Littérature étrangère·Littérature du XXIe siècle

Idaho – Emily Ruskovich

Après Dans la forêt et Mon désir le plus ardent, j’ai poursuivi mon voyage aux États-Unis à travers la collection Totem de Gallmeister avec Idaho, premier roman d’Emily Ruskovich. J’étais en vacances et pourtant j’ai traîné ce roman une éternité. Courageusement je l’ai malgré tout lu jusqu’au bout. Grâce à cet effort, aujourd’hui je peux le dire : je ne l’ai pas du tout aimé.

Idaho-RuskovichEssayons de résumer ce roman. Ann est la seconde femme de Wade. Elle sait qu’un drame a détruit la famille qu’il avait fondée avec Jenny, sa première épouse. Ils avaient eu deux filles, June et May, neuf et six ans au moment du drame. L’une d’elle est morte, l’autre a disparu et leur mère est en prison. Ann aimerait bien en savoir davantage et surtout retrouver la petite fille disparue, mais Wade ne peut rien lui dire, car il est en train de perdre la mémoire…

« Tous les deux ans, Ann et Wade ont reçu une nouvelle photo vieillie par ordinateur. Mais, parce que June aurait désormais vingt ans, ils n’en recevront plus qu’une tous les cinq ans. Il s’agira d’instantanés de June souriant paisiblement depuis son avenir hypothétique. Réticente et reconnaissante, June s’affichera sur les murs des grands magasins, à la fin des brochures immobilières glissées dans les boîtes aux lettres. Révélée, patiente, fatiguée, son expression s’efforçant de masquer le poids de la grâce dont on l’a affublée, cette obligation de continuer à vivre, à vieillir, au-delà des limites de la vie réelle. »

IdahoEmilyRuskovichJ’ai fait mon possible pour simplifier l’intrigue. Je me demande d’ailleurs si je ne suis pas comme Wade, car ce roman terminé il y a une dizaine de jours est déjà en train de s’effacer de ma mémoire. Ce que je peux encore vous en dire, c’est qu’il comporte beaucoup de personnages secondaires dont le lien avec l’intrigue principale est plus que ténu. Le récit est fragmenté, passant sans cesse d’une époque à une autre, obligeant le lecteur a joué au puzzle pour reconstituer la chronologie : 2004, 2008, 1985, 1995, 2006… De la maison d’Ann et Wade à la prison de Jenny, je me suis accrochée, j’ai tenu bon. Car ce roman n’est pas mauvais. Son écriture est séduisante. Il a même quelque chose d’envoûtant qui empêche le lecteur de s’en détourner avant de l’avoir terminé. Mais je me dois tout de même d’ajouter, qu’il n’est pas non plus très intéressant. C’est un roman psychologique, qui détonne un peu dans le catalogue de Gallmeister (mais il appartient manifestement à la même tranche du catalogue que Mon désir le plus ardent de Pete Fromm). Sa construction tarabiscotée sent un peu trop l’atelier d’écriture à l’américaine, ce que confirme d’ailleurs la page des remerciements où l’auteur rend hommage à ses « nombreux professeurs de création littéraire ». C’est finalement un roman artificiel écrit par un auteur qui n’a pas grand chose à dire. Un roman dont la lecture n’est donc pas indispensable.

RUSKOVICH Emily. Idaho, traduit de l’américain par Simon Baril, Gallmeister (Totem), 2019, 371 p. (Idaho, 2017).
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Idaho

2 commentaires sur “Idaho – Emily Ruskovich

  1. amusant, j’ai douté avant de te répondre car j’ai dans ma pal un autre Idaho – du coup je les confonds. Le Caribou n’avait pas aimé (sauf la manière dont l’auteur transcrit la démence précoce) et du coup, je ne l’ai jamais lu – ton billet confirme donc ses bémols ! Pour mon Idaho, il est d’Andria Williams et il m’attend sagement 😉

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