la vie d’ermite en cabane. Mais dresser la liste des choses à emporter permet tout de même de faire le point sur ce qui est important pour soi. Pour Sylvain Tesson, les livres et la vodka constituent l’essentiel.

« C’est drôle, on se décide à vivre en cabane, on s’imagine fumant le cigare devant le ciel, perdu dans ses méditations et l’on se retrouve à cocher des listes de vivres dans un cahier d’intendance. La vie, cette affaire d’épicerie. »

Dans-les-forets-de-SiberieJ’ai abordé cette lecture un brin sceptique, mais j’ai sympathisé avec Sylvain Tesson au fur et à mesure de ma lecture. J’ai découvert quelqu’un sans illusions, sans surtout cette prétendue illusion d’éternité qui nous amènerait à laisser filer la vie entre nos doigts. Lui s’interroge, interroge nos modes de vie et notre conception du bonheur.

« Je rêve d’une petite maison de banlieue avec chien, femme et enfants protégés par une haie de sapins. Dans toute leur étroitesse, les bourgeois ont tout de même compris cette chose essentielle : il faut se donner la possibilité d’un bonheur minimum. »

Je n’avais encore jamais lu Sylvain Tesson. J’imaginais qu’il était à la littérature ce que le chanteur Antoine a pu être à la chanson, c’est-à-dire une sorte de voyageur ou d’aventurier pour qui la littérature arriverait en second, comme le moyen de financer cette vie un peu marginale. Mais je referme Dans les forêts de Sibérie persuadée d’avoir lu un véritable écrivain, voyageur ou pas. Qu’est-ce qui me fait dire ça ? Le nombre de post-it dont j’ai orné mon exemplaire. C’est la preuve imparable. Maintenant je sais que je vais en lire d’autres. Peu importe le sujet, car j’y trouverai certainement au moins une phrase, une pensée ou un trait d’humour qui sera à mon goût.

« Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux, il me manque quelqu’un à qui l’expliquer. »

TESSON Sylvain. Dans les forêts de Sibérie, Folio, 2014, 289 p. (Gallimard, 2011).
smiley1

Habiter

Retour de vacances

Je suis rentrée de vacances pour enterrer mes asters et tailler mes campanules. Conclusion : le jardigel n’a aucune utilité. J’ai pourtant une petite jardinière, mais peut-être qu’il m’aurait fallu 2, 3 ou 4 jardigel pour faire survivre mes fleurs pendant 4 semaines.

Désastre

Au moins mon sedum lemon ball a non seulement survécu à la sécheresse, mais il a même continué à se développer. Je ne sais pas si les campanules blanches ressuciteront ; nous verrons. Mais pour mes asters de Chine, il n’y avait aucun espoir. Je les ai donc remplacés par des campanules violettes.

Campanules violettes

Bien sûr, comme je sais que vous suivez mes aventures jardinières avec passion, je vous tiendrai au courant.

A suivre

Une bonne nouvelle malgré tout : le cône d’arrosage fonctionne. J’ai été surprise que le niveau d’eau n’ait pas beaucoup baissé. Il m’a semblé que beaucoup de terre s’était accumulée sur le cône. L’eau s’est donc écoulée difficilement, mais cela a été suffisant pour maintenir ma belle plante en bonne santé.

Retour de vacances

Grâce à ce cône d’arrosage, mon aglaonema adorée se porte très bien. A mon retour, elle rosissait de plaisir.

Aglaonema adorée

 

BD

Le retour à la terre (tomes 1 à 6) – Jean-Yves Ferri & Manu Larcenet

Cette année a vu la parution du tome 6 du Retour à la terre de Ferri et Larcenet, plus de 10 ans après la parution du tome 5. L’occasion était trop belle de relire les 5 premiers tomes, comme pour retarder le moment de prendre des nouvelles de Manu Larssinet.

Voici comment tout avait commencé, dans l’album La vraie vie en 2002 :

UnJour

« Moi » c’est Manu Larssinet, double de bd de Manu Larcenet, dessinateur de la série d’albums que nous lisons. Il se dessine lui-même, avec un gros nez, héros de cette histoire qui est la sienne, scénarisée par Jean-Yves Ferri. Il dessine d’ailleurs aussi le scénariste qui lui a proposé cette idée de bd faite de « demi-pages, des gags très courts ».

Les débuts à la campagne son difficiles pour Manu et pour son chat, qui regrettent tous deux Juvisy. Mais à la fin du 1er album, nous quittons Mariette et Manu avec un double projet : un bébé et un potager. On oubliera vite le potager, mais la petite Capucine fera son apparition et à la fin du 5e tome, même le chat aura fondé une famille.

Revolutions

Que se passe-t-il donc dans le 6e tome ? Eh bien le 6e tome est directement la suite du 5e, c’est-à-dire qu’entre le 5e et le 6e tomes, il ne s’est pas passé 11 ans comme dans la vraie vie. On comprend, grâce à la mise en abyme, que Ferri et Larcenet ont été très occupés, l’un par Astérix, l’autre par Blast. Mais on retrouve Capucine à peine un tout petit peu plus grande, tandis que Mariette attend un 2e enfant. Et Speed est toujours accompagné d’une ribambelle de chatons…

Metamorphoses

Mais en fait Capucine sait déjà écrire. Elle doit donc avoir six ans. Mais pourquoi les chatons sont-ils encore si petits ? L’album commence en automne, alors que Mariette est enceinte de sept mois. L’éditeur de Dargaud tente d’aller chez Manu en traversant la campagne en plein hiver. Puis c’est le retour du printemps. Mais la grossesse de Mariette n’en finit pas… Bien sûr je plaisante, car tout cela n’a aucune importance. Même cette conception élastique du temps qui passe m’a amusée.

J’ai été ravie de retrouver l’ermite psy et l’inénarrable voisine Mme Mortemont qui apprend à utiliser un Samsong. Ravie bien sûr aussi de retrouver Manu et ses angoisses existentielles traitées dans cette série avec humour et poésie.

Metamoprhoses1

J’ai pris un réel plaisir à ces retrouvailles et ne dirais donc pas non à un 7e tome…

FERRI Jean-Yves & LARCENET Manu. Le Retour à la terre (tomes 1 à 6), Dargaud, 2002-2019.

  • Tome 1. La Vraie vie (2002)
  • Tome 2. Les Projets (2003)
  • Tome 3. Le Vaste monde (2005)
  • Tome 4. Le Déluge (2006)
  • Tome 5. Les Révolutions (2008)
  • Tome 6. Les Métamorphoses (2019)

smiley2

BD

La maison de la plage – Séverine Vidal, Victor L. Pinel

Une envie de BD et un titre qui sentait bon les vacances m’ont fait choisir ce roman graphique dont je ne savais rien.

LaMaisonDeLaPlageL’été 2018 devrait être le dernier été dans la maison de la plage en Loire-Atlantique, car Tonton Albert a décidé de vendre. Juju et sa cousine Coline sont les premières. Arrive ensuite le frère de Julie, Pierrot, avec sa femme Manon et leur fils Elno. Julie est enceinte. Elle vient de perdre son mari Thomas. Puis arrivent les parents, ceux de Pierrot et Julie, ceux de Coline, et enfin le fameux Tonton Albert. Jean-Loup, Richard et Albert ont hérité de la maison des grands-parents. Mais Albert veut la vendre, pour partir aux États-Unis rejoindre son fils…

LaMaisonDeLaPlage5

L’histoire principale, qui se joue en 2018, se double et se triple de celle de l’achat de la maison en 1968, à l’époque des grands parents, et de celle des précédents propriétaires en 1959. Cette dernière histoire, particulièrement bébête, m’a paru de trop. Trop appuyée également. Dommage, car le reste est joli. J’ai aimé l’histoire simple d’une famille qui se retrouve chaque été dans une maison à laquelle elle s’est attachée sans s’en apercevoir. Il aura fallu croire un instant l’avoir perdue, pour réaliser à quel point ces étés étaient précieux, comme ces moments régressifs, où des adultes jouent encore un peu les enfants en s’offrant simplement un petit-déjeuner à l’heure du dîner. J’ai aimé cet esprit de vacances qui rend tout plus léger et qui redonne un avenir possible à un personnage endeuillé. J’ai beaucoup beaucoup aimé les dessins, qui créent l’atmosphère d’un dialogue en cadrant deux pieds nus dans l’herbe ou une mouette traversant le ciel et laissant dans une bulle une phrase en suspens. J’arrive à peine à croire que ce soient les deux mêmes auteurs qui aient écrit cette histoire si délicate et l’autre si lourde. Incompréhensible !

VIDAL Séverine, PINEL Victor L. La Maison de la plage, Marabout (Marabulles), 2019, 158 p.
smiley2