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Une carte pour l’enfer – Miyabe Miyuki

Je poursuis ma découverte du polar japonais avec Une carte pour l’enfer, deuxième roman policier traduit en français de Miyabe Miyuki, après Le Diable chuchotait et avant son recueil de nouvelles La librairie Tanabe.

Une-carte-pour-l-enferLa fiancée de Kurisaka Kazuya a disparu. Kazuya se tourne alors vers Honma, un policier de sa famille, pour la retrouver. Kazuya a 29 ans et travaille dans une banque. Il a rencontré sa fiancée, Sekine Shoko, en 1990, alors qu’elle-même travaillait chez un de ses clients. Un an plus tard, ils se sont fiancés sans le consentement des parents de Kazuya, qui n’appréciaient pas le projet de mariage de leur fils avec une orpheline d’origine modeste et sans aucun diplôme. Pendant les congés du Nouvel an, Kazuya et Shoko sont allés faire quelques achats ensemble pour leur futur appartement. C’est à cette occasion qu’il s’est rendu compte que Shoko n’avait pas de carte de crédit. Travaillant dans une banque, il a proposé d’en demander une pour elle. C’est alors qu’il a appris qu’elle était surendettée et sur la liste noire l’empêchant d’obtenir un crédit ou une carte de paiement. Son endettement était tel, qu’elle avait demandé au tribunal de la déclarer en faillite, pour que ses créanciers cessent de la harceler. Le lendemain d’une conversation entre Kazuya et Shoko à ce sujet, elle avait disparu…

« Honma le regardait sans rien dire, partagé entre deux sentiments. D’une part la curiosité, une sorte de déformation professionnelle. Bien qu’une fugue n’eût rien de particulier en soi (dans les grandes villes, les femmes disparaissent au même rythme que les couvercles des poubelles laissées dans la rue), il n’avait encore jamais entendu parler d’une femme fuyant non pas un homme mais une dette… ! Non, corrigea-t-il, puisque Shoko s’était déclarée en faillite, on ne pouvait plus parler de « dette », à moins qu’après la déclaration de faillite la dette ne restât due… ? »

UneCartePourLEnferShunsuke Honma est inspecteur de police. Il a perdu sa femme dans un accident trois ans plus tôt et élève donc seul Satoru, son fils de 10 ans. Il vit à Kanamachi, non loin de Tokyo, et a des difficultés pour marcher depuis qu’il s’est fait tirer dessus lors de l’arrestation d’un petit voyou. Il profite donc d’un arrêt de travail pour jouer les détectives privés et rechercher la fiancée de Kazuya. Son enquête est une plongée dans l’enfer du surendettement, mais également une histoire d’usurpation d’identité. Il comprend en effet très vite que la fiancée de Kazuya n’est pas celle qu’elle prétend. Elle a pris l’identité d’une autre, sans savoir que sa victime était surendettée. Mais alors qu’est devenue la véritable Shoko ? Est-elle encore en vie ? Et comment identifier l’usurpatrice et la retrouver ?

KashaAprès un abandon de lecture, j’ai été ravie de plonger dans un roman qui vous embarque tout de suite, de ceux qu’on a plaisir à retrouver quand on en a suspendu la lecture. L’inspecteur Honma est une sorte de Maigret japonais. Comme lui c’est un homme simple, qui prend son temps pour enquêter avec sérieux et empathie pour les victimes. Il a l’étoffe des héros récurrents, mais apparemment Miyabe Miyuki change de héros à chaque roman. C’est donc elle que je retrouverai avec plaisir à l’occasion d’un nouveau mois japonais…

MIYABE Miyuki. Une carte pour l’enfer, traduit du japonais par Chiharu Tanaka et Aude Fieschi, Picquier poche, 2001, 332 p. (Kasha, 1992).smiley2

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